Sous le titre de "Tous les chemins mènent à l’APN...", le "Soir d’Algérie" vient de nous donner une information des plus marrantes. A sa lecture, je n’ai pas pu me retenir de rigoler un bon coup. Mais, à bien y réfléchir, ça ne fait pas rire du tout. Plutôt ça laisse penser au fait que, tout compte fait, les citoyens ont eu tort d’avoir tourné le dos à ces élections. Car ce qui devait arriver arriva.
Qu’une chose pareille arrive en politique, dans des élections législatives dont dépend en grande partie l’avenir de tout un peuple, c’est grave. Trop grave même. Il y va de la crédibilité de l’APN. En effet, celle-ci est doublement pénalisée : au manque de légitimité dont elle est déjà créditée par un taux incroyablement élevé d’abstention (voir mon article précédent), elle vient de se caractériser aussi, aux yeux de la majorité des citoyens, par l’élection d’un certain nombre "d’affairistes" sans projet politique sérieux ni ancrage réel au sein de la population. Pire encore, avec maintenant "un clown qui fait son entrée à l’APN", c’est à une assemblée de... (Non, je n’oserai pas le dire, et ceci par respect pour les membres de certains partis politiques qui vont y siéger) que l’on va avoir affaire.
Soyons sérieux : Cheikh Aâtallah, le Coluche algérien, a-t-il vraiment sa place à l’APN ? Que va-t-il y faire ? Il est vrai qu’il a été élu démocratiquement ! Mais par qui ? Par de vieux bougres et certainement aussi par de jeunes "Hittistes", d’un trou perdu de Djelfa qui, par ce geste-là, viennent de nous démontrer qu’ils sont à mille lieues de la chose politique ! Que ces élections étaient, pour eux, une façon de se défouler en permettant, du même coup, à l’un des leurs de fouler le sol tout en marbre italien de l’APN. Voilà pourquoi, me semble-t-il, il est permis de dire que, de la même façon que ce qu’on a l’habitude de dire à propos des impôts, "trop de démocratie tue la démocratie". On a joué à fond la carte de la démocratie en permettant à tout citoyen majeur et n’ayant pas d’antécédents judiciaires d’être éligible et de pouvoir donc se présenter aux élections locales ou nationales et voilà le résultat ! Nous allons avoir une APN multicolore, mosaïque diront certains, où, en plus des partis politiques traditionnels (FLN, RND, HMS, RCD, PT) ce qui est quand même bien, reconnaissons-le, il y aura aussi des FNIC et des fennecs, ce qui est mauvais, à mon avis, pour la démocratie naissante en Algérie. Car, pour ceux qui ne connaissent pas ce Coluche algérien, sachez seulement qu’effectivement celui-ci est rusé comme un renard du désert d’où il est originaire. Il n’a pas été par mille chemins pour faire sa "campagne électorale". Il n’a pas arpenté chemins poussiéreux et collines verdoyantes en ce printemps 2007 ; il n’a pas non plus traversé rivières et déserts pour aller prêcher la bonne parole et faire des tas de promesses. Il n’a pas chauffé à blanc les foules en délire lors de meetings dans de grandes salles climatisées ni ailleurs. Non. Rien de tout cela. Il n’a usé que de son humour. Auprès des villageois de son Douar d’origine. Et ça été suffisant. Son humour a été plus que payant puisque, aujourd’hui, l’humoriste d’El F’hama est projeté au devant de la scène politique. Son rêve est devenu réalité. Il a été largement plébiscité, parait-il. En tout cas, il s’apprête à faire une entrée fracassante à l’Hémicycle du Bd Zighout Youcef.
Mais, le rêve de tous les Algériens de voir une APN vraiment représentative des différents courants politiques qui traversent la société, une APN formée de l’élite du pays et qui s’investit pleinement dans la vie politique du pays, qu’en fera-t-on ? N’aurait-il pas fallu exiger un minimum de formation universitaire (Bac + 4, par exemple) aux candidats à ces élections en plus de la compétence avérée dans leurs domaines respectifs ? N’aurait-il pas fallu autoriser uniquement les candidats qui activent au sein des partis politiques ? De cette façon-là, on aurait pu, peut-être, limiter les dégâts et éviter que de tels personnages, même hauts en couleur par ailleurs, viennent jouer les trouble-fête. Nous aurions eu une APN avec quelques partis de représentés, certes, mais une APN dont tous les Algériens seraient fiers. Une APN qui ne soit pas comme une auberge espagnole où entre qui veut.
Il est vrai qu’il faut un peu de tout pour faire un monde. Mais, pour faire une APN, a-t-on vraiment besoin de tout le monde ? Une APN c’est quand même quelque chose de sérieux ! Alors de là à élire "des personnes qui n’ont rien à voir avec la politique", c’est une atteinte pure et simple, une insulte, une gifle, à l’intelligence de tous les Algériens. Que puis-je dire encore ? On peut ne pas être d’accord avec mon raisonnement, mais c’est comme ça que je vois la chose personnellement.
Espérons seulement, pour terminer, que tout ce beau monde, tous ces gens-là ne vont pas "lustrer leur culs"sur les strapontins de l’hémicycle Zighout Youcef pour reprendre une expression chère à notre écrivain Yasmina Khadra, ni faire la méridienne pendant les séances plénières...
jeudi 24 mai 2007
mardi 22 mai 2007
Algérie : législatives.
Donnons une suite à l’article précédent où j’avais évoqué, brièvement, le déroulement monotone de la campagne électorale des législatives en Algérie. Il est vrai que nos législatives "n’intéressent pas grand monde" ici, c’est-à-dire de l’autre côté de Méditerranée, comme vient de me le faire remarquer, non sans ironie, un internaute d’Agoravox du nom de Calmos. J’en suis conscient. N’empêche, il y a des lecteurs dans d’autres contrées de la terre qui n’ont pas encore perdu leur "algérianité" et qui ne demandent qu’à être informés de ce qui se passe ici. Et, cette fois-ci, par "ici" j’entends ce vaste territoire qui s’étend de la rive sud de la méditerranée jusqu’au fin fond du Sahara et qu’on appelle ALGERIE.
