mercredi 21 novembre 2018

Gramsci y perd le nord.


Peut-on dire qu’en Algérie, ces derniers jours, les évènements politiques se sont accélérés ?   En effet, Il y a à peine quelques jours, c’était une crise parlementaire, voulue et entretenue par le SG du FLN, qui s’est soldée, après plusieurs jours de suspens, par le limogeage, sans aucune forme de procès, du président du perchoir, Saïd Bouhadja. Tout s’était fait dans l’illégalité la plus totale. On alla même jusqu’à cadenasser l’entrée principale de cette institution républicaine pour en déclarer ensuite la vacance de la présidence.
Puis, comme l’histoire de « l’arroseur arrosé », c’est au tour d’Ould Abbes, l’ex patron du FLN, de faire les frais de son arrogance et de ses sorties médiatiques très embarrassantes pour les véritables tenants du pouvoir. Sans préavis, on le somma de remettre le tablier. C’est, en quelque sorte, une ironie du sort : tu subis ce que tu as fais subir à autrui, selon la fameuse sentence arabe.  Mais, pour que la « chose » ne soit pas considérée par « le peuple d’en bas » comme telle, les véritables décideurs ont pris des gants de velours ; et ils ont pris le soin de maquiller cela en faisant croire que le sieur Ould Abbes souffre de problèmes cardiaques et que son médecin traitant, d’ici et non d’une quelconque privée à Paris ou à Genève, l’a conseillé  de prendre quelques jours de repos, le guerrier s’étant trop dépensé... pour la promotion d’un hypothétique 5ème mandat. Plus même que durant la guerre d’Algérie  pendant laquelle, selon les dires de certains anciens Moudjahidine qui l’avaient connu, il s’était beaucoup plus planqué que guerroyé.
Aux dernières nouvelles d’ailleurs, il semblerait que celui-ci continue de gérer la « boite » à partir de chez lui.
Cela ne se passe comme ça qu’en Algérie.
 Les vieux ne veulent pas lâcher prise. Ils ne veulent pas s’en aller. Même malades, ils essayent de se déplacer du lit à la fenêtre pour avoir toujours un œil sur ce qui se passe dehors. A quand du lit à la mise en bière ? Et de la mise en bière au cimetière, pourraient, peut-être me rétorquer les mauvaises langues ? Cette réflexion n’est pas mienne. Elle m’a été soufflée par une curieuse qui s’est mise derrière moi pour lire ce que j’écris. 
Toujours est-il que les vieux, ceux qui nous gouvernent, sont tenaces. On dit qu’ils sont tarés mais ils ne le sont pas. Ils sont intelligents, et, qualité suprême, ils possèdent toutes leurs facultés physiques et mentales, les certificats médicaux de nos médecins assermentés et  inscrits au tableau du Conseil de l’ordre faisant foi.
 Et les jeunes hésitent, cependant, à s’impliquer. A s’engager. Politiquement. D’ou la crise permanente. Le statu quo. La fausse stabilité qui, malgré tout, le pouvoir le sait, nous devrions plutôt dire les vieux le savent puisque ce sont eux le pouvoir, ne risque pas d’emporter les fondements de la République. La république restera bien droite dans ses bottes et contredira la thèse, presque centenaire, d’Antonio Gramsci, un enfant de la botte italienne.      
A quelques mois de la présidentielle d’avril 2019, les pièces du puzzle, en effet, commencent à se mettre en place.  Toutes les personnes susceptibles d’entraver la marche vers le 5ème mandat de l’actuel président de la République sont liquidées de façon méthodique ou, pour rester dans le registre du FLN, de façon scientifique. On les dégomme, purement et simplement, même si pendant longtemps, ils avaient fait partie du clan présidentiel. C’était peut-être le cas de l’ex président du parlement. C’est peut-être aussi le cas  d’Ould Abbes mais pour des raisons différentes. Lui, c’est beaucoup plus à cause des déclarations qui frisent parfois le ridicule qu’il fait régulièrement aux médias. Quant au problème des Généraux qui ont été incarcérés pour « corruption, trafic d’influence et enrichissement illicite » puis libérés sur ordre du président, cela reste un mystère total.
Les partis politiques au pouvoir mettent les bouchées doubles à l’approche de l’échéance électorale. Réunion après réunion, ils peaufinent leur plan. Tout semble réglé comme du papier à musique. Tout en sachant que Abdelaziz Bouteflika est dans un état de santé catastrophique et qu’il lui est pratiquement, physiquement et cognitivement, impossible de briguer un autre mandat, ils s’entêtent à le présenter comme étant la seule solution, la seule alternative pour l’Algérie. L’opposition, quant à elle, est inexistante. Elle n’ose même plus faire de commentaire tant l’épée de Damoclès pèse sur sa tête. Tout cela dans un pays qui se dit démocratique.

