mardi 16 octobre 2007

Patate et...patati et patata.


Après un été caniculaire à cause, particulièrement, des feux de forêts qui se sont déclenchés spontanément ou, pour certains d’autres, provoqués carrément par l’homme (les militaires, paraît-il, pour obliger les derniers "tango" à sortir de leurs tanières) un peu partout à travers le territoire national, l’on assiste à un début de mois de d’octobre plus ou moins clément, sur le plan des températures cela s’entend. A l’intérieur du pays notamment sur les hauts plateaux de l’Est, le moins que l’on puisse dire c’est que les nuits sont carrément fraîches!
Le mois de Ramadan est bien terminé, il est loin derrière nous et pourtant le moral de beaucoup d’entre nous n’est pas encore prêt à affronter les dures journées de labeur qui attendent chacun de nous. En fait, en Algérie, hormis quelques exceptions, personne ne songe à " travailler plus pour gagner plus". Ce concept n’est pas le notre. La devise de nous autres Algériens est simple et elle se résume en une phrase. Celle-ci : "tout doucement le matin pas trop vite le soir". A quelques exceptions près, nous sommes tous partisans du moindre effort. Le pétrole a fait de nous des bras cassés. Et l’on se demande pourquoi notre économie n’arrive pas à décoller ! Pourquoi nos terres pourtant jadis très fertiles ne produisent pas assez de patate à tel point qu’on aille importer celle-ci du lointain Canada ! Et le hic c’est que avant que cette dernière ne soit dans nos assiettes, en purée ou en frites, elle a déjà subi les affres du temps : ratatinée, peau ridée et ses bourgeons commencent à poindre du fait d’un long séjour dans les calles des bateaux et du retard dans sa distribution aux consommateurs avides que nous sommes. La patate canadienne est arrivée il y a bien longtemps maintenant. Je l’ai vu par camions entiers qui sortaient d’un bateau accosté au quai sud du port d’Alger. Le 24 août dernier. Autrement dit près de deux mois maintenant. Et si elle n’était pas encore disponible sur les étals de nos marchés et nos Souk en plein mois de Ramadan c’est qu’elle a dû emprunter un autre chemin, celui de la contre bande, pour se retrouver en...Tunisie. Mais, gageons qu’elle va nous revenir sous forme de...chips ! Les spéculateurs ont plus d’un tour dans leur sac ! Les chips ça ne pèse pas lourd et ça coûte de l’or ! Plus ça "cracotte" et plus ça coûte !

On a beaucoup glosé sur la qualité de cette patate à tel point que l’ambassade du Canada a dû, par deux fois, faire une mise au point dans la presse quotidienne. Les mauvaises langues, sans ciller, avaient même affirmé que cette patate était destinée initialement aux cochons du pays de l’érable. La dernière mise au point se trouve justement sur le "Soir d’Algérie" de ce jour. Voilà ce qu’elle dit : " La pomme de terre de table, destinée à la consommation des ménages, arrivée en Algérie cet été a été cultivée, récoltée et entreposée en respectant rigoureusement toutes les procédures". Elle a été soumise à une inspection avant d’être chargée sur les bateaux et a été ré inspectée par les autorités algériennes une fois parvenue au port". Il n’ y a donc pas de quoi faire tout un plat...de purée !
Drôle d’époque que l’on vit ! On en est réduit à parler de... la patate. Pas seulement dans la rue, les cafés et les chaumières mais même au niveau du... conseil des ministres ! Cette information a été rapportée par le quotidien "Le Soir d’Algérie" dans sa livraison du 2 septembre dernier. N’est-ce pas que c’est dramatique pour un pays qui se veut être le leader de l’Afrique dans tous les domaines de ne pas pouvoir assurer l’autosuffisance alimentaire à sa population ? Il est vrai que, à l’ère de la mondialisation et de l’ouverture des pays au commerce international, la circulation des biens finis, semi finis ou tout simplement des biens de consommation se fait dans tous les sens, du Nord au Sud et vice versa. Mais là où le bat blesse c’est ceci : s’il s’agissait de l’importation de la banane ou du kiwi nous n’aurions rien trouvé à dire et à redire, ces deux fruits exotiques ne pouvant pas pousser dans un pays dont les trois quarts de la surface sont désertiques. Mais... la patate ! Il y a de quoi noircir des tas (que dis-je ?) des piles de papiers XEROX et verser des litres de salive sur l’imprévoyance de nos gouvernants. Car n’oublions pas que "gouverner c’est prévoir". Et voilà que la patate, de par sa rareté sur nos marchés, vient de nous mettre devant une amère réalité : nos gouvernants ont, une fois de plus, failli à ce principe. Souvenons-nous qu’en 1988, ils n’avaient pas anticipé "les émeutes de la semoule" et l’on sait ce qui est advenu par la suite : la spontanéité et l’ampleur du mouvement de contestation avaient d’abord laissé les pouvoirs publics ans voix, hébétés et ne sachant pas quoi faire. Cela s’est passé justement un certain mois ...d’octobre. Comme si le mois d’octobre charriait toutes les vicissitudes de l’histoire.
Pourquoi ai-je évoqué, ce jour précisément, ce problème de la patate alors que celle-ci fait parler d’elle depuis deux longs mois maintenant ? Eh bien parce que je viens de rentrer du marché, le couffin dramatiquement vide : sur les étals il n’ y a plus de patate ni la « locale » ni celle du Canada.
Et, sur ce fond de querelle byzantine entre d’une part la presse algérienne et d’autre part la représentation diplomatique du Canada l’on nous annonce des élections municipales en Algérie pour la fin novembre...

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