mardi 6 mars 2012

Rôle de l’information (et de la communication) dans un parti politique.





Mesdames et messieurs de la presse nationale venus couvrir cet évènement politique, mesdames et messieurs les invités d’honneur, mesdames et messieurs les membres adhérents de notre parti Jil Jadid, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour notre congrès constitutif.
Je me permets de vous donner mon opinion sur le rôle de l’information en général.
Informer quelqu’un, c’est le mettre au courant de quelque chose.
En fait, ce travail d’information, nous l’avions entamé à Jil Jadid, bien avant la création du parti et il n’est pas du tout exagéré de dire, aujourd’hui, que la naissance de Jil Jadid est l’aboutissement logique et heureux de ce travail de communication qui s’est étalé sur pratiquement trois ans. En effet, c’est grâce au site Internet Forum démocratique, dans lequel j’intervenais personnellement de temps à autre, que notre idée, qui n’était au départ qu’un rêve, s’est concrétisée sur le terrain un certain 11 mars 2011. C’est ce jour-là que nous avions posé la première pierre de cet édifice politique qu’il nous faut maintenant consolider et orner d’une réelle démocratie et non pas d’une façade démocratique.
Mais quel est donc le rôle de l’information ?
Tout être humain normalement constitué est doué de cinq sens qui lui permettent d’être tout le temps informé du danger qui peut résulter ou non de son environnement immédiat. L’homme tire donc des informations de ses sens pour son confort, son bien être et parfois même sa survie.
Une société humaine est composée d’un ensemble d’individus qu’une Histoire millénaire, une langue, une culture, un désir de vivre ensemble, en un mot que des intérêts communs réunissent. De ce fait, elle est tout à fait comparable à l’individu. Elle a besoin d’être informée tout le temps du moindre péril qui la guette, elle a besoin de savoir d’où elle vient et où elle va. Et pour cela, elle a forcément recours aux moyens d’information dont elle dispose. Ceux-ci sont nombreux.
· Le bouche à oreille ou ce qu’on appelle communément téléphone arabe, une expression qui sied bien à notre société arabo musulmane de tradition orale. L’inconvénient avec ce moyen d’information (aussi vieux que le monde) est que le sens originel du message à transmettre peut subir des déformations ou être amplifié de façon démesurée.
· La presse écrite qui, pour être vraiment efficace dans la transmission de l’information doit être d’abord plurielle c’est-à-dire représentant les différents courants de pensées de la société.
« Un des rôles fondamentaux des médias c’est donc, comme je le disais, l’information. Mais dans un Etat de droit, auquel aspire Jil Jadid, le rôle des médias c’est également celui de contre pouvoir voire même de garde-fou contre les dérives des dirigeants. Dans certains pays on parle même de quatrième pouvoir après le législatif, l’exécutif et le judiciaire, c’est dire l’importance de l’information
Les médias audio visuels
Le téléphone (fixe ou mobile) qui a connu un essor extraordinaire ces derniers temps en Algérie.
Remarque : le pouvoir algérien, qui redoute une abstention massive lors des élections législatives prochaines, vient de saisir l’importance de ce moyen d’information et commence à l’utiliser à outrance : il envoie des SMS pour inciter les gens à voter le 10 mai prochain.
· Enfin, le cinquième moyen d’information dans lequel nous venons d’entrer de plain-pied c’est celui de l’Internet. La maîtrise de cet outil moderne de l’information et de la communication doit donc être notre objectif prioritaire. Notre parti politique étant encore jeune, il ne peut, du moins à court terme, investir ni dans la presse écrite ni dans l’audio-visuel. C’est donc vers les TIC qu’il faut s’orienter pour prêcher la bonne parole et propager nos idées qui sont des idées nobles et qui, j’en suis certain, trouveront des oreilles attentives parmi nos concitoyens. Preuve en est, depuis le lancement de notre site Jil Jadid, il y’a à peine quelques mois, le nombre d’internautes qui s’y connectent et en progression régulière. Nous en sommes actuellement à plus de 320 000 visiteurs. Et, l’aventure ne fait que commencer ! Le bilan de notre cyber activisme est donc largement positif. C’est encourageant ! De nos jours, le micro ordinateur et les accessoires qui vont avec pour une connexion à la Toile, font partie du décor de presque chaque foyer algérien, du moins dans les villes et les grandes agglomérations urbaines. C’est donc résolument vers une société de l’information que nous nous dirigeons. De ce fait, je ne peux que préconiser à Jil Jadid de continuer sur cette voie pour avoir toujours une longueur d’avance sur les autres partis politiques algériens.
Conclusion.
Il n’y a pas de meilleure conclusion pour terminer que de citer ce vieil adage « qui détient l’information, détient le pouvoir ».

samedi 11 février 2012

Rencontre avec le Dr GHEDIA


Entretien avec le Docteur Abdelaziz Ghédia, membre fondateur du parti, mais aussi en charge de la commission information, ce Jadidien de Bordj Bou Arreridj nous livre ses motivations.