De la crise de l'APN

 Ce qui est vraiment désolant dans cette histoire de l’APN, c’est l’absence quasi-totale de réaction des hommes (et des femmes) politiques toutes tendances confondues – qu’ils soient représentés ou non au Parlement – et surtout des intellectuels, organiques ou libres. A notre connaissance, ces derniers ne se sont pas, jusqu’ici, exprimés sur cette grave dérive de la majorité parlementaire. Ils gardent un silence inquiétant. Sont-ils tétanisés par ces événements ou ont-ils délibérément opté pour le choix de ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas ? En fait, cette histoire de l’APN concerne tout le monde. Elle nous regarde tous car nous sommes le peuple et c’est grâce à nos voix que ces députés y siègent et délibèrent. Elle n’est pas uniquement inter ou intra parlementaire comme essaient de nous le faire croire certains députés qui font partie des frondeurs.
Nous constatons, jour après jour, depuis presque trois semaines maintenant, une atteinte grave à cette institution de la République par ceux-là même qui sont, en principe, garants des lois et donc de l’ordre et la discipline et nous ne réagissons pas. Nous pensons qu’il est temps que ceux, parmi l’élite intellectuelle qui ont quelque chose à dire, quelque conseil à donner aux uns et aux autres, aux députés frondeurs et au président de l’APN, de se manifester sur la scène politique par des écrits, des débats, des interviews… Nos députés semblent ignorer les lois qui régissent le fonctionnement de l’APN. Ils cherchent par tous les moyens, même illégaux, à destituer, à faire démissionner leur président alors que celui-ci maintient mordicus (et il a raison) qu’il ne s’en ira… qu’en cas d’injonction du président de la République lui-même. D’où l’impasse. D’où la crise. Mais, en fait, cette crise est systémique et tôt ou tard elle aura des répercussions sur les autres institutions de l’Etat si rien n’est fait dès maintenant pour la juguler ou, du moins, la contenir.
Régulièrement, nous lisons la presse algérienne. Chaque matin que Dieu fait, nous attendons que celle-ci nous apporte des nouvelles allant dans le sens du dénouement heureux de cette gravissime affaire. Chaque matin, nous attendons que certains de nos intellectuels interviennent dans cette presse pour nous éclairer sur les tenants et aboutissants de cette affaire. Mais, à part les comptes rendus des journalistes qui suivent de près ou de loin ce qui se passe au boulevard Zighoud-Youcef, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Rien qui puisse étancher notre soif de savoir, rien qui puisse satisfaire notre curiosité. Et plus le temps passe, plus l’inquiétude s’empare de nos esprits de citoyens lambda.
La vox populi avait souligné, dès le départ, que toute cette affaire était montée de toute pièce pour qu’elle aboutisse, in fine, à la dissolution de l’APN et donc au prolongement de l’actuel mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. Mais peut-on faire confiance à la vox populi ? Peut-on prendre pour des analyses sérieuses ce que dit «l’homme de la rue» ?
Et, devant la ténacité du président de l’APN, les «députés» cadenassent l’APN. Du jamais vu en Algérie ou ailleurs. Comment peut-on définir ce comportement ?
Assurément, nous avons, là, affaire à des «baltaguia». De quel droit ces membres du FLN, du RND et d’autre partis suiveurs, cadenassent-ils une institution républicaine, même si celle-ci ne joue pas, par ailleurs, son rôle comme il se doit ? Qu’ils aillent, au point où ils en sont, cadenasser le palais d’El-Mouradia, le palais du gouvernement et toutes les autres institutions de la République !
Nous réitérons à cette occasion notre appel à Saïd Bouhadja, le président incontesté et incontestable de l’APN, de résister à ces opposants qui ne défendent, en fait, que leurs privilèges.
Et comme cela ne suffisait pas, les frondeurs, manipulés par des marionnettistes, passent à la vitesse supérieure : ils réunissent un bureau fantoche et prennent la décision de se débarrasser de leur président avec une facilité déconcertante. L’affaire est conclue en deux temps trois mouvements, pensent-ils.
Cette décision des «députés» qui se sont réunis sans la présence du président de l’APN est nulle et non avenue. Par ailleurs, le poste de président de l’APN n’a jamais été vacant puisque celui-ci est empêché de force de rejoindre son bureau (l’entrée de l’APN étant cadenassée). Dans tous les cas, c’est une première dans les annales des démocraties parlementaires. Quoiqu’en Algérie, avec ce genre de «représentants», on ne peut pas vraiment parler de démocratie.
A. G.