En Algérie donc, après presque deux semaines de somnolence et de monotonie, la campagne électorale commence à sérieusement battre son plein. Les élections présidentielles françaises y sont peut-être pour quelque chose. Comment ? Eh bien l’explication réside, à mon avis, tout simplement, dans le fait que, lors des débats franco-français, tous les regards algériens, aussi bien des candidats que des électeurs, étaient braqués vers l’Hexagone. Mais, à partir du moment où le verdict des urnes est tombé, tel un couperet, faut-il le préciser, et le nouveau président français connu, nous autres algériens nous nous sommes rappelés de nos législatives. Et là, ça va de soi, nous nous sommes rendu compte qu’il nous faut rattraper le retard, combler le vide, occuper le terrain, et ne rien laisser à l’adversaire. La course contre la montre est donc engagée ! Nous l’avons, cependant, si bien engagé qu’il nous arrive parfois de confondre vitesse et précipitation à tel point que les candidats passent, en coup de vent, d’une région à l’autre, ne consacrant que quelques minutes pour expliquer un programme qui comporte, pour certains partis politiques, plus de 140 points. (1) Il ne reste plus que quelques jours avant le jour J. Et, après un démarrage qu’on ne peut pas, malheureusement, qualifier de démarrage sur les chapeaux de roue, la campagne électorale semble avoir atteint sa vitesse de croisière. On redouble de férocité. Les uns envers les autres. C’est ainsi que "Ouyahia critique les ministres du FLN qui usent et abusent des moyens de l’état pour la campagne électorale" et que Saïd Saadi du RCD " prévoit la fin du régime que sa formation compte accompagner en offrant une alternative". Malheureusement, pour ce dernier, on a, pour le décrédibiliser aux yeux de la majorité des algériens, affublé son parti, le RCD, d’un sobriquet qui ne tient pas du tout la route, à savoir "parti régionaliste". (2) On l’a enfermé dans une espèce de ghetto kabyle dont les frontières ne s’étendent que des "Babor" (3) jusqu’aux Issers, autrement dit une portion insignifiante de l’Algérie. Mais, sachez quand même que son parti est ouvert à tous les Algériens et Algériennes qui se reconnaissent dans sa "ligne éditoriale", malgré cette étiquette qui lui colle à la peau comme un tatouage indélébile. Et, c’est ce qui explique peut-être que l’un de ses dauphins, Ait Hamouda pour ne pas le nommer, s’est adressé aux citoyens venus nombreux l’écouter, en des termes très virulents, lors d’un meeting à Bouzeguène en Kabylie : " Autant je suis profondément algérien, autant je refuse à ce qu’on me refuse ma kabylité". Plus loin encore, il ajoute, à l’encontre de Ouyahia, patron du RND (qui, lui aussi, ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il s’agit de défendre son parti et ses idées), ceci "...qui n’a pas trouvé mieux que de ramener la loi sur la généralisation de la langue arabe". Ainsi donc les débats ne concernent pas uniquement ce qu’il y a lieu de faire sur le plan économique pour sortir l’Algérie de son sous-développement chronique, comme on a tendance à le faire croire, mais ça concerne aussi l’une des composantes principales de notre personnalité à savoir l’utilisation, dans nos rapports quotidiens de travail et de communication et dans l’enseignement de nos enfants, de la langue Amazigh. A moins que je n’aie pas bien saisi le sens de cette intervention de Ait Hamoud ou que la presse l’ait mal rapportée. En tout cas, personnellement, je crois que ces élections législatives sont une occasion pour mettre "la question" sur la table et d’en débattre sereinement. La Kabylie a assez souffert des incohérences des uns et des autres et des interventions intempestives (pour ne pas dire autre chose) de nos pouvoirs publics. Avouez qu’avec de tels propos, les débats ne peuvent être que passionnants et on aimerait bien que ça se prolonge. Malheureusement que, comme chaque chose a une fin, c’est presque la fin de cette campagne électorale et si pour les uns les carottes sont déjà cuites c’est aussi, à coups sûrs, la fin des haricots pour tant d’autres : les micro partis et les "indépendants".(1) Programme du RND.(2) Ce qui arrange et le pouvoir et certains partis politiques dits démocratiques. A commencer par son frère ennemi, le FFS qui a, lui aussi, pignon sur rue dans cette région de Kabylie. Mais, ce dernier, du fait de sa politique systématique de boycott, a déjà perdu pas mal de sympathisants et même ses responsables doutent sérieusement de la capacité de leur parti à remobiliser les foules au cas où son leader reviendrait à de meilleurs sentiments et accepterait de participer à d’autres échéances électorales. La politique de la chaise vide toujours prônée par le leader charismatique du FFS a sérieusement ébranlé les convictions des uns et des autres au sein de cette formation politique. On n’en est pas loin de la dissidence d’ailleurs !(3) Chaîne de montagnes de la petite Kabylie.
En Algérie donc, après presque deux semaines de somnolence et de monotonie, la campagne électorale commence à sérieusement battre son plein. Les élections présidentielles françaises y sont peut-être pour quelque chose. Comment ? Eh bien l’explication réside, à mon avis, tout simplement, dans le fait que, lors des débats franco-français, tous les regards algériens, aussi bien des candidats que des électeurs, étaient braqués vers l’Hexagone. Mais, à partir du moment où le verdict des urnes est tombé, tel un couperet, faut-il le préciser, et le nouveau président français connu, nous autres algériens nous nous sommes rappelés de nos législatives. Et là, ça va de soi, nous nous sommes rendu compte qu’il nous faut rattraper le retard, combler le vide, occuper le terrain, et ne rien laisser à l’adversaire. La course contre la montre est donc engagée ! Nous l’avons, cependant, si bien engagé qu’il nous arrive parfois de confondre vitesse et précipitation à tel point que les candidats passent, en coup de vent, d’une région à l’autre, ne consacrant que quelques minutes pour expliquer un programme qui comporte, pour certains partis politiques, plus de 140 points. (1) Il ne reste plus que quelques jours avant le jour J. Et, après un démarrage qu’on ne peut pas, malheureusement, qualifier de démarrage sur les chapeaux de roue, la campagne électorale semble avoir atteint sa vitesse de croisière. On redouble de férocité. Les uns envers les autres. C’est ainsi que "Ouyahia critique les ministres du FLN qui usent et abusent des moyens de l’état pour la campagne électorale" et que Saïd Saadi du RCD " prévoit la fin du régime que sa formation compte accompagner en offrant une alternative". Malheureusement, pour ce dernier, on a, pour le décrédibiliser aux yeux de la majorité des algériens, affublé son parti, le RCD, d’un sobriquet qui ne tient pas du tout la route, à savoir "parti régionaliste". (2) On l’a enfermé dans une espèce de ghetto kabyle dont les frontières ne s’étendent que des "Babor" (3) jusqu’aux Issers, autrement dit une portion insignifiante de l’Algérie. Mais, sachez quand même que son parti est ouvert à tous les Algériens et Algériennes qui se reconnaissent dans sa "ligne éditoriale", malgré cette étiquette qui lui colle à la peau comme un tatouage indélébile. Et, c’est ce qui explique peut-être que l’un de ses dauphins, Ait Hamouda pour ne pas le nommer, s’est adressé aux citoyens venus nombreux l’écouter, en des termes très virulents, lors d’un meeting à Bouzeguène en Kabylie : " Autant je suis profondément algérien, autant je refuse à ce qu’on me refuse ma kabylité". Plus loin encore, il ajoute, à l’encontre de Ouyahia, patron du RND (qui, lui aussi, ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il s’agit de défendre son parti et ses idées), ceci "...qui n’a pas trouvé mieux que de ramener la loi sur la généralisation de la langue arabe". Ainsi donc les débats ne concernent pas uniquement ce qu’il y a lieu de faire sur le plan économique pour sortir l’Algérie de son sous-développement chronique, comme on a tendance à le faire croire, mais ça concerne aussi l’une des composantes principales de notre personnalité à savoir l’utilisation, dans nos rapports quotidiens de travail et de communication et dans l’enseignement de nos enfants, de la langue Amazigh. A moins que je n’aie pas bien saisi le sens de cette intervention de Ait Hamoud ou que la presse l’ait mal rapportée. En tout cas, personnellement, je crois que ces élections législatives sont une occasion pour mettre "la question" sur la table et d’en débattre sereinement. La Kabylie a assez souffert des incohérences des uns et des autres et des interventions intempestives (pour ne pas dire autre chose) de nos pouvoirs publics. Avouez qu’avec de tels propos, les débats ne peuvent être que passionnants et on aimerait bien que ça se prolonge. Malheureusement que, comme chaque chose a une fin, c’est presque la fin de cette campagne électorale et si pour les uns les carottes sont déjà cuites c’est aussi, à coups sûrs, la fin des haricots pour tant d’autres : les micro partis et les "indépendants".(1) Programme du RND.(2) Ce qui arrange et le pouvoir et certains partis politiques dits démocratiques. A commencer par son frère ennemi, le FFS qui a, lui aussi, pignon sur rue dans cette région de Kabylie. Mais, ce dernier, du fait de sa politique systématique de boycott, a déjà perdu pas mal de sympathisants et même ses responsables doutent sérieusement de la capacité de leur parti à remobiliser les foules au cas où son leader reviendrait à de meilleurs sentiments et accepterait de participer à d’autres échéances électorales. La politique de la chaise vide toujours prônée par le leader charismatique du FFS a sérieusement ébranlé les convictions des uns et des autres au sein de cette formation politique. On n’en est pas loin de la dissidence d’ailleurs !(3) Chaîne de montagnes de la petite Kabylie.