Chirurgien de profession, il occupe une partie de son temps libre à disséquer l’actualité algérienne au travers d’articles publiés à la fois sur Forum Démocratique, le site Jil Jadid mais aussi sur Agora vox. Très attentif à ce qui se passe, il n’hésite pas à provoquer la réflexion et le débat chez les autres.

Kahina Bordji : Qu’est ce qui a motivé votre engagement au sein de Jil Jadid ?
Abdelaziz Ghédia : Avant de répondre à cette question, je suis obligé de faire un petit rappel historique. Soufiane, le coordinateur de notre parti, et moi avions fait le lycée ensemble. C’était au milieu des années 70 à Hussein Dey, au Lycée Thaalibiya. En 1977, nous avions eu notre Bac, il a fait vétérinaire et moi médecine. Ainsi donc nos routes se sont séparées et je l’avais perdu de vue. Ce n’est que bien plus tard, lorsque le pouvoir algérien, mis à mal par les évènements d’octobre 1988, avait, disons, ouvert le champ politique en instituant le multipartisme, que j’ai appris que Soufiane faisait partie d’un parti politique, le PRA. Il en était même secrétaire général. Mais à cette époque-là, je ne m’intéressais pas du tout à la politique. La chirurgie me prenait tout mon temps. Et puis, disons le sans ambages, c’est que dans la décennie 90 l’Algérie a connu des évènements terribles, et il fallait donc se faire tout petit pour pouvoir survivre. Pendant cette période, je pense que beaucoup d’Algériens se sont éloignés, ont pris leur distance vis-à-vis de la politique.
Puis, dans les années 2000, il y a eu Internet. Une bouffée d’oxygène pour tout le monde. J’ai commencé alors à me connecter. A voir ce qui se passait ailleurs, dans le monde. Et, à partir du moment où j’ai senti que je pouvais faire quelque chose, je me suis mis à écrire, d’abord dans un blog. En 2007, je suis passé à un stade supérieur avec mon premier article sur Agoravox, un article qui a fait l’objet de beaucoup de commentaires. Alors là, ça m’a encouragé à aller de l’avant. Je me suis dit « tiens, mes écrits, qui sont pourtant très simples dans leur style littéraire, font réagir les gens, alors pourquoi ne pas continuer ». Et, c’est ainsi que j’ai pu rédiger plus de soixante articles sur Agoravox aussi bien des articles de politiques que de littérature. Par ailleurs, je lis la presse aussi bien algérienne que française. Et, un beau jour, je suis tombé sur un article de Soufiane, sur le journal « El watan », article dans lequel je pensais qu’il essayait d’expliquer que « le désarroi des algériens » n’était pas justifié et qu’il ne devaient, en quelque sorte, pas se plaindre. Bien sûr que je n’étais pas d’accord avec cette analyse de l’état d’esprit des algériens qui sont, malheureusement, encore psychologiquement désemparés et économiquement démunis dans leur ensemble. Mais comme je n’avais aucun contact avec l’auteur de cet article, Soufiane en l’occurrence, j’ai fait une critique en bonne et due forme à cet article et je l’ai posté sur Agoravox. L’article a été tout de suite publié. Quelques jours après, Soufiane a réfuté mon interprétation, clarifié son analyse, publié même son article *« Désarroi » dans agoravox et m’a écrit un mot pour me demander qui j’étais. Il y avait eu incompréhension mais c’est comme cela qu’on a renoué nos liens d’amitié. Il m’a alors proposé d’écrire de temps en temps sur le « Forum démocratique », j’y tenais la rubrique « chronique ».
Dès le départ, dès qu’on a commencé à écrire sur le « Forum démocratique », Soufiane m’avait clairement expliqué ses intentions. Le Forum démocratique n’était, en fait, qu’un moyen parmi tant d’autres d’attirer les gens de bonne volonté pour un objectif précis, une finalité simple : la création d’un parti politique. Aujourd’hui c’est chose faite et je suis tout à fait ravi et content de faire partie de ce parti politique qui a pour ambition, dans un proche avenir incha Allah, l’instauration d’un état de droit, d’un Etat véritablement démocratique en Algérie.

