lundi 5 février 2018

De la Mecque des révolutionnaires au pays de m... ?



Il y a quelques jours,  quand le président américain Donald Trump avait qualifié certains pays africains de « pays de merde », nous nous sommes offusqués. Beaucoup d’algériens  avaient mal pris la chose et mal digéré cet abject qualificatif tout en croyant ou du moins en espérant au fond d’eux-mêmes que notre pays ne soit pas, dans l’esprit de Donald Trump, dans le même panier que ces pays-là. C’est le moins qu’on puisse dire. Pour une fois, les africains, certes pas dans leur ensemble mais au moins une partie de la classe intellectuelle africaine, ont pris leur courage à deux mains et ont répondu de la plus belle manière au président américain. 
« L'activiste kényan Boniface Mwangi a, par exemple, appelé sur Twitter à « ne pas confondre les dirigeants de merde que nous les Africains élisons, avec notre beau continent ». « Notre continent est le plus béni de tous, mais il a été violé par des impérialistes en collaboration avec nos dirigeants merdiques pendant des générations. »
 Ainsi, pensions-nous, l’honneur des enfants du continent africain est sain et sauf… Sauf qu’en ce qui nous concerne,  il est tout à fait possible que, au vu de ce qui se trame dans les coulisses pour imposer le 5ème mandat,  Donald Trump, avant de lancer ces insanités, avait certainement bel et bien à l’esprit le plus grand pays d’Afrique, l’Algérie en l’occurrence.  Les questions qu’il faut se poser maintenant sont : est-ce qu’un pays comme l’Algérie, un pays qui a connu l’une des plus belles révolutions du monde, mérite cela, c’est-à-dire le fait d’être traité, même de façon allusive, de pays de merde ? Comment en est-on arrivé là ? Où est la Karama, la dignité, des algériens ?  
Un 5ème mandat pour un président gravement malade, grabataire même, en fin de cycle biologique pour rester dans le politiquement correct, est-ce vraiment utile pour l’Algérie ? Nous pensons que non. Ce serait une grave erreur de ne s’en tenir qu’à cette solution. L’Algérie ne manque pas d’hommes très sérieux et très patriotes et qui pensent à l’intérêt général. Pourquoi ne pas prospecter de ce côté-là ? Pourquoi ne pas tenir compte, par exemple, de la dernière proposition faite par Jil jadid et désigner un candidat de consensus qui gérera une période de transition, limitée dans le temps, en attendant de régler de façon définitive et démocratique cette question de  gouvernance par l’organisation d’élections libres et transparentes ?
GHEDIA Aziz, membre fondateur de Jil jadid.    

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