Sur la page 2 du Quotidien d’Oran du samedi 6 décembre 08, l’article qui a attiré mon attention portait le titre de "Malaise algérien" ; il a attiré mon attention pour deux raisons : D’abord le nom de l’auteur de l’article ne m’était pas inconnu et il m’a rappelé de vieux souvenirs qui remontent au milieu des années 70, années pendant lesquelles nous avions, l’auteur et votre serviteur, fréquenté la même classe au lycée "Thaâlibiya" d’Hussein Dey.
Il m’a rappelé aussi et surtout ces fameuses réflexions politiques auxquelles notre prof de français, une française de la région parisienne si mes souvenirs sont encore bons, nous initiait. Elle nous initiait aux débats politiques parce que tout simplement le contexte de l’époque s’y prêtait bien : en Algérie, on s’apprêtait alors à voter la charte nationale de 1976 et des débats politiques étaient organisés ça et là, pas seulement dans les salons feutrés d’Alger, mais certainement à travers tout le territoire national, même dans les endroits les plus reculés et les plus enclavés des hauts plateaux et de la steppe et cela pour soit disant apporter d’éventuelles modifications à certains articles de cette charte et ainsi l’enrichir avant qu’elle ne soit adoptée par un vote populaire.
Pendant plusieurs jours, la démocratie en Algérie n’était pas un vain mot. Elle régnait en maîtresse des lieux d’Est en Ouest et les gens pouvaient dire tout et n’importe quoi. Tout cela sous l’œil amusé et vigilant de feu Houari Boumedienne qui en tirait une certaine fierté.
La philosophie de notre professeur de français s’insérait justement dans ce cadre-là : il n’était nullement question pour elle de s’immiscer dans le débat politique algéro algérien mais elle tenait plutôt, par ces discussions hors cours si j’ose dire, à ce que les jeunes têtes brunes que nous étions sachent appréhender la chose politique et tenir un langage politique plus ou moins cohérent. Parmi les élèves qui s’intéressaient à ces joutes oratoires si je peux encore m’exprimer ainsi, deux têtes émergeaient particulièrement du lot ; elles émergeaient du lot par leur clairvoyance, leur esprit de synthèse et leur façon de s’exprimer et donc d’exprimer leurs opinions. Il s’agit de l’auteur de l’article dont il est question ici, Soufiane Djilali, et d’un autre élève dont j’ai oublié le nom. Normal, cela remonte à plus de trente ans maintenant.
L’UNIQUE, la télévision algérienne, nous montrait d’ailleurs, chaque soir au journal de 20h, des travailleurs sur le lieu même de leur travail ou des paysans dans les fermes agricoles, les uns fiers d’avoir relevé, dans cette charte, une anomalie concernant notre "socialisme spécifique", par exemple, les autres vantant les mérites ou au contraire dénonçant l’insuffisance de tel ou tel article. Particulièrement ceux relatifs au rapport de l’Etat à la religion, par exemple. Cette question, si on fait un petit effort de se rappeler, avait fait couler beaucoup de salive et d’encre, plus que celle relative aux racines historiques des algériens car, en ces années-là, il était encore tabou d’évoquer de façon officielle la composante Amazighe de la personnalité du peuple algérien. Il était de facto interdit à quiconque d’établir une "archéologie mentale à notre société" ; ce qui, entre parenthèse, expliquerait donc selon Djilali tous nos déboires actuels. En tout cas, je me rappelle encore d’une chose : tout le monde à cette occasion-là, lettré ou illettré, s’autoproclamait politicien, juriste, et que sais-je encore ; A Alger, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il régnait, du moins pendant cette campagne électorale, une certaine effervescence politique et un certain optimisme en un avenir radieux. Le contenu de la charte nationale avait fait naître d’immenses espoirs au sein de la "paysannerie" et de la "classe prolétarienne". Mais, au fil du temps, tout ceci s’avéra être de la poudre aux yeux.