mercredi 26 septembre 2018

Le scorpion et le choléra.



L’alitement forcé et prolongé pour cause de sciatique, m’a éloigné quelque peu de la chose politique. Aujourd’hui que je me sens plus ou moins en forme, plus ou moins d’aplomb, je reprends mon clavier - quoique cette position assise soit déconseillée par les neurologues et les neurochirurgiens- pour donner mon point de vue sur un certain nombre de points.


En fait, le peu de choses que j’ai lu ça et là dans les différents titres de la presse nationale ou sur des sites électroniques ne m’incite guère à la réflexion.
Mais commençons d’abord par cette histoire de choléra et son cortège de commentaires et de réactions des « autorités compétentes » frisant parfois le ridicule. Heureusement que le ridicule ne tue pas, dit le dicton. Deux hauts responsables en particulier ont provoqué l’ire de la blogosphère et des réseaux sociaux. Il s’agit en l’occurrence de l’ex wali de Blida qui a été filmé alors qu’il implorait un infirmier de ne pas ouvrir « la cage » dans laquelle étaient enfermés les malades du choléra. Sa panique n’avait d’égale que son cynisme envers ces citoyens qu’il était pourtant censé servir. Il avait peur d’être contaminé alors que le commun des mortels sait que la contamination du cholera est due plutôt à l’ingestion d’aliments ou d’eau souillés par le vibrio cholerea. Le wali n’ayant probablement aucune notion de médecine, on retient ce fait comme étant un élément à sa décharge. Nous ne pouvons qu’être compréhensifs et indulgents à son égard. Mais, l’image des malades enfermés dans une cage comme des bêtes féroces est là ; elle est gravée à jamais dans la mémoire de tous ceux qui l’ont vue. Ce fait n’est pas banal. Ce fait n’a aucune circonstance atténuante. De ce fait, ce wali mérite amplement son limogeage.
Le deuxième personnage de l’État qui a été haut en couleur, qui a brillé comme un astre haut dans le ciel, par ses déclarations parfois contradictoires, n’est autre que le Ministre de la santé. Ce qui rend ses déclarations incompréhensibles, face à ce fléau des temps anciens, ce qu’il annonce le matin est vite remis en cause le soir même par l’apparition d’autres cas de choléra dans d’autres régions. Et même la source de cette contamination s’était avérée fausse et sans fondement. Pendant plusieurs jours, on a pataugé dans les marres nauséabondes de Sidi El Kébir et d’ailleurs. Par ailleurs l’incrimination de certains fruits, la pastèque en particulier, dans l’apparition de cette infection gastro intestinale, sans fondement ni preuve bactériologique sérieuse, a ruiné les commerçants des fruits. Vont-ils être indemnisés, les pauvres ? Pas que je sache. Comme un malheur ne vient jamais seul, quelques jours après la soi-disant éradication du choléra, une jeune enseignante universitaire est morte, à Ouargla, à la suite d’une piqure de scorpion. Ce fait divers a encore enflammé la Toile. En guise de réponse à la plèbe qui commençait à se mettre en colère et qui risquait même de se soulever, notre ministre n’avait pas trouvé mieux que d’étaler ses « connaissances en matières de zoologie et d’écologie » pour dire, in fine, que la faute incombait à la défunte qui, par son comportement irrationnel, a dû provoquer « l’animal ». Des propos indignes d’un Ministre qui plus est professeur en médecine.
Voilà ce qu’on peut dire de l’actualité de ces derniers jours. Mais cela ne fait que commencer. La rentrée sociale risque d’être très chaude et très perturbée d’autant plus que les partis au pouvoir (FLN, RND et d’autres micro partis) sont déjà entrés dans une sorte de campagne électorale avant l’heure en faveur du président Bouteflika et que, de l’autre partie, le mouvement « Mouwatana » appelle à des marches à Constantine pour contrer cette initiative.