Algérie : les députés et les dépités.
Charmés, subjugués par la campagne électorale de la présidentielle française, nous avons oublié que, sous notre ciel, dans quelques jours, se tiendront également nos propres élections législatives. En fait, si notre campagne électorale n’emballe personne, c’est certainement à cause du manque de punch, de dynamisme et du savoir communicationnel, toutes choses qui caractérisent la plupart de nos partis politiques en lice.
Et ils sont nombreux. Pas moins de vingt-quatre partis politiques ! Une précision de taille s’impose cependant : la plupart d’entre eux étaient en hibernation depuis... Euh... non, je ne vous le dis pas parce que rien que le fait d’évoquer ça, je ressens une chaleur et une rougeur sur mon visage. De honte. De honte de dire que ces partis "boulitiques" et boulimiques se sont brusquement réveillés parce que terrassées par la faim et ils ont senti l’odeur de la bouffe qui provient des cuisines de la République pétrolière.
A cela, il faut ajouter aussi les innombrables candidats indépendants qui semblent, et c’est le moins que l’on puisse dire, donner des coups de bâtons sur une eau stagnante et saumâtre : ça ne crée pas de vagues et ça soulève des odeurs de fric que ceux-ci pensent engranger une fois élus. Il est clair et net que les candidats, qui se présentent aux élections en rang dispersé, en "indépendants" comme ils aiment bien à se définir, c’est-à-dire sans qu’ils soient affiliés à un quelconque parti politique ni soutenu par une "famille révolutionnaire" ou un truc de ce genre, ne le font que par "affairisme". De ces candidats, c’est clair aussi, la plèbe n’attend et n’espère rien de particulier et il est donc compréhensible que celle-ci les ignore complètement, ne faisant même pas mine d’écouter leurs discours ronronnants. A la radio, à la télévision ou dans des meetings improvisés à la hâte et qui n’attirent pas grand monde (à l’exception de quelques badauds emmenés par bus entiers des villages environnants et dont le seul souci est de faire une virée en ville aux frais du prince d’un jour) personne ne semble s’y intéresser. Et il n’est pas rare de surprendre des gens, dans la rue ou dans les cafés, discutant à bâtons rompus du dernier duel télévisé de... Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Ainsi donc, ce qui se passe ailleurs, en France précisément, est-il plus captivant que ce qui se passe dans le Douar d’à côté nonobstant la venue d’une grosse pointure de la politique tel Saïd Saadi du RCD ou Louiza Hanoune du PT (parti des travailleurs), par exemple.
En fait, j’ai cité ces deux personnalités, tous deux chefs de partis politiques, car ce sont les seuls qui émergent du lot et qui proposent des choses intéressantes sans démagogie ni forfanterie. Hormis ces deux lascars de la politique, le reste, tout le reste des candidats ne fait que répéter à satiété, parfois jusqu’à la nausée même, des promesses, toujours des promesses, qui seront impossibles à tenir ultérieurement. Au cas où..., évidemment.
Même la presse, ces derniers temps, n’évoque ces élections que pour signaler la morosité et la monotonie de la campagne et le manque d’intéressement de la part des citoyens c’est-à-dire des électeurs.
Quant aux partis politiques qui sont bien structurés, bien ancrés dans la société aussi et qui font partie déjà de la coalition gouvernementale (FLN, RND et HMS), ils sont déjà certains de rafler la mise dans un ordre chronologique et à des pourcentages tels qu’ils n’est pas exagéré de dire que les dés sont déjà jetés et les jeux faits. Le gâteau est déjà partagé en tranches inégales, certes, selon l’appétit des uns et des autres, et la question qui reste à régler est : qui va s’emparer de la cerise qui orne le gâteau ? En d’autres termes, qui aura la majorité parlementaire ? Le parti FLN, qui continue, plus de quarante ans après l’indépendance, de jouer sur la fibre révolutionnaire des Algériens, le "bébé moustachu" (c’est comme ça qu’on appelait le RND au moment de sa création, en 1995) ou le frère ennemi du défunt FIS ? Ceci pour l’humour.
Trêve de plaisanterie car la situation n’est pas si cocasse qu’on pourrait l’imaginer et mérite d’être analysée avec rigueur et sérieux.
Je disais donc que mis à part les deux candidats cités ci-dessus et les partis de l’alliance gouvernementale, les autres, tous les autres, micropartis et candidats "indépendants", ne sont là que pour amuser la galerie. Mais, ce qui est quand même étonnant c’est qu’ils se prennent eux-mêmes au sérieux à tel point qu’ils promettent monts et merveilles sans ciller. Et, à force de promettre, ils perdent, forcément, toute crédibilité aux yeux des citoyens pas du tout cons que nous sommes. De cela, ils ne se rendent peut-être pas compte ou, en hommes avisés tout de même, feignent tout simplement de l’ignorer. Dans une campagne électorale, tous les coups sont permis, doivent-ils se dire probablement, la fin justifiant les moyens c’est-à-dire les discours démagogiques ..
Et ils sont nombreux. Pas moins de vingt-quatre partis politiques ! Une précision de taille s’impose cependant : la plupart d’entre eux étaient en hibernation depuis... Euh... non, je ne vous le dis pas parce que rien que le fait d’évoquer ça, je ressens une chaleur et une rougeur sur mon visage. De honte. De honte de dire que ces partis "boulitiques" et boulimiques se sont brusquement réveillés parce que terrassées par la faim et ils ont senti l’odeur de la bouffe qui provient des cuisines de la République pétrolière.