Ni la charte nationale ni la Constitution, la première de l’Algérie indépendante, votée quelques semaines plus tard, ne changèrent la vie de la masse prolétarienne. Celle-ci continuant de trimer comme par le passé sans pouvoir accéder à une "vie meilleure", slogan de celui qui succédera à feu Houari Boumediene. En Algérie, on change de Constitution pratiquement à chaque changement de président mais, au fond, le régime ne change pas : on prend toujours les mêmes et on recommence ; pourtant cette politique qui consiste à vouloir faire du neuf avec du vieux n’a jamais prouvé son efficacité. Et, de ce fait, elle a été maintes fois dénoncée, notamment par les jeunes qui veulent eux aussi accéder à des postes de responsabilité que ce soit au niveau des institutions politiques ou dans d’autres domaines. Malheureusement, ceux qui se réclament de "la famille révolutionnaire", ceux qui pensent détenir "la légitimité historique" ne l’entendent pas de cette oreille et continuent à s’agripper de toutes leurs forces sur leurs sièges ; Niet, nous disent-ils. Et "ce niet" contribue indiscutablement à entretenir "le malaise" dont parle notre ami au sein d’une jeunesse qui ne sait plus à quel saint se vouer ni vers quel procédé se tourner pour pouvoir prendre ses destinées en main.
Deuxièmement, et c’est surtout ce point-là qui m’a vraiment incité à écrire cet article, c’est ce que Soufiane Djilali a écrit d’entrée de jeu, si j’ose dire. Je le reprends ici texto : " En ce début du XXIe siècle, la société algérienne est en proie à un malaise profond, sans cause évidente". Evidemment, ça saute aux yeux, c’est ce "sans cause évidente" que je n’ai pas, personnellement, du tout apprécié. Pour la simple et bonne raison qu’il est loin, très loin même, de refléter la réalité. Il n y a pas de malaise sans cause évidente ; bien au contraire, les causes de ce "malaise algérien" sont si nombreuses et si variées qu’il est impossible de les énumérer toutes. Et la question que je me suis tout de suite posé, bien avant d’avoir terminé la lecture de cet article est la suivante : comment se fait-il qu’un esprit aussi brillant que celui de cet ancien camarade de classe n’arrive-t-il pas à voir ou à cerner la multitude de causes qui ont engendré plus qu’un simple malaise au sein de la société algérienne ?
Il ne faut pas se voiler la face, en Algérie il y a mille et une choses pouvant expliquer ce malaise. Et la responsabilité de ce malaise incombe, nul doute là-dessus, aux hommes politiques qui ont eu, jusqu’au jour d’aujourd’hui, la charge de gouverner ce pays. Pour preuve : les dernières chamailleries par presse interposée entre l’ancien président de la République, Chadli Ben Djedid et l’ex chef de l’état major Khaled Nezar à propos de "qui a fait quoi" pendant la révolution algérienne ne fait que renforcer ce malaise.
vendredi 19 décembre 2008
dimanche 26 octobre 2008
Crise économique conjoncturelle ou faillite du capitalisme ?
Je vous avoue que, malgré les nombreux papiers que j’ai lus, ça et là, sur la question, je n’arrive pas à comprendre cette histoire de faillites en cascade de banques aux Etats-Unis, la première puissance économique de la planète. Et comment pourrais-je comprendre si "L’Amérique n’a toujours pas complètement compris pourquoi le toit de Wall Street lui est tombé sur la tête, comme l’a clairement indiqué George W. Bush dans les entretiens de Camp David" ? (1)
Il y a beaucoup d’écrits concernant cette crise.
Même sur Agoravox, force est de reconnaître qu’il y a eu des papiers d’excellente facture qui ont abordé la question sous tous ses angles. Franchement, on s’y perd ; on ne comprend plus qui a tort et qui a raison, qui procède à une bonne analyse du phénomène et qui se perd dans des conjectures purement spéculatives.
Depuis plus d’un mois maintenant, toute la presse écrite et audiovisuelle lui consacre de larges pans dans ses colonnes ou dans ses tranches horaires de grande écoute ou de grand audimat. Mais tous les avis convergent vers un même point : c’est la faillite du système capitaliste, nous dit-on. Un pan de l’Histoire de l’humanité qui s’écroule ? On n’en est pas encore certain ; seul l’avenir nous le dira. Toujours est-il qu’une certitude s’impose : il n’est dans l’intérêt de personne ni d’aucun pays que ce système s’écroule comme s’est écroulé, dans un vacarme étourdissant provoqué par la chute du mur de Berlin, le système communiste.