KB : Vous écrivez de nombreux articles sur différents sites entre autre Agoravox, média citoyen, pensez-vous que pour les Algériens internet reste le meilleur lieu voire le seul pour se faire une opinion sur la réalité du pays ?
AG : Evidemment, en Algérie, nous sommes encore en retard, en ce qui concerne les technologies de la communication et de l’information, par rapport à nos voisins Maghrébins, par exemple. La pénétration de l’Internet est encore faible dans les foyers algériens et les cybercafés sont souvent bondés de jeunes mais qui s’y connectent pour d’autres motifs. Rares sont les jeunes qui se connectent pour s’informer de ce qui se fait dans le pays en matière de politique, de développement économique, d’avancées ou de recul sur le plan social…etc. Nos jeunes ne sont pas du tout politisés. En fait, pas seulement les jeunes. Il m’arrive, par exemple de discuter avec des amis, médecins, et chaque fois qu’on aborde un sujet politique donné, ils font tout pour fuir la discussion. « Ah, non, moi, la politique ce n’est pas ma tasse de café ! », me dit-on souvent. Il n’ya pas encore de conscience politique chez cette frange de la société algérienne qui représente pourtant l’élite du pays. Tout ce qui intéresse les médecins c’est « l’accumulation du capital » pour reprendre Marx. Un médecin n’a pas trouvé mieux que de me dire que, ce que je viens d’avancer- là, n’est qu’une « demie vérité ». A-t-il raison ou tort ?
Pour répondre plus précisément à votre question : je crois qu’on n’a pas vraiment besoin de l’internet pour « se faire une idée sur la réalité du pays ». Celle-ci s’étale au grand jour et elle n’est pas belle à voir. Nous avons pratiquement atteint le fond et il nous est difficile de nous en sortir si nous ne prenons pas les choses sérieusement en main, dès à présent. C’est la déliquescence totale, la déchéance totale et ceci dans tous les domaines. Prenons l’exemple de la justice. Pourquoi la justice ? Parce que ce domaine est très sensible et on ne peut parler « d’Etat de droit » sans évoquer, ne serait-ce que sommairement, la justice. On a coutume de dire que les verdicts de la justice, par exemple, ne se commentent pas. Très juste. Je suis tout à fait d’accord avec ça. Mais, ce principe s’applique à une justice indépendante, je veux dire une justice qui n’est pas subordonnée au pouvoir politique. Or, à ma connaissance, en Algérie, ce n’est pas encore le cas. La justice, dans certains cas, quand elle a à juger de grosses affaires de corruption par, exemple, telle que l’affaire Khalifa il y a quelques années, obéit aux ordres qui viennent d’en haut. J’ai cité comme exemple l’affaire Khalifa parce que, on s’en souvient, cette affaire a fait couler beaucoup d’encre et beaucoup de salive. Tout le monde en parlait. La justice est du côté du plus fort, du plus nanti, de celui qui a des épaules larges comme on dit. Cinquante ans après l’indépendance, force est d’admettre que les algériens ne sont pas encore égaux en droits et en devoirs.
La santé aussi va mal. C’est mon domaine et je peux en parler à l’aise. Les hôpitaux du secteur public sont devenus des mouroirs à cause des pénuries chroniques de médicaments, de la démission morale des professionnels de la santé qui sont mal considérés. Et pour corser le tout, les mouvements de grève répétés qui touchent ce corps ainsi que celui des enseignants, du primaire et du secondaire. Cette réalité est visible à l’œil nu. Et, il n y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