mardi 7 août 2018

Vivons de pain rassis et de prêches.

A la question « c’est grave docteur », j’essaie presque toujours de répondre par la négative et cela bien entendu dans le but de rassurer les gens, de ne pas infliger plus d’inquiétude à des proches qui attendent le pronostic de leur malade. « Non, ce n’est pas grave », dis-je le plus souvent et j’ajoute ensuite la fameuse formule que tout le monde connaît : « En fait, c’est beaucoup plus de peur que de mal », même si la situation paraît de prime abord désespérée.

Etre médecin, c’est d’abord être humain et aimer son prochain tel que le préconisent la Bible… et le Coran. Voilà, en disant cela, je viens de couper l’herbe sous les pieds des intégristes de tout bord qui pensent peut être que celui qui ose encore, de nos jours, s’exprimer dans la langue de Molière est soit un laïc soit, au pire, un athée.
Cette précision étant faite, continuons maintenant notre discussion.
Je disais donc que quand il s’agit de la santé d’une personne, on essaie toujours de n’être pas alarmiste, de présenter la situation de manière à ce que les proches de cette personne ne soient pas désemparés. Et continuent à faire confiance au médecin traitant de leur patient. Ce ne sont là que des principes simples de la médecine que tout médecin qui se respecte doit appliquer dans sa pratique quotidienne.
Mais là ?
Devant la situation politique du pays et surtout devant les derniers évènements d’ordre sociétal qui ont eu lieu dans certaines villes du pays aussi bien du Sud que du Nord, que devrais-je dire ? Que tout va bien Madame la Marquise ? Non, loin s’en faut. Je ne dirai pas cela ; sinon ça serait une politique de l’autruche. En tant que citoyen qui ne veut que du bien à son pays et à son peuple, je n’ai pas le droit de tricher. Je n’ai pas le droit de fermer les yeux, de faire comme s’il n’en était rien. La chose est trop grave pour ne pas la condamner. La chose est, de mon point de vue, tellement grave pour ne pas dénoncer ceux qui poussent vers le dérapage, vers le retour aux « années de braise ». Ceux-là sont bien connus. Ils ne sont manipulés ni par la main étrangère ni par le Mossad. Ils sont bien le résultat de notre système éducatif. Car on le voit bien sur les vidéos postées sur Facebook, par exemple, qu’ils sont majoritairement jeunes, moins de la trentaine même.
En fait, je dirai même que le ou les manipulateur sont connus. Il n y a qu’à chercher à qui profite le crime. Ceux qui n’ont pas pu obtenir ce qu’ils veulent par la voie politique, ceux qui ne savent pas encore s’ils doivent faire de l’opposition vraie ou se contenter de simples strapontins dans les différentes institutions de l’État sont, à coup sûr, les instigateurs de ces manifestations ostentatoires.
Comme si les gens ne devaient pas avoir d’autres droits, d’autres besoins, des préoccupations autres que celle d’adorer Dieu et le Prophète. Si on suivait leur raisonnement, on dirait que les gens n’ont besoin que de pain rassis et de… prêches. L’amour et l’eau fraîche ? Tu parles !