Il faut dire que cette crise qui a eu comme point de départ les "subprimes" est le sujet par excellence qui accapare les pensées et les énergies de tout un chacun, du trader à l’économiste et du journaliste à l’homme politique ; c’est le sujet qui a éclipsé les situations de conflits interminables en Irak et en Afghanistan et même, dans une moindre mesure, les élections présidentielles américaines qui auront lieu dans quelques jours. L’Amérique est assommée par ce désastre financier, je n’utilise pas, en ce qui me concerne, le terme "économique", parce que, de mon point de vue, il y a une différence nette entre cette perte, par certaines banques américaines, de sommes faramineuses en dollars sonnants et trébuchants et l’économie de ce pays qui, malgré tout, continue à se porter bien ; Ne faisons donc pas d’amalgame. La faillite de quelques banques même s’il s’agit des plus riches banques des Etats-Unis ne veut pas dire forcément faillite de tout le système. Je doute qu’on soit déjà en pleine récession économique, que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs, comme ce fut le cas en 1929. Pour rappel, en 1929, les banquiers et les hommes d’affaires à l’origine de la banqueroute d’alors avaient eu, comme l’a déjà fait remarquer quelqu’un sur ce site, la "décence de se jeter par les fenêtres". Car le désastre était si grand qu’il avait jeté des millions d’américains sur les routes à la recherche d’un hypothétique emploi ou d’un toit. Et la moralité des gens (donc des banquiers) était telle qu’il ne leur restait que cette extrême solution pour sauver la face en quelque sorte. Enfin, les choses ne s’étaient certainement pas passées ainsi, mais c’est une façon de parler. Autres temps, autres mœurs ; Aujourd’hui, les banquiers qui ont mis leurs banques en faillite, ont plutôt bénéficié de "parachutes dorés". Ils ne se sont pas jetés par les fenêtres. Tant mieux pour eux, sommes-nous tentés de dire. Et ceux par qui la crise est arrivée, les insolvables qui avaient souscrit aux "subprimes", c’est-à-dire ceux à qui les banques ont prêté de l’argent pour l’acquisition d’un bien immobilier et qui ne peuvent s’acquitter de leurs dettes sont, au pire des cas, sommés d’aller occuper des logements sociaux, de moindre confort cela va de soi, mais sans aucune forme de procès. Ils n’ont de comptes à rendre à personne. Cela fait partie du rêve américain. Et puis, de toute façon, ce sont les autres contribuables qui payeront pour eux. Et d’où croyez-vous qu’Henry Paulson va puiser les 700 milliards de dollars pour appliquer son plan de sauvetage et renflouer donc les banques américaines défaillantes ?
A propos "des parachutes dorés", je tiens à vous faire cette confidence : c’est la seule chose que j’ai vraiment comprise dans tout ce charabia de mots que les banquiers et les économistes savent si bien manipuler pour justifier leurs déboires et se faire pardonner par les épargnants naïfs que nous sommes. Et c’est pratiquement aussi la seule chose qu’il m’est difficile d’admettre ; C’est paradoxal mais c’est comme ça. Je comprends mais je n’admets pas : parce que tout simplement cela va contre le bon sens. Et c’est peut-être ça aussi qui fait qu’on parle de plus en plus de manque d’éthique et de moralité dans le système financier international tel qu’il est actuellement. Pour schématiser, je vous fais cadeau de cette métaphore en rapport avec ma profession de chirurgien : par ma négligence coupable, je tue la malade (la banque) qui m’a été confiée pour une intervention chirurgicale et je réclamerais ensuite au mari (l’Etat) ou aux enfants (les citoyens) de la dite malade plus, mais alors vraiment plus, que mes honoraires habituelles ! Qui pourra admettre ce fait ? Qui n’appellera pas à mon lynchage pur et simple ? Et, pourrais-je, après cela, avoir le culot d’aller passer mes vacances dans un 5 étoiles dans une île du pacifique ?