A cela, il faut ajouter aussi les innombrables candidats indépendants qui semblent, et c’est le moins que l’on puisse dire, donner des coups de bâtons sur une eau stagnante et saumâtre : ça ne crée pas de vagues et ça soulève des odeurs de fric que ceux-ci pensent engranger une fois élus. Il est clair et net que les candidats, qui se présentent aux élections en rang dispersé, en "indépendants" comme ils aiment bien à se définir, c’est-à-dire sans qu’ils soient affiliés à un quelconque parti politique ni soutenu par une "famille révolutionnaire" ou un truc de ce genre, ne le font que par "affairisme". De ces candidats, c’est clair aussi, la plèbe n’attend et n’espère rien de particulier et il est donc compréhensible que celle-ci les ignore complètement, ne faisant même pas mine d’écouter leurs discours ronronnants. A la radio, à la télévision ou dans des meetings improvisés à la hâte et qui n’attirent pas grand monde (à l’exception de quelques badauds emmenés par bus entiers des villages environnants et dont le seul souci est de faire une virée en ville aux frais du prince d’un jour) personne ne semble s’y intéresser. Et il n’est pas rare de surprendre des gens, dans la rue ou dans les cafés, discutant à bâtons rompus du dernier duel télévisé de... Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Ainsi donc, ce qui se passe ailleurs, en France précisément, est-il plus captivant que ce qui se passe dans le Douar d’à côté nonobstant la venue d’une grosse pointure de la politique tel Saïd Saadi du RCD ou Louiza Hanoune du PT (parti des travailleurs), par exemple.
En fait, j’ai cité ces deux personnalités, tous deux chefs de partis politiques, car ce sont les seuls qui émergent du lot et qui proposent des choses intéressantes sans démagogie ni forfanterie. Hormis ces deux lascars de la politique, le reste, tout le reste des candidats ne fait que répéter à satiété, parfois jusqu’à la nausée même, des promesses, toujours des promesses, qui seront impossibles à tenir ultérieurement. Au cas où..., évidemment.
Même la presse, ces derniers temps, n’évoque ces élections que pour signaler la morosité et la monotonie de la campagne et le manque d’intéressement de la part des citoyens c’est-à-dire des électeurs.
Quant aux partis politiques qui sont bien structurés, bien ancrés dans la société aussi et qui font partie déjà de la coalition gouvernementale (FLN, RND et HMS), ils sont déjà certains de rafler la mise dans un ordre chronologique et à des pourcentages tels qu’ils n’est pas exagéré de dire que les dés sont déjà jetés et les jeux faits. Le gâteau est déjà partagé en tranches inégales, certes, selon l’appétit des uns et des autres, et la question qui reste à régler est : qui va s’emparer de la cerise qui orne le gâteau ? En d’autres termes, qui aura la majorité parlementaire ? Le parti FLN, qui continue, plus de quarante ans après l’indépendance, de jouer sur la fibre révolutionnaire des Algériens, le "bébé moustachu" (c’est comme ça qu’on appelait le RND au moment de sa création, en 1995) ou le frère ennemi du défunt FIS ? Ceci pour l’humour.
Trêve de plaisanterie car la situation n’est pas si cocasse qu’on pourrait l’imaginer et mérite d’être analysée avec rigueur et sérieux.
Je disais donc que mis à part les deux candidats cités ci-dessus et les partis de l’alliance gouvernementale, les autres, tous les autres, micropartis et candidats "indépendants", ne sont là que pour amuser la galerie. Mais, ce qui est quand même étonnant c’est qu’ils se prennent eux-mêmes au sérieux à tel point qu’ils promettent monts et merveilles sans ciller. Et, à force de promettre, ils perdent, forcément, toute crédibilité aux yeux des citoyens pas du tout cons que nous sommes. De cela, ils ne se rendent peut-être pas compte ou, en hommes avisés tout de même, feignent tout simplement de l’ignorer. Dans une campagne électorale, tous les coups sont permis, doivent-ils se dire probablement, la fin justifiant les moyens c’est-à-dire les discours démagogiques ..
dimanche 20 mai 2007
Algérie : pourquoi les algériens n’ont-ils pas voté massivement ?
Par quel bout devrais-je prendre la question pour pouvoir vous donner une réponse, un éclairage, disons un semblant d’analyse politique sur ce qui s’est passé, en Algérie, ce 17 mai ? En effet la question est plus que pertinente. De ce fait, elle mérite une réponse tout aussi pertinente. Chose à laquelle, j’essaierais de m’atteler avec plus ou moins d’audace et plus ou moins de bonheur. Bonheur que l’Algérie s’achemine vaille que vaille vers la démocratie véritable.
Pour commencer, disons que j’ai beau lire et relire les comptes rendus de la presse d’aujourd’hui mais, c’est le même constat qui revient sur toutes les "Unes". Dans leur grande majorité, les algériennes et les algériens ont boudé, cette fois-ci, les urnes. De mémoire d’homme jamais des élections législatives ou autres n’ont connu un aussi fort taux d’abstention. Ce qui fait dire au "Soir d’Algérie" que "l’abstention l’emporte" et j’ajouterais personnellement... de fort belle manière puisque le taux d’abstention est, tenez-vous bien, de 64%. A vrai dire ce chiffre record, jamais vu même dans les pays les plus démocratiques, était quelque peu attendu par tous ceux qui avaient suivi les débats plus que stériles, j’ose encore le dire, de la classe politique toutes tendances confondues (à l’exception du RCD et du PT) lors de la campagne électorale. Et, rassurez-vous, ceci n’a rien à voir avec les appels au boycott de certains partis politiques ni du GSPC. Ce n’est pas non plus la peur des attentats kamikazes qui auraient pu avoir lieu au niveau des bureaux de vote qui les a fait renoncer à aller exercer leur devoir de citoyens. Bien au contraire, sur le plan sécuritaire, jamais Alger (et ses environs) pour ne citer que cette ville n’a bénéficié d’autant de renfort en policiers et autres services de sécurité. A tel point qu’Alger la blanche était devenue bleue ! Les policiers, dès la veille des élections, étaient postés un peu partout aux alentours des écoles où devaient avoir lieu le vote et même devant chaque institution de l’état, enfin devant tout symbole qui risquerait d’être la cible d’éventuelles attaques terroristes.
En fait, la raison de ce manque d’engouement, d’enthousiasme à ces élections est simple. Tous les Algériens ou presque, en particulier les jeunes, ont estimé, en leurs âmes et consciences, que, ne pas voter du tout est aussi un droit. Et ils se sont arrangés à appliquer pleinement ce droit. De leur propre chef. Qui pourra le leur dénier, ce droit, ou leur reprocher quoi que ce soit ?
Les algériens n’ont pas été aux urnes pour des raisons claires et nettes : ils n’ont pas voté parce qu’ils pensent ni plus ni moins que le changement de l’APN (assemblée populaire nationale) n’induit pas automatiquement un changement dans leur vie de tous les jours. C’est aussi simple que cela. Les abstentionnistes ont donc fait un tabac ! Et ça ne surprend personne.
