mercredi 13 février 2013

Essai de déconstruction du mythe de « choc des civilisations » (2)

De la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la chute du mur de Berlin, les deux blocs, Est et Ouest, se faisaient face, en chien de faïence, et « l’équilibre de la terreur » était assuré et faisait le reste…c’est-à-dire rien. Mise à part l’histoire des missiles russes déployés à Cuba en 1962 qui avait failli provoquer un conflit nucléaire entre les deux superpuissances (Etats-Unis et URSS), il n’y a pas eu, à proprement parler, de problèmes très sérieux pouvant conduire à la rupture de cet équilibre. A noter que cette décision des soviétiques avait été prise à la suite de l’affaire dite de « la baie des cochons » pendant laquelle des opposants cubains au régime de Fidel CASTRO avaient été largués à cet endroit par l’armée américaine. Leur but : renverser Fidel Castro.
Mais, sans entrer dans les détails de cette opération clandestine menée par les Etats-Unis (ce qui, du reste, n’est pas l’objectif de cet écrit), disons que celle-ci s’était soldée par un fiasco total. L’on sait que les américains, à l’époque, étaient très allergiques (et le mot n’est pas très fort) à l’idéologie communiste et acceptaient mal le fait que Cuba soit imprégnée de cette idéologie. D’où d’ailleurs cette citation qui fait de Cuba « l’île si proche des Etats-Unis et si loin de Dieu ». Plus d’un demi-siècle après cette affaire, Cuba est toujours idéologiquement très à gauche pour ne pas dire communiste, ce dernier terme ayant, entre temps, perdu de son aura, et les Castro toujours au pouvoir ! Fidel est très âgé et malade, mais Raul est très fidèle. Simple jeu de mots qui dénote d’une situation politique si fréquente sous nos latitudes musulmanes où le pouvoir est parfois légué en héritage (cas de la Syrie où le fils a littéralement remplacé au pied levé son père) mais qui fait fausse note au pays de la salsa. En effet, culturellement parlant, cette pratique de passation de pouvoir n’aurait pas dû avoir lieu dans un pays, Cuba, qui, malgré tout, appartient à l’Occident.
La fin de la guerre froide ne pouvait donc qu’engendrer, de la part des penseurs et des intellectuels états-uniens une autre conception du monde qui puisse leur permettre de sauvegarder leur hégémonie économique, politique, militaire et culturelle sur le monde. Il fallait donc, coûte que coûte, créer un ennemi. Mais un ennemi qui fasse consensus au sein de l’opinion publique de l’Occident. Et qui, mieux que l’Islam, pourrait faire ce consensus ? L’on comprend donc que S. Huntington, dans le but certainement de ne pas trop froisser le monde musulman, a, pour le besoin de son livre le « choc des civilisations », répertorié plusieurs civilisations susceptibles, dans les prochaines années, d’entrer en conflit avec l’Occident. Mais, c’est le monde musulman qui se taille la part du lion dans ce que, personnellement, je n’hésiterai pas à dire ses « élucubrations ». Pour appuyer sa thèse, S. Huntington revient de façon persistante ou plutôt insistante sur la culture qu’il assimile à civilisation. Or, de notre point de vue, il n’y a aucune ressemblance entre, par exemple, la culture de l’Afghanistan et celle du Maroc, deux pays appartenant à la sphère arabo-musulmane mais se trouvant l’un et l’autre aux extrémités opposées de ce monde. Au Maroc et dans les autres pays maghrébins (Algérie, Tunisie…) qui sont des pays du pourtour méditerranéen, la culture est de type méditerranéen et à même tendance à s’occidentaliser du fait de la proximité de l’Europe, des mouvements de personnes qui se font dans les deux sens à travers cette mer intermédiaire qu’est la méditerranée et, à ne pas négliger aussi, du fait de la réception des programmes de télévisions qui, d’une façon ou d’une autre, influent sur le processus culturel en cours dans les pays sus cités. La culture n’est jamais figée. Dans tous les pays, elle évolue, elle fait du troc en quelque sorte avec son environnement le plus proche en exportant ses modèles et en important d’autres. C’est ainsi qu’il n’est pas du tout étonnant de savoir, par exemple, que sur le plan culinaire, le couscous algérien est très apprécié des français et pourrait devenir, dans un avenir pas très lointain, un plat national français au même titre que la bouillabaisse marseillaise ou le bœuf bourguignon.