Un seul homme politique, Nicolas Sarkozy en l’occurrence, a eu le courage de marteler à plusieurs reprises qu’il fallait sanctionner les coupables. Mais ira-t-il jusqu’à s’impliquer lui-même dans l’application de ces sanctions au cas où des banques bien françaises connaîtraient le sort peu enviable de leurs consœurs américaines, pour rester dans le jargon médical ? Il ne le fera pas. Mais, reconnaissons lui quand même le mérite d’avoir largement contribué par ses réunions incessantes avec le G4, le G8, ou W Bush à la déflation de cette crise. Passé le temps de réflexion (une dizaine de jours selon un auteur d’Agora Vox), il est passé à l’action. Il est vrai qu’on parle déjà de faillite du système capitaliste dans son ensemble et de la nécessité de corriger ses tares pour ne pas dire de le réformer de fond en comble ; mais la question qui, tôt ou tard, va se poser est par quel système faudra t-il le remplacer ? Le plan B n’existe malheureusement pas. Ne devrait-on pas alors se contenter de replâtrages tout en espérant que les choses vont d’elles-mêmes rentrer dans l’ordre ? Je connais au moins une personne, mais beaucoup plus morale que physique, qui doit se réjouir dans sa tombe : Marx !
(1) Le Figaro du 20 octobre 2008. Débat : La victoire de l’Europe.
Il y a beaucoup d’écrits concernant cette crise.
Même sur Agoravox, force est de reconnaître qu’il y a eu des papiers d’excellente facture qui ont abordé la question sous tous ses angles. Franchement, on s’y perd ; on ne comprend plus qui a tort et qui a raison, qui procède à une bonne analyse du phénomène et qui se perd dans des conjectures purement spéculatives.
Depuis plus d’un mois maintenant, toute la presse écrite et audiovisuelle lui consacre de larges pans dans ses colonnes ou dans ses tranches horaires de grande écoute ou de grand audimat. Mais tous les avis convergent vers un même point : c’est la faillite du système capitaliste, nous dit-on. Un pan de l’Histoire de l’humanité qui s’écroule ? On n’en est pas encore certain ; seul l’avenir nous le dira. Toujours est-il qu’une certitude s’impose : il n’est dans l’intérêt de personne ni d’aucun pays que ce système s’écroule comme s’est écroulé, dans un vacarme étourdissant provoqué par la chute du mur de Berlin, le système communiste.
Il faut dire que cette crise qui a eu comme point de départ les "subprimes" est le sujet par excellence qui accapare les pensées et les énergies de tout un chacun, du trader à l’économiste et du journaliste à l’homme politique ; c’est le sujet qui a éclipsé les situations de conflits interminables en Irak et en Afghanistan et même, dans une moindre mesure, les élections présidentielles américaines qui auront lieu dans quelques jours. L’Amérique est assommée par ce désastre financier, je n’utilise pas, en ce qui me concerne, le terme "économique", parce que, de mon point de vue, il y a une différence nette entre cette perte, par certaines banques américaines, de sommes faramineuses en dollars sonnants et trébuchants et l’économie de ce pays qui, malgré tout, continue à se porter bien ; Ne faisons donc pas d’amalgame. La faillite de quelques banques même s’il s’agit des plus riches banques des Etats-Unis ne veut pas dire forcément faillite de tout le système. Je doute qu’on soit déjà en pleine récession économique, que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs, comme ce fut le cas en 1929. Pour rappel, en 1929, les banquiers et les hommes d’affaires à l’origine de la banqueroute d’alors avaient eu, comme l’a déjà fait remarquer quelqu’un sur ce site, la "décence de se jeter par les fenêtres". Car le désastre était si grand qu’il avait jeté des millions d’américains sur les routes à la recherche d’un hypothétique emploi ou d’un toit. Et la moralité des gens (donc des banquiers) était telle qu’il ne leur restait que cette extrême solution pour sauver la face en quelque sorte. Enfin, les choses ne s’étaient certainement pas passées ainsi, mais c’est une façon de parler. Autres temps, autres mœurs ; Aujourd’hui, les banquiers qui ont mis leurs banques en faillite, ont plutôt bénéficié de "parachutes dorés". Ils ne se sont pas jetés par les fenêtres. Tant mieux pour eux, sommes-nous tentés de dire. Et ceux par qui la crise est arrivée, les insolvables qui avaient souscrit aux "subprimes", c’est-à-dire ceux à qui les banques ont prêté de l’argent pour l’acquisition d’un bien immobilier et qui ne peuvent s’acquitter de leurs dettes sont, au pire des cas, sommés d’aller occuper des logements sociaux, de moindre confort cela va de soi, mais sans aucune forme de procès. Ils n’ont de comptes à rendre à personne. Cela fait partie du rêve américain. Et puis, de toute façon, ce sont les autres contribuables qui payeront pour eux. Et d’où croyez-vous qu’Henry Paulson va puiser les 700 milliards de dollars pour appliquer son plan de sauvetage et renflouer donc les banques américaines défaillantes ?