Sauf peut-être le pouvoir en place qui trouve, comme toujours d’ailleurs, une parade, une échappatoire pour expliquer à sa manière le pourquoi de la chose : "la forte abstention est une preuve de maturité politique" a dit le ministre de l’intérieur et des collectivités locales. Effectivement, le ministre Yazid Zerhouni a tout à fait raison de dire cela. Les algériens sont maintenant mûrs. Pour la démocratie. Pour la liberté d’expression. Pour la liberté de ne pas voter. Pour la liberté de mettre un bulletin blanc donc nul dans l’enveloppe avant de foutre cette dernière dans l’urne. Fini le temps des "béni oui oui". Fini le temps où la pilule, même d’un goût très amer, est avalée quand même. Sans discussion aucune. Le "Non" fait désormais partie de notre vocabulaire et nous nous en réjouissons qu’il soit ainsi. Nous nous en réjouissons jusqu’à l’extase ! Jusqu’au nirvana. Car en démocratie, la vraie et non pas celle de façade à laquelle on nous a habitué, le "Non" doit pouvoir faire bon ménage avec le "Oui".
Les algériens savent maintenant faire la différence entre le bon grain et l’ivraie. Entre le "Oui" et le "Non". Ils savent aussi être indifférents. Vis-à-vis des urnes. Vis-à-vis des hommes politiques. Et c’est ce qu’ils ont fait ce jeudi 17 mai. Ils ont été indifférents. Tout simplement et tout bêtement. Les urnes n’étaient même pas le cadet de leur souci et s’ils sont sortis, le soir de ce jeudi 17 mai, dans une sorte de liesse populaire c’était pour fêter la coupe arabe emportée par l’aigle noir et blanc des hauts plateaux.
Mais, n’oublions pas aussi le 1/3 des algériens qui ont voté. Pour les partis ou les listes électorales de leur choix. Ils étaient, eux aussi, libres. Personne n’a entravé leur action. Personne ne s’est mis au travers de leur chemin vers les urnes. Il n’ y a pas eu de fraude massive tant redoutée. Pour une fois, les urnes n’ont pas été bourrées. Et ceci est à l’honneur du pouvoir qui a organisé ces élections. Pour une fois donc, on peut dire que nos élections ont été "honnêtes, transparentes et libres" même s’il y a eu quelques ratés ici et là.
Au diable alors les "64% d’abstention". L’Algérie est sortie grandie de ces élections et c’est ce qui compte le plus !
Pour commencer, disons que j’ai beau lire et relire les comptes rendus de la presse d’aujourd’hui mais, c’est le même constat qui revient sur toutes les "Unes". Dans leur grande majorité, les algériennes et les algériens ont boudé, cette fois-ci, les urnes. De mémoire d’homme jamais des élections législatives ou autres n’ont connu un aussi fort taux d’abstention. Ce qui fait dire au "Soir d’Algérie" que "l’abstention l’emporte" et j’ajouterais personnellement... de fort belle manière puisque le taux d’abstention est, tenez-vous bien, de 64%. A vrai dire ce chiffre record, jamais vu même dans les pays les plus démocratiques, était quelque peu attendu par tous ceux qui avaient suivi les débats plus que stériles, j’ose encore le dire, de la classe politique toutes tendances confondues (à l’exception du RCD et du PT) lors de la campagne électorale. Et, rassurez-vous, ceci n’a rien à voir avec les appels au boycott de certains partis politiques ni du GSPC. Ce n’est pas non plus la peur des attentats kamikazes qui auraient pu avoir lieu au niveau des bureaux de vote qui les a fait renoncer à aller exercer leur devoir de citoyens. Bien au contraire, sur le plan sécuritaire, jamais Alger (et ses environs) pour ne citer que cette ville n’a bénéficié d’autant de renfort en policiers et autres services de sécurité. A tel point qu’Alger la blanche était devenue bleue ! Les policiers, dès la veille des élections, étaient postés un peu partout aux alentours des écoles où devaient avoir lieu le vote et même devant chaque institution de l’état, enfin devant tout symbole qui risquerait d’être la cible d’éventuelles attaques terroristes.
En fait, la raison de ce manque d’engouement, d’enthousiasme à ces élections est simple. Tous les Algériens ou presque, en particulier les jeunes, ont estimé, en leurs âmes et consciences, que, ne pas voter du tout est aussi un droit. Et ils se sont arrangés à appliquer pleinement ce droit. De leur propre chef. Qui pourra le leur dénier, ce droit, ou leur reprocher quoi que ce soit ?
Les algériens n’ont pas été aux urnes pour des raisons claires et nettes : ils n’ont pas voté parce qu’ils pensent ni plus ni moins que le changement de l’APN (assemblée populaire nationale) n’induit pas automatiquement un changement dans leur vie de tous les jours. C’est aussi simple que cela. Les abstentionnistes ont donc fait un tabac ! Et ça ne surprend personne.
Sauf peut-être le pouvoir en place qui trouve, comme toujours d’ailleurs, une parade, une échappatoire pour expliquer à sa manière le pourquoi de la chose : "la forte abstention est une preuve de maturité politique" a dit le ministre de l’intérieur et des collectivités locales. Effectivement, le ministre Yazid Zerhouni a tout à fait raison de dire cela. Les algériens sont maintenant mûrs. Pour la démocratie. Pour la liberté d’expression. Pour la liberté de ne pas voter. Pour la liberté de mettre un bulletin blanc donc nul dans l’enveloppe avant de foutre cette dernière dans l’urne. Fini le temps des "béni oui oui". Fini le temps où la pilule, même d’un goût très amer, est avalée quand même. Sans discussion aucune. Le "Non" fait désormais partie de notre vocabulaire et nous nous en réjouissons qu’il soit ainsi. Nous nous en réjouissons jusqu’à l’extase ! Jusqu’au nirvana. Car en démocratie, la vraie et non pas celle de façade à laquelle on nous a habitué, le "Non" doit pouvoir faire bon ménage avec le "Oui".
Les algériens savent maintenant faire la différence entre le bon grain et l’ivraie. Entre le "Oui" et le "Non". Ils savent aussi être indifférents. Vis-à-vis des urnes. Vis-à-vis des hommes politiques. Et c’est ce qu’ils ont fait ce jeudi 17 mai. Ils ont été indifférents. Tout simplement et tout bêtement. Les urnes n’étaient même pas le cadet de leur souci et s’ils sont sortis, le soir de ce jeudi 17 mai, dans une sorte de liesse populaire c’était pour fêter la coupe arabe emportée par l’aigle noir et blanc des hauts plateaux.
Mais, n’oublions pas aussi le 1/3 des algériens qui ont voté. Pour les partis ou les listes électorales de leur choix. Ils étaient, eux aussi, libres. Personne n’a entravé leur action. Personne ne s’est mis au travers de leur chemin vers les urnes. Il n’ y a pas eu de fraude massive tant redoutée. Pour une fois, les urnes n’ont pas été bourrées. Et ceci est à l’honneur du pouvoir qui a organisé ces élections. Pour une fois donc, on peut dire que nos élections ont été "honnêtes, transparentes et libres" même s’il y a eu quelques ratés ici et là.