Force est d’admettre que ces événements (qui ont eu lieu à Ouargla, à Sidi Bel-Abbès et ailleurs), à savoir l’annulation pure et simple de concerts de musique raï ou autre, et cela sous la pression de certaines franges des populations locales fanatisées par le discours islamiste, ont créé le buzz sur les réseaux sociaux en Algérie. Sauf que la réaction des uns et des autres dépasse parfois le cadre de la bienséance et de la discussion entre gens soi-disant civilisés. On verse facilement dans l’insulte et la bassesse, parfois à coups de versets coraniques comme arguments à opposer à son interlocuteur.

En tout cas, cela donne froid dans le dos et dénote, encore une fois, de l’échec total de l’école algérienne qui n’a, jusqu’ici, pas su produire un type d’Algérien nouveau, à l’esprit cartésien et ouvert sur l’universalité. C’est dommage de le souligner ici.

Il y a plus d’une vingtaine d’années maintenant, le sociologue algérien Houari Addi avait parlé de « la régression féconde » ; c’était alors l’âge d’or des « frérots » algériens avec comme corollaire la décennie noire qui a marqué les Algériens à jamais. Les naïfs d’entre nous l’avaient cru et avaient pris pour argent comptant sa fameuse théorie. Nous pensions qu’effectivement, cette régression, ce retour à la barbarie allaient nous donner quelque chose de nouveau, une nouvelle société plus instruite et plus tolérante. Nous avons attendu, vainement. L’on constate aujourd’hui, avec ce retour – j’allais dire triomphal des intégristes – que, finalement, la régression n’est point féconde et que, bien au contraire, de son ventre, elle n’a engendré que régression.
A. G.

vendredi 9 mars 2018

8 mars : une flagrante injustice.

Hier, nous étions le 8 mars. Et, comme chaque année, le 8 mars, les femmes du monde entier (du monde dit civilisé ou de celui encore à la traîne) ont droit à une demi-journée de… fête. Du moins, les femmes qui travaillent, celles qui occupent des fonctions rémunérées. Les femmes de la campagne et celles dites au foyer ne connaissent pas de répit, et donc pas de fête. Pour celles-ci, tous les jours se ressemblent et il n’y a ni fête de la femme ni autre.

Les hommes sont égoïstes. Pas tous les hommes mais ceux qui ont décrété que la femme ne mérite qu’une demi-journée de fête. Ceux qui ont décrété que la moitié de l’homme ne peut être l’égale de l’homme : par cette demi-journée, on lui fait bien comprendre, une fois pour toutes, qu’elle ne vaut véritablement que la moitié de l’homme ! Mais qui a décidé que ça soit ainsi ? La Cour de la Haye ou ce «machin» des Nations unies ? Je ne connais pas l’histoire de cette demi-journée. Y a-t-il quelqu’un qui puisse éclairer ma lanterne ? C’est pour l’expliquer à ma secrétaire, elle qui n’attend avec impatience, pour le fêter dans le faste, que le… 30 février. Elle sera peut-être ravie d’avoir encore une… demi-journée. Ne comprenez pas de travers ! Je ne nargue ni ma secrétaire ni les femmes en général.
Mais il y a une question qui me hante et qui me brûle les lèvres, et je ne peux me retenir de la poser : comment se fait-il que les femmes, qui se sont pourtant imposées dans tous les domaines de la vie quotidienne, ferment les yeux sur une aussi flagrante injustice ? Pourtant, à travers le monde, il y a des femmes qui occupent de hautes fonctions, que ce soit dans leurs pays respectifs ou dans les institutions internationales. Elles peuvent donc imposer leurs points de vue aux hommes. Elles peuvent taper du poing sur la table et dire : «Bon, ça suffit, on en a assez, donnez-nous notre journée maintenant !» Et elles auront, sûrement, facilement gain de cause. Toutes les femmes seront fières d’elles.
Alors, pourquoi ne le font-elles pas ? N’ont-elles pas encore compris qu’un droit, tout comme la liberté, ça s’arrache ? N’ont-elles pas encore compris que la liberté est au bout du fusil ? Ah ! J’aimerais bien assister à une guerre, disons la cinquième guerre mondiale (puisqu’on en est à la quatrième actuellement) mais qui opposerait les femmes aux… hommes ; une guerre de sexe dans laquelle, personnellement, je ne serais qu’un simple observateur. Ou bien alors, en ma qualité de chirurgien, je m’occuperais des blessures des unes (les femmes d’abord !) et des autres (les hommes). Les morts à la morgue !
Sur ce, je tiens à souhaiter une bonne fête à toutes les femmes du monde sans distinction aucune.