C’est surtout pour détendre l’atmosphère que j’ai cité, ici, le couscous. Par expérience, je sais que les français en raffolent, contrairement aux belges qui s’accrochent à leur « frites moules » comme le naufragé à sa bouée de sauvetage ! En revanche, la baguette de pain à la française a été adoptée dans l’ensemble des pays du Maghreb même si, ces derniers temps la galette revient en force dans certains foyers algériens.
Dans le monde musulman, les cultures sont si nombreuses et si différentes les unes des autres que l’Algérien, par exemple, est, culturellement beaucoup plus proche du marseillais que du pachtoune ! Voila pour l’anecdote.
Mais, nous ne devons pas pour autant oublier que la culture ne se résume pas seulement à l’art culinaire. Elle représente aussi les coutumes, le savoir faire, les traditions et tout un tas de choses qui différencient les sociétés humaines les unes des autres. Et sur ce plan-là, il est évident que certaines choses qui sont admises facilement ici, peuvent ne pas l’être ailleurs. Souvent pour une question de morale. L’une des raisons qui fait que les musulmans sont mal vus, mal considérés et parfois même traités d’obsédés sexuels, par exemple, est le maintien, dans les différents « codes de la famille » des pays musulmans, de la polygamie. Cette question revient de façon récurrente dans tous les forums de discussion lorsque l’Islam est évoqué. Pourtant, cette pratique est toujours en vigueur chez les mormons, aux Etats-Unis, le cœur même de l’Occident. Certainement, il ne vient à l’esprit d’aucun occidental de se lier conjugalement et légalement à trois ou quatre femmes en même temps, mais cela ne l’empêcherait pas, le cas échéant, de cumuler le nombre de ses conquêtes et donc de ses concubines. En occident, cela s’appelle « être un Don juan ». Comme si le mot polygamie n’existait pas dans le lexique des différentes langues occidentales. Evidemment, si ce terme est évité, c’est par ce qu’il est choquant et véhicule une connotation péjorative qui ne sied à merveille qu’au musulman. Mais, ce que l’homme occidental ignore peut-être, c’est que, du point de vue de la religion musulmane, les conditions posées aux hommes intéressés par la polygamie sont tellement draconiennes que cela finit, fatalement, par dissuader plus d’un. Cela sans préjuger des conditions matérielles de la vie qui deviennent de plus en plus difficiles. Tout compte fait donc, les adeptes de cette pratique qui, assurément, fait fantasmer beaucoup d’hommes, ne sont pas légion au Maghreb ou ailleurs dans le monde musulman. Et d’ailleurs, avec l’émancipation des femmes qui accèdent de plus en plus aux études universitaires et qui, pour certaines d’entre-elles, activent même dans la société civile et particulièrement dans les mouvements féministes, la polygamie est condamnée à disparaître. Ce n’est qu’une question de temps. La Tunisie, par exemple, a, incontestablement, une longueur d’avance sur les autres pays musulmans puisque, du temps de Habib Bourguiba, la polygamie avait été abrogée du « code de la famille » tunisien. Espérons qu’avec le retour des islamistes ‘Ennahda’ au pouvoir, conséquemment à « la révolution du jasmin », celle-ci ne sera pas de nouveau inscrite dans les tables de la loi. Sans m’attarder encore plus sur la polygamie, disons que chaque culture a ses avantages et ses inconvénients. Mais rien n’est immuable. Tout est susceptible de changer. Avec la volonté des hommes…et des femmes bien sûr.
Chaque peuple, chaque société humaine prend de la culture des autres ce qui l’arrange et jette dans le caniveau ce qui ne correspond pas à sa conception de la vie. Ainsi, les interactions culturelles sont toujours à l’œuvre, toujours en cours. Mais, je répète encore, ce qui est valable et acceptable sous certains cieux peut provoquer des réticences si ce n’est un rejet pur et simple ailleurs même au sein de pays appartenant à la même sphère culturelle. Et là, il me vient à l’esprit la question qui fait jaser actuellement beaucoup de français et de françaises : le mariage pour tous ! Quelle trouvaille ! Cette question a été débattue de long en large même au niveau du parlement français. Mais, entre nous, cette question méritait-elle vraiment un débat au parlement ? Loin de moi l’idée de donner des leçons à l’Occident (et la France en fait partie), mais avec une telle loi, si elle venait à être promulguée par les « sages », c’est le déclin garanti de l’une des civilisations occidentales. Ce paradigme occidental, si on peut appeler ça paradigme, est démographiquement improductif et moralement condamnable. Le législateur français ne devrait pas, à notre sens, sous prétexte de respecter les libertés individuelles, tomber dans ce piège.