Au diable alors les "64% d’abstention". L’Algérie est sortie grandie de ces élections et c’est ce qui compte le plus !
vendredi 18 mai 2007
La Turquie à la croisée des chemins

Ce matin, en prenant livraison de mon canard préféré, "Le Soir d’Algérie", j’ai été ravi de découvrir que le titre étalé en gros caractères sur la "Une" ressemblait à s’y méprendre au mien, celui de mon dernier article sur agora vox: Marche turque et le terrorisme islamiste.
En effet, le titre de cet article du "Soir d’Algérie" est "marche géante à Istanbul. Autrement dit une "Marche turque" sur fond d’islamisme qui veut s’imposer par...les urnes. Sur la page intérieure du "Soir d’Algérie" l’on apprend que "plus d’un million de personnes ont manifesté hier à Istanbul en faveur de la laïcité..." Cela ne vous rappelle-t-il rien ? A moi, si. Et c’est pour cette raison-là d’ailleurs que j’ai donné libre cours à mon écholalie. Il y a une similitude frappante entre ce qui s’est passé, au début des années 90, en Algérie et ce qui se passe actuellement en Turquie. A dire que les pays musulmans sont frappés de malédictions. Rappelez-vous des années 90 et des fameux rassemblements dans les places publiques d’Alger des sympathisants du FIS. A la différence que ceux-ci voulaient s’emparer du pouvoir et établir un état théocratique. La laïcité, la démocratie, la séparation du spirituel du temporel tout cela n’était que des concepts occidentaux et donc par définition "Kofr". (1) Dans mon article, je parlais du terrorisme islamiste algérien qui ne veut pas abdiquer malgré la réconciliation nationale qui ne proposait ni plus ni moins que de passer l’éponge sur tous les crimes commis par ces sanguinaires sans foi ni loi. Là, par contre, il s’agit apparemment d’un bras de fer entre l’état major de l’armée turque et le "gouvernement islamo conservateur" qui refuse de retirer la candidature à la présidentielle de "son ancien chef de la diplomatie Abdullah Gǔl". Ce dernier l’a fait savoir d’ailleurs d’une façon claire et nette. « Il est hors de question que je retire ma candidature d’une façon ou d’une autre », a-t-il dit. C’est ce qui s’apparente, dans notre jargon algérois, à la formule « dezzou mâahoum », poussez avec eux ! En sortant manifester massivement, les turcs entendent montrer à l’Europe et au reste du monde qu’ils tiennent à la laïcité comme ils tiennent à la prunelle de leurs yeux. Ils ont raison de le faire car l’intrusion de la religion dans le domaine politique... on sait ce que ça donne. Du labo algérien, aucune formule magique n’est encore sortie ! Et l’Algérie est encore loin de sortir de l’auberge. Preuve en est les derniers attentats Kamikazes contre le Palais du gouvernement, une citadelle que l’on pensait pourtant imprenable. Le hic dans toute cette affaire, c’est que la Turquie qui fait des mains et des pieds, depuis de nombreuses années, pour entrer dans l’Union Européenne sait pertinemment qu’il y a vingt sept paires d’yeux braqués en permanence sur elle. Les turcs savent aussi que le moindre de leur faux pas en matière des droits de l’homme et de démocratie les disqualifie à tout jamais aux yeux de ces "paires d’yeux". Alors, pourquoi s’entêtent- t-ils à créer des problèmes là où il ne devrait pas y en avoir ? Les hommes politiques turcs, ne se rendent-ils pas compte que cette crise au sommet du pouvoir risque de leur coûter cher ? En agissant ainsi, ne donnent-ils pas, en fait, un argument sérieux à Bruxelles, contre l’adhésion de leur pays à l’Union ? Il est vrai que pour Bruxelles l’armée ne devrait en aucun cas intervenir dans ce problème qui est d’essence purement politique. Mais, d’un autre côté, un gouvernement d’essence purement islamo conservatrice sera (ou en tout cas risquera fort bien de constituer) un obstacle majeur à l’adhésion de la Turquie au sein de l’Union européenne. En effet, il n’est pas exagéré de dire que l’opinion publique européenne, qui a déjà, à maintes reprises, manifesté son hostilité à cette perspective, aura plus d’influence sur le cours des évènements cette fois-ci. Ainsi donc la Turquie se trouve actuellement à la croisée des chemins pour ne pas dire devant un dilemme : si proche de la source mais, apparemment, quelqu’un de malintentionné a dû empoisonner l’eau. Comme en Algérie, en 1992, l’armée turque va peut-être intervenir pour arrêter un processus électoral dont personne, du moins sous sa forme actuelle c’est-à-dire avec le candidat que l’on sait, ne semble en vouloir.
(1) Kofr = incroyance.
En effet, le titre de cet article du "Soir d’Algérie" est "marche géante à Istanbul. Autrement dit une "Marche turque" sur fond d’islamisme qui veut s’imposer par...les urnes. Sur la page intérieure du "Soir d’Algérie" l’on apprend que "plus d’un million de personnes ont manifesté hier à Istanbul en faveur de la laïcité..." Cela ne vous rappelle-t-il rien ? A moi, si. Et c’est pour cette raison-là d’ailleurs que j’ai donné libre cours à mon écholalie. Il y a une similitude frappante entre ce qui s’est passé, au début des années 90, en Algérie et ce qui se passe actuellement en Turquie. A dire que les pays musulmans sont frappés de malédictions. Rappelez-vous des années 90 et des fameux rassemblements dans les places publiques d’Alger des sympathisants du FIS. A la différence que ceux-ci voulaient s’emparer du pouvoir et établir un état théocratique. La laïcité, la démocratie, la séparation du spirituel du temporel tout cela n’était que des concepts occidentaux et donc par définition "Kofr". (1) Dans mon article, je parlais du terrorisme islamiste algérien qui ne veut pas abdiquer malgré la réconciliation nationale qui ne proposait ni plus ni moins que de passer l’éponge sur tous les crimes commis par ces sanguinaires sans foi ni loi. Là, par contre, il s’agit apparemment d’un bras de fer entre l’état major de l’armée turque et le "gouvernement islamo conservateur" qui refuse de retirer la candidature à la présidentielle de "son ancien chef de la diplomatie Abdullah Gǔl". Ce dernier l’a fait savoir d’ailleurs d’une façon claire et nette. « Il est hors de question que je retire ma candidature d’une façon ou d’une autre », a-t-il dit. C’est ce qui s’apparente, dans notre jargon algérois, à la formule « dezzou mâahoum », poussez avec eux ! En sortant manifester massivement, les turcs entendent montrer à l’Europe et au reste du monde qu’ils tiennent à la laïcité comme ils tiennent à la prunelle de leurs yeux. Ils ont raison de le faire car l’intrusion de la religion dans le domaine politique... on sait ce que ça donne. Du labo algérien, aucune formule magique n’est encore sortie ! Et l’Algérie est encore loin de sortir de l’auberge. Preuve en est les derniers attentats Kamikazes contre le Palais du gouvernement, une citadelle que l’on pensait pourtant imprenable. Le hic dans toute cette affaire, c’est que la Turquie qui fait des mains et des pieds, depuis de nombreuses années, pour entrer dans l’Union Européenne sait pertinemment qu’il y a vingt sept paires d’yeux braqués en permanence sur elle. Les turcs savent aussi que le moindre de leur faux pas en matière des droits de l’homme et de démocratie les disqualifie à tout jamais aux yeux de ces "paires d’yeux". Alors, pourquoi s’entêtent- t-ils à créer des problèmes là où il ne devrait pas y en avoir ? Les hommes politiques turcs, ne se rendent-ils pas compte que cette crise au sommet du pouvoir risque de leur coûter cher ? En agissant ainsi, ne donnent-ils pas, en fait, un argument sérieux à Bruxelles, contre l’adhésion de leur pays à l’Union ? Il est vrai que pour Bruxelles l’armée ne devrait en aucun cas intervenir dans ce problème qui est d’essence purement politique. Mais, d’un autre côté, un gouvernement d’essence purement islamo conservatrice sera (ou en tout cas risquera fort bien de constituer) un obstacle majeur à l’adhésion de la Turquie au sein de l’Union européenne. En effet, il n’est pas exagéré de dire que l’opinion publique européenne, qui a déjà, à maintes reprises, manifesté son hostilité à cette perspective, aura plus d’influence sur le cours des évènements cette fois-ci. Ainsi donc la Turquie se trouve actuellement à la croisée des chemins pour ne pas dire devant un dilemme : si proche de la source mais, apparemment, quelqu’un de malintentionné a dû empoisonner l’eau. Comme en Algérie, en 1992, l’armée turque va peut-être intervenir pour arrêter un processus électoral dont personne, du moins sous sa forme actuelle c’est-à-dire avec le candidat que l’on sait, ne semble en vouloir.