KB : Vous êtes responsable de la commission information, quel est le rôle de cette commission ?
AG : Selon ma conception des choses, cela doit être un travail collectif qui, s’il est mené à bien et dans les règles de l’art, permettra au parti d’être compétitif. N’oublions pas que nous sommes à la veille d’élections législatives. Le temps presse. Trois mois seulement nous séparent de ce rendez-vous important avec l’Histoire. L’apport et la contribution de tout un chacun sont donc d’une importance cruciale, vitale.
Ayons donc toujours à l’esprit que l’information est un élément clé pour la réussite de notre projet et, éventuellement…. la conquête du pouvoir. Ne dit-on pas d’ailleurs « qui détient l’information, détient le pouvoir » ? C’est donc un honneur et un privilège de faire partie de cette « commission d’information » et nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour que ce pouvoir soit entre les mains de notre parti politique. Le Travail d’information qui se fera essentiellement avec les moyens modernes de la communication qui sont à notre disposition tel que notre site internet et les réseaux sociaux (facebook, notamment). Donc, grosso modo, c’est ça le rôle de la commission d’information. Il y a quelques années, on disait que la presse, écrite en autre, représentait le 4ème pouvoir. Or, actuellement, tout le monde s’accorde à dire que l’Internet a supplanté la presse sous son support papier, sauf peut-être le philosophe français Alain Finkielkraut qui s’entête encore à traiter cette merveilleuse invention de poubelle. Internet et les réseaux sociaux ont montré leur efficacité, quand ils sont utilisés de façon intelligente, pour faire tomber des régimes corrompus et tyranniques. Notre but à nous n’est pas de faire tomber qui que ce soit mais de faire connaître notre parti politique. L’Algérie a déjà fait son « printemps arabe » en 1988. Donc ne tombons pas dans le piège de ceux qui veulent nous voir s’entretuer. Nous sommes un parti politique pacifique et nous le resterons. Nous nous sommes engagés en politique pour essayer de redresser la barre de ce bateau ivre qu’est l’Algérie. Nous nous sommes engagés en politique pour essayer d’apporter un plus à l’Algérie. C’est ma conviction intime. Et, je le dis sans fioriture et sans ambages.
Un Hadith dont j’ai oublié la formulation exacte en arabe dit, en substance, ceci : que celui qui voit le mal doit intervenir pour le changer, ne serait-ce que par la parole. Or, l’Algérie va mal. C’est notre « devoir d’agir ».

KB : Quel regard portez-vous sur l’Algérie d’aujourd’hui ?
AG : Un regard ambivalent. Triste et mélancolique avec, cependant, une lueur d’espoir qui perce de temps en temps. Triste et mélancolique parce que je pense, comme la majorité de mes compatriotes d’ailleurs, que l’Algérie aurait pu mieux faire sur tous les plans. Malheureusement, sous l’euphorie de l’indépendance, après une guerre dévastatrice qui a duré plus de sept ans, nous nous sommes crus un peuple de « moadjizate », un peuple capable de miracles et nous nous sommes endormis sur les lauriers. Le réveil a été brutal et violent en même temps. En octobre 1988, lorsque sous l’effet conjugué de la mal gouvernance du pays par le FLN et la crise économique des deux ou trois années qui ont précédé cette date (chute du prix du baril de pétrole), le pays s’était trouvé presque en faillite (comme c’est le cas actuellement en Grèce, par exemple). Je passe volontairement sur ce qui s’est passé par la suite. C’était tellement dramatique qu’il vaut mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de prendre conscience du fait que les miracles ne tombent pas du ciel. Il n y a que le travail qui paye et qui engendre les miracles. De toutes sortes. Il faut donc penser sérieusement à remettre les Algériens au travail et le plus vite possible. L’atout que l’on a aujourd’hui, c’est que la situation s’est nettement améliorée sur le plan sécuritaire, les caisses de l’Etat sont bien pleines et il faut donc savoir utiliser de façon rationnelle cette manne et, troisièmement ,il y a apparemment un début d’ ouverture politique conséquemment au « printemps arabe ». Donc, si je devais résumer ce que je viens de dire là, je dirais que l’espoir commence à pointer à l’horizon. En tous les cas, il faut espérer. Car l’espoir fait vivre.

KB : Pour finir, quelques mots sur le feu vert du Ministère de l’Intérieur pour la tenue du congrès ?
AG : Comme tous nos membres fondateurs et nos adhérents, je suis très content que nous ayons pu avoir le sésame pour faire de la politique en toute légalité en si peu de temps. Bon, c’est vrai qu’on n’a pas encore l’agrément définitif et qu’il ne faut, par conséquent, pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais c’est un grand pas vers la légalité qu’on vient de faire. Je tiens donc à remercier le Ministre de l’intérieur DOK comme l’appelle la presse nationale de nous avoir autorisés à organiser notre congrès constitutif. Après, on verra.

• « Désarroi », Soufiane Djilali, Agoravox : http://www.agoravox.fr/actualites/i...

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