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J’ai peut-être abusé un peu de votre temps en insistant sur certains aspects culturels de l’Occident (mariage pour tous) et des musulmans (polygamie) et cela pour être autant que possible en phase avec S.Huntington qui, lui aussi, ne l’oublions pas, a bâti pratiquement toute sa théorie du « choc des civilisations » sur ces aspects-là. S. Huntington « voyait la planète non comme un assemblage de nations, mais comme un puzzle composé de cultures et de systèmes politiques qui n’en sont pas au même stade d’évolution ».3
Non, expliquer les conflits actuels ou à venir entre les différents peuples uniquement en partant d’une soit disant différence culturelle ne tient pas pour longtemps la route. Le problème est beaucoup plus sérieux et plus grave que ça. Il n’est plus idéologique, certes. Mais, il n’est pas non plus uniquement d’ordre culturel. Le drame des pays musulmans, c’est que, géographiquement, ils sont situés dans une zone qui attire les convoitises de part sa richesse en matières énergétiques (pétrole et gaz).
Le nerf de la guerre est l’argent, dit-on.
L’Irak a été envahi par les américains, sous un faux prétexte, (faut-il le rappeler encore ?) pas parce que sa culture (qui est millénaire contrairement à celle des Etats-Unis qui est toute récente) est incompatible avec celle de l’Occident mais parce que son sous sol recèle de gigantesques réserves en pétrole et parce que aussi, du point de vue politique et diplomatique, il faisait partie du « front du refus », ces pays qui s’opposaient à la paix avec Israël. Il était l’un des pays à tenir tête à l’Etat d’Israël et par conséquent à l’oncle Sam et à l’Occident dans tout son ensemble. C’est à se demander comment cette si simple vérité a pu échapper au théoricien du « choc des civilisations » qu’était S. Huntington. Ah, pardon, c’est une erreur de ma part. Le « choc des civilisations » a précédé de quelques années « le choc et l’effroi » !
3- http://www.france24.com/fr/20120917-youtube-le-choc-civilisations

Essai de déconstruction du mythe de « choc des civilisations » (1)

Hier soir, en surfant sur les différents sites internet que j’ai l’habitude de consulter, je me suis attardé plus que d’habitude sur « dédefensa.org » où les articles d’une certaine Badia Benjelloune sont un véritable délice. Un véritable délice dans le sens où son écriture est tellement fluide et aérée qu’elle pénètre aisément dans l’esprit et incite à la réflexion. Cette femme (si c’est vraiment une femme) dont le nom rappelle celui d’un écrivain franco marocain, Tahar Benjelloun, est d’une clairvoyance telle que je n’ai pas manqué de lui laisser un petit commentaire pour la remercier du travail qu’elle accomplit presque quotidiennement sur ce site. Rien n’échappe à sa sagacité et à son érudition. Sa culture est certainement assez vaste pour lui permettre d’aller puiser des anecdotes même dans le passé glorieux de notre civilisation arabo-musulmane que d’aucuns veulent ressusciter en s’adonnant à un « djihadisme » qui, tout compte fait, fait beaucoup plus de mal au monde musulman que toutes les armées du monde occidental réunies.
Et, en lisant ces écrits, je n’ai pu m’empêcher de penser que le monde musulman, pour qu’il retrouve sa gloire d’antan et pour qu’il sorte de la nuit et des ténèbres dans lesquelles il végète depuis des siècles maintenant, a plutôt besoin de gens de la trempe de cette dame que de djihadistes tels le sieur Mokhtar Belmokhtar. Cette dame, par ses écrits, contribue, d’une manière ou d’une autre, à la déconstruction du mythe, apparu il ya quelques années d’abord aux Etats-Unis puis il s’est vite répandu en Europe, qui veut qu’en ce début du troisième millénaire, nous allions inévitablement vers un « choc des civilisations ». En ce qui nous concerne, et disons que nous sommes de simples citoyens c’est-à-dire n’ayant aucune autorité en matière d’analyse géopolitique, nous réfutons cette thèse. Et cela pour deux raisons principales.