(1) Kofr = incroyance.
lundi 14 mai 2007
Les "Harraga" et le Radeau de la Méduse
Il y a des mots d’origine algérienne qui, à force d’être galvaudés, à force d’être utilisés par les uns et les autres, finissent par s’imposer dans les écrits journalistiques (1) et littéraires (2) .Tels les mots "hittiste" et "harraga", par exemple.
Le premier mot décrit, d’une façon on ne peut plus claire, les jeunes chômeurs des pays du Maghreb qui, à longueur de jour et d’année, tiennent les murs. Pas par oisiveté ni par fainéantise non plus, mais par manque de travail et de débouchés pour les jeunes diplômés dans des pays où pourtant tout reste à faire ! Le second terme, lui, désigne toujours ces mêmes jeunes qui, un beau jour,
décident de laisser tomber les murs et, prenant leurs balluchons, vont, non pas par des routes sinueuses et poussiéreuses mais en surfant sur les vagues le cap droit vers le nord, brûler les frontières de l’Europe. Retenez donc bien ces deux mots. Je donne ma langue au chat que, tôt ou tard, ces mots auront leur place dans le petit Robert. Si ce n’est pas déjà fait. Et nous serons ainsi fiers, nous autres Algériens, d’avoir contribué à l’enrichissement sémantique de la langue française. Un "butin de guerre" se doit d’être entretenu et enrichi, n’est-ce pas ?
Aujourd’hui donc, j’ai envie de vous parler de cette race d’Algériens qui ne craint rien.
En effet, ces derniers temps, en Algérie, le nombre de "harraga" qui ratent leur coup est en augmentation. Chaque jour que Dieu fait, la presse en rapporte des cas. Et ça concerne des Algériens de plus en plus jeunes. De plus, avec l’arrestation, la semaine dernière, par les services de la gendarmerie d’Annaba, d’une jeune fille parmi les candidats malheureux à l’émigration clandestine, on aura tout vu. Mais, ce phénomène ne semble pas inquiéter outre mesure nos pouvoirs publics. Bien sûr que les services de la PAF font tout pour les arrêter. Ils sont tout le temps aux aguets. Et d’une extrême vigilance. Et, rares sont les "harraga" qui arrivent à tromper cette vigilance et qui réussissent à dépasser les eaux territoriales algériennes et à atteindre leur but, les côtes espagnoles du côté de l’ouest, la Sicile ou la Sardaigne du côté de l’est. Pour plusieurs raisons. A commencer d’abord par la vétusté des embarcations utilisées qui tombent souvent en panne, à quelques kilomètres de la côte. Ce qui, évidemment, ne peut qu’entraîner la panique générale. En tout cas, c’est ce que tout un chacun pourrait aisément imaginer. Une panne de moteur en pleine mer ! Les "harraga", ne pouvant plus compter que sur leurs bras, deviennent alors des galériens au sens propre du mot. Ils rament jusqu’à l’épuisement total sans savoir où le destin les conduira. Avec un peu de chance et un peu de clémence de la grande bleue, ils seront peut-être récupérés par un paquebot de passage. Ou par les gardes-côtes. Et alors là, leur rêve d’atteindre l’Eldorado occidental s’évapore comme l’eau de mer par 40° de température, et ils auront largement le temps de méditer longtemps, dans une cellule d’à peine 3m2, les raisons de l’échec de leur tentative. D’autres, moins chanceux, seront rejetés par la mer dans un état de décomposition avancé ou serviront de nourriture aux "dents de la mer". De ce danger, n’en doutons pas, les "Harraga" en sont conscients. Ils savent que les chances, leurs chances d’atteindre la rive nord, occidentale, de la Méditerranée sont pratiquement réduites à zéro, mais ils tentent le coup quand même. Par courage ? Par témérité ? Non, plutôt par désespoir ! Puisque de toute façon, ces jeunes-là, devant le chômage, la misère, le manque de perspective, enfin en un mot devant la mal vie dans une Algérie que l’on dit pourtant prospère, estiment bien qu’ils sont déjà morts. Et un mort, économiquement et socialement parlant, ne craint pas la mort. Voilà pourquoi, certains d’entre eux n’hésitent pas récidiver dans cette aventure périlleuse et à retenter le coup dès que les conditions le leur permettent.
Et, par condition, je n’entends pas uniquement " les conditions météorologiques", que la mer soit d’un calme plat pour que les "Harraga" remettent à flot leurs embarcations. Non, les "Harraga" qui se jettent à l’eau, au sens propre et au sens figuré, ont d’autres jugements de valeur quant à ces conditions. Et les conditions actuelles, nul ne peut le nier, sont plus que jamais favorables à une émigration clandestine. L’arrivée au pouvoir, quasi certaine maintenant, de la droite, en France, n’augure rien de bon pour nous autres Maghrébins. Les visas d’entrée dans l’espace Schengen, qui ne sont déjà distribués qu’avec parcimonie, risquent, dans un proche avenir, de ne plus l’être du tout.