lundi 5 février 2018

De la Mecque des révolutionnaires au pays de m... ?



Il y a quelques jours,  quand le président américain Donald Trump avait qualifié certains pays africains de « pays de merde », nous nous sommes offusqués. Beaucoup d’algériens  avaient mal pris la chose et mal digéré cet abject qualificatif tout en croyant ou du moins en espérant au fond d’eux-mêmes que notre pays ne soit pas, dans l’esprit de Donald Trump, dans le même panier que ces pays-là. C’est le moins qu’on puisse dire. Pour une fois, les africains, certes pas dans leur ensemble mais au moins une partie de la classe intellectuelle africaine, ont pris leur courage à deux mains et ont répondu de la plus belle manière au président américain. 
« L'activiste kényan Boniface Mwangi a, par exemple, appelé sur Twitter à « ne pas confondre les dirigeants de merde que nous les Africains élisons, avec notre beau continent ». « Notre continent est le plus béni de tous, mais il a été violé par des impérialistes en collaboration avec nos dirigeants merdiques pendant des générations. »
 Ainsi, pensions-nous, l’honneur des enfants du continent africain est sain et sauf… Sauf qu’en ce qui nous concerne,  il est tout à fait possible que, au vu de ce qui se trame dans les coulisses pour imposer le 5ème mandat,  Donald Trump, avant de lancer ces insanités, avait certainement bel et bien à l’esprit le plus grand pays d’Afrique, l’Algérie en l’occurrence.  Les questions qu’il faut se poser maintenant sont : est-ce qu’un pays comme l’Algérie, un pays qui a connu l’une des plus belles révolutions du monde, mérite cela, c’est-à-dire le fait d’être traité, même de façon allusive, de pays de merde ? Comment en est-on arrivé là ? Où est la Karama, la dignité, des algériens ?  
Un 5ème mandat pour un président gravement malade, grabataire même, en fin de cycle biologique pour rester dans le politiquement correct, est-ce vraiment utile pour l’Algérie ? Nous pensons que non. Ce serait une grave erreur de ne s’en tenir qu’à cette solution. L’Algérie ne manque pas d’hommes très sérieux et très patriotes et qui pensent à l’intérêt général. Pourquoi ne pas prospecter de ce côté-là ? Pourquoi ne pas tenir compte, par exemple, de la dernière proposition faite par Jil jadid et désigner un candidat de consensus qui gérera une période de transition, limitée dans le temps, en attendant de régler de façon définitive et démocratique cette question de  gouvernance par l’organisation d’élections libres et transparentes ?
GHEDIA Aziz, membre fondateur de Jil jadid.    

ONU vs "Board of peace".

  Il est vrai que l’ONU est devenue, depuis longtemps déjà, une coquille vide. Elle n’agit plus d’une manière décisive sur le cours des évèn...