A propos "des parachutes dorés", je tiens à vous faire cette confidence : c’est la seule chose que j’ai vraiment comprise dans tout ce charabia de mots que les banquiers et les économistes savent si bien manipuler pour justifier leurs déboires et se faire pardonner par les épargnants naïfs que nous sommes. Et c’est pratiquement aussi la seule chose qu’il m’est difficile d’admettre ; C’est paradoxal mais c’est comme ça. Je comprends mais je n’admets pas : parce que tout simplement cela va contre le bon sens. Et c’est peut-être ça aussi qui fait qu’on parle de plus en plus de manque d’éthique et de moralité dans le système financier international tel qu’il est actuellement. Pour schématiser, je vous fais cadeau de cette métaphore en rapport avec ma profession de chirurgien : par ma négligence coupable, je tue la malade (la banque) qui m’a été confiée pour une intervention chirurgicale et je réclamerais ensuite au mari (l’Etat) ou aux enfants (les citoyens) de la dite malade plus, mais alors vraiment plus, que mes honoraires habituelles ! Qui pourra admettre ce fait ? Qui n’appellera pas à mon lynchage pur et simple ? Et, pourrais-je, après cela, avoir le culot d’aller passer mes vacances dans un 5 étoiles dans une île du pacifique ?
Un seul homme politique, Nicolas Sarkozy en l’occurrence, a eu le courage de marteler à plusieurs reprises qu’il fallait sanctionner les coupables. Mais ira-t-il jusqu’à s’impliquer lui-même dans l’application de ces sanctions au cas où des banques bien françaises connaîtraient le sort peu enviable de leurs consœurs américaines, pour rester dans le jargon médical ? Il ne le fera pas. Mais, reconnaissons lui quand même le mérite d’avoir largement contribué par ses réunions incessantes avec le G4, le G8, ou W Bush à la déflation de cette crise. Passé le temps de réflexion (une dizaine de jours selon un auteur d’Agora Vox), il est passé à l’action. Il est vrai qu’on parle déjà de faillite du système capitaliste dans son ensemble et de la nécessité de corriger ses tares pour ne pas dire de le réformer de fond en comble ; mais la question qui, tôt ou tard, va se poser est par quel système faudra t-il le remplacer ? Le plan B n’existe malheureusement pas. Ne devrait-on pas alors se contenter de replâtrages tout en espérant que les choses vont d’elles-mêmes rentrer dans l’ordre ? Je connais au moins une personne, mais beaucoup plus morale que physique, qui doit se réjouir dans sa tombe : Marx !
(1) Le Figaro du 20 octobre 2008. Débat : La victoire de l’Europe.
vendredi 24 octobre 2008
Nicolas Sarkozy et le "positivisme"
Rassurez-vous, malgré le titre qui peut paraître accrocheur, le contenu de cet article n’a rien à voir avec la philosophie positiviste d’Auguste Comte. C’est ce qui justifie d’ailleurs la mise entre guillemets du mot positivisme. Il ne faut pas que la confusion s’empare des esprits, je ne suis pas, là, en train d’étudier le "positivisme", cette doctrine