Alors, comment ne pas comprendre, dans ces conditions-là, le défi lancé par nos jeunes à la face du monde de traverser la Méditerranée sur un radeau ?
On dit que "l’Histoire ne se répète pas". C’est peut-être vrai. L’Histoire suit son bonhomme de chemin sans s’arrêter. Pourtant, elle n’ignore pas les grandes dates historiques qui s’ancrent de façon définitive dans la mémoire collective d’un peuple. Le 2 mai 2007 en sera certainement une dans l’histoire de la France. De ce fait, la France, qu’elle soit de gauche ou de droite ne devrait pas oublier ses engagements d’avec les pays de la rive sud de la méditerranée. Faute de quoi gageons que la rive nord de la Méditerranée se réveillera, un de ces quatre, au vacarme des radeaux qui viendront se briser sur les rochers de Sète et de Marseille.
(1) Le "Soir d’Algérie" rapporte dans son édition du 22 04 07 le cas de deux "Harraga" dont l’un est mort, " noyé au niveau d’un des quais du port de Annaba". L’autre, par contre, a été secouru par la protection civile et ce après avoir fait une chute en essayant de monter à bord d’un céréalier russe.
(2) L’écrivain algérien Boualem Sansal a déjà écrit un livre portant le titre de Harraga.
Le premier mot décrit, d’une façon on ne peut plus claire, les jeunes chômeurs des pays du Maghreb qui, à longueur de jour et d’année, tiennent les murs. Pas par oisiveté ni par fainéantise non plus, mais par manque de travail et de débouchés pour les jeunes diplômés dans des pays où pourtant tout reste à faire ! Le second terme, lui, désigne toujours ces mêmes jeunes qui, un beau jour,
décident de laisser tomber les murs et, prenant leurs balluchons, vont, non pas par des routes sinueuses et poussiéreuses mais en surfant sur les vagues le cap droit vers le nord, brûler les frontières de l’Europe. Retenez donc bien ces deux mots. Je donne ma langue au chat que, tôt ou tard, ces mots auront leur place dans le petit Robert. Si ce n’est pas déjà fait. Et nous serons ainsi fiers, nous autres Algériens, d’avoir contribué à l’enrichissement sémantique de la langue française. Un "butin de guerre" se doit d’être entretenu et enrichi, n’est-ce pas ?Aujourd’hui donc, j’ai envie de vous parler de cette race d’Algériens qui ne craint rien.
En effet, ces derniers temps, en Algérie, le nombre de "harraga" qui ratent leur coup est en augmentation. Chaque jour que Dieu fait, la presse en rapporte des cas. Et ça concerne des Algériens de plus en plus jeunes. De plus, avec l’arrestation, la semaine dernière, par les services de la gendarmerie d’Annaba, d’une jeune fille parmi les candidats malheureux à l’émigration clandestine, on aura tout vu. Mais, ce phénomène ne semble pas inquiéter outre mesure nos pouvoirs publics. Bien sûr que les services de la PAF font tout pour les arrêter. Ils sont tout le temps aux aguets. Et d’une extrême vigilance. Et, rares sont les "harraga" qui arrivent à tromper cette vigilance et qui réussissent à dépasser les eaux territoriales algériennes et à atteindre leur but, les côtes espagnoles du côté de l’ouest, la Sicile ou la Sardaigne du côté de l’est. Pour plusieurs raisons. A commencer d’abord par la vétusté des embarcations utilisées qui tombent souvent en panne, à quelques kilomètres de la côte. Ce qui, évidemment, ne peut qu’entraîner la panique générale. En tout cas, c’est ce que tout un chacun pourrait aisément imaginer. Une panne de moteur en pleine mer ! Les "harraga", ne pouvant plus compter que sur leurs bras, deviennent alors des galériens au sens propre du mot. Ils rament jusqu’à l’épuisement total sans savoir où le destin les conduira. Avec un peu de chance et un peu de clémence de la grande bleue, ils seront peut-être récupérés par un paquebot de passage. Ou par les gardes-côtes. Et alors là, leur rêve d’atteindre l’Eldorado occidental s’évapore comme l’eau de mer par 40° de température, et ils auront largement le temps de méditer longtemps, dans une cellule d’à peine 3m2, les raisons de l’échec de leur tentative. D’autres, moins chanceux, seront rejetés par la mer dans un état de décomposition avancé ou serviront de nourriture aux "dents de la mer". De ce danger, n’en doutons pas, les "Harraga" en sont conscients. Ils savent que les chances, leurs chances d’atteindre la rive nord, occidentale, de la Méditerranée sont pratiquement réduites à zéro, mais ils tentent le coup quand même. Par courage ? Par témérité ? Non, plutôt par désespoir ! Puisque de toute façon, ces jeunes-là, devant le chômage, la misère, le manque de perspective, enfin en un mot devant la mal vie dans une Algérie que l’on dit pourtant prospère, estiment bien qu’ils sont déjà morts. Et un mort, économiquement et socialement parlant, ne craint pas la mort. Voilà pourquoi, certains d’entre eux n’hésitent pas récidiver dans cette aventure périlleuse et à retenter le coup dès que les conditions le leur permettent.
Et, par condition, je n’entends pas uniquement " les conditions météorologiques", que la mer soit d’un calme plat pour que les "Harraga" remettent à flot leurs embarcations. Non, les "Harraga" qui se jettent à l’eau, au sens propre et au sens figuré, ont d’autres jugements de valeur quant à ces conditions. Et les conditions actuelles, nul ne peut le nier, sont plus que jamais favorables à une émigration clandestine. L’arrivée au pouvoir, quasi certaine maintenant, de la droite, en France, n’augure rien de bon pour nous autres Maghrébins. Les visas d’entrée dans l’espace Schengen, qui ne sont déjà distribués qu’avec parcimonie, risquent, dans un proche avenir, de ne plus l’être du tout.
Alors, comment ne pas comprendre, dans ces conditions-là, le défi lancé par nos jeunes à la face du monde de traverser la Méditerranée sur un radeau ?
On dit que "l’Histoire ne se répète pas". C’est peut-être vrai. L’Histoire suit son bonhomme de chemin sans s’arrêter. Pourtant, elle n’ignore pas les grandes dates historiques qui s’ancrent de façon définitive dans la mémoire collective d’un peuple. Le 2 mai 2007 en sera certainement une dans l’histoire de la France. De ce fait, la France, qu’elle soit de gauche ou de droite ne devrait pas oublier ses engagements d’avec les pays de la rive sud de la méditerranée. Faute de quoi gageons que la rive nord de la Méditerranée se réveillera, un de ces quatre, au vacarme des radeaux qui viendront se briser sur les rochers de Sète et de Marseille.
(1) Le "Soir d’Algérie" rapporte dans son édition du 22 04 07 le cas de deux "Harraga" dont l’un est mort, " noyé au niveau d’un des quais du port de Annaba". L’autre, par contre, a été secouru par la protection civile et ce après avoir fait une chute en essayant de monter à bord d’un céréalier russe.
(2) L’écrivain algérien Boualem Sansal a déjà écrit un livre portant le titre de Harraga.
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