Primo, les guerres qui sont menées un peu partout dans les pays musulmans par des armées de l’Occident ont-elles vraiment le caractère des croisades selon le sens classique de ce terme ? Personnellement, j’en doute. Sinon, comment expliquer ceci : on a vu, par exemple, qu’en Irak, en 2003, la coalition qui a mis fin au régime irakien de Saddam Hussein, était constituée même de certains pays musulmans (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar…). Par ailleurs, dans toutes ces guerres[1] , il faut bien admettre que la géopolitique et l’économie en sont le moteur essentiel. Ce sont elles qui priment sur les considérations religieuses.
On a beau dire qu’à la suite de la chute du mur de Berlin, en 1989, suivie de la dislocation de l’URSS, l’Histoire a pris fin, mais non. Celle-ci a peut-être connu un petit moment de flottement où le seul bloc hégémonique qui continuait à gérer les affaires du monde était représenté par la puissance militaire et économique que sont les Etats-Unis. Elle a eu un moment de bégaiement mais elle a tout de suite repris son cours normal et, finalement, le deuxième bloc qu’est la Russie s’est reconstitué à la faveur de sa courte guerre qui l’a opposé à la Géorgie voisine. A partir de ce moment-là, il est permis de dire que l’ours a repris du poil de la bête pour user d’une métaphore assez connue s’agissant de l’ancienne URSS.. La Russie de Poutine II (on l’appellera ainsi parce qu’après un intermède de cinq ans où la présidence de cet Etat, amputé d’une bonne partie de son territoire de naguère, était assurée par Medvedev, il est revenu au pouvoir) n’a plus l’intention de laisser faire, de rester à l’écart des affaires du monde. Une mention particulière doit être faite, ici, à cet égard. Et c’est le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexie Pouchkov, qui le dit : « La Russie est en train de mettre un terme à sa dépendance de la superpuissance mondiale »2. Autrement dit, la Russie d’aujourd’hui a les moyens tant militaires qu’économiques de reprendre la place qui était la sienne avant la prise du pouvoir par Michail Gorbatchev qui, avec sa politique de Glasnost et de perestroïka ne put qu’entrainer son pays à l’effondrement. Cette période fut d’ailleurs caractérisée par des troubles (manifestations et grèves) et de révolutions colorées, certainement commanditées de l’étranger, dans la plupart des confédérations de l’ex URSS qui se trouvent actuellement autonomes et même, pour certaines d’entre-elles, dans le giron de l’Europe de l’Ouest.
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Pourquoi ai-je fait une petite parenthèse en parlant de la Russie d’aujourd’hui ? C’est pour la simple raison que lorsqu’on parle de « choc de civilisations », il ne faut pas perdre de vue que l’auteur de ce brûlot qu’est Samuel Huntington, avait eu l’idée de proposer cette théorie, dénuée de tout fondement à notre sens, après l’effondrement du bloc soviétique. Il s’en était servi comme modèle pour expliquer les nouvelles relations internationales. Il « s'appuie sur une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques « politiques », mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu'il appelle « civilisationnelles », dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles »2. Pour Samuel Huntington sans doute, la disparition du bloc de l’Est, qui a, pendant une soixante d’années, vécu sous le régime de l’idéologie communiste, équivaut à la fin de l’Histoire. En réalité, cette prophétie est de Francis FUKUYAMA. Huntington l’a reprise ensuite à son compte et l’a largement développée. Or, il nous semble, qu’au vu des évènements politiques et historiques actuels qui mettent le monde sens dessus-dessous, que rien n’est moins faux. Ne peut-on pas penser qu’il y avait certainement confusion dans l’esprit de cet auteur en assimilant l’idéologie à l’Histoire ? Une simple supposition de ma part qui, j’en suis conscient, peut être tout à fait farfelue. Mais, essayons quand même d’analyser le problème sous cet angle. Le jeu en vaut la chandelle. La fin d’une idéologie quelle qu’elle soit signifie-t-elle la fin de l’Histoire ? Certes, les idéologies peuvent avoir une fin, mais ce n’est pas du tout le cas de l’Histoire qui, elle, ne finira qu’avec l’extinction de l’espèce humaine puisque c’est l’Homme qui fait l’Histoire et non l’inverse. Le temps et les guerres qui ont eu lieu ces dernières années, malheureusement toujours dans la sphère arabo-musulmane, ne sont-ils pas entrain de contredire de façon éclatante cette théorie ? Car, même si l’ennemi, contre lequel on oppose toute une armada et des armes sophistiquées, est musulman, force est de reconnaître qu’il ne s’agit pas du tout de guerres opposant des civilisations différentes, l’Occident et le monde musulman. D’ailleurs cet Occident qui intervient ici et là, du Maghreb au Moyen-Orient et même plus loin, ne le fait pas de façon cohérente. Si la première guerre de ce siècle débutant a commencé en Afghanistan sous la conduite de la première puissance mondiale, les Etats-Unis, a été motivée par une idée noble en soi, la lutte contre le terrorisme islamiste, il est aisé de remarquer, qu’ailleurs, ce même Occident encourage si ce n’est qu’il appuie ces mêmes islamistes à s’emparer du pouvoir. Pourquoi dans ce cas cette politique de deux poids de mesures ? La réponse est simple. Là où les islamistes font le jeu de l’Occident et ne s’opposent pas à ses intérêts économiques, ils sont considérés comme modérés et donc aptes à composer avec lui, c’est-à-dire avec l’Occident d’une façon générale, et là où les islamistes se manifestent de façon bruyante contre ses intérêts, ils sont tout de suite taxés d’extrémistes, de terroristes qu’il faut combattre par tous les moyens. L’islamisme politique est une calamité, une catastrophe d’abord pour les musulmans eux-mêmes. Ces premières victimes furent d’abord en Algérie, au début des années 90 lorsque le FIS a été, ayons quand même le courage de le dire, spolié de sa victoire électorale par le pouvoir algérien de l’époque. Mais, à cette époque-là, les puissances occidentales ont laissé faire, elles ne sont pas intervenues pour aider le peuple algérien estimant probablement que le problème ne les concernait pas du tout. Plus que ça, nous avions même eu droit à une injonction de la part d’un certain François Mitterrand sous la forme de « il faut que ». En fait, si à cette époque ni les américains ni aucun autre pays du bloc occidental n’est intervenu en Algérie, c’est parce la nouvelle doctrine du « siècle américain » n’était pas encore née. Elle était, certes, dans les tiroirs des Think tank américains mais son application sur le terrain n’a commencé qu’avec l’arrivée au pouvoir de W. Bush, particulièrement depuis l’attentat, par la nébuleuse islamiste El Qaîda, qui a détruit les twin tawors. Du jour au lendemain, l’on vit alors fleurir des qualificatifs tels « Etats voyous » à propos d’un certain nombre de pays (Soudan, Irak, Libye…) et « axe du mal » (Irak-Iran). Tout cela pour dire que l’Irak de Saddam Hussein était déjà dans l’œil du cyclone et il devait, un jour ou l’autre rendre des comptes avec ou sans ADM (arme de destruction massive). Cette doctrine appelée « Doctrine Powell » consiste à donner les moyens militaires aux Etats-Unis pour qu’ils puissent intervenir partout dans le monde et défendre ainsi leurs intérêts.
à suivre.

Notes.

[1] Guerre dont le motif avoué est la lutte contre le terrorisme islamiste et particulièrement « El Q aida » tenue, jusqu’à présent, pour responsable de l’attentat du 11 septembre qui a détruit les tours jumelles de New York. Rappelons-nous que cet attentat a mis le monde entier en émoi à tel point que le slogan du jour qui fut inventé était « nous sommes tous américains »)
2 Voir le site dédefensa.org : http://www.dedefensa.org/article-le... ;

ONU vs "Board of peace".

  Il est vrai que l’ONU est devenue, depuis longtemps déjà, une coquille vide. Elle n’agit plus d’une manière décisive sur le cours des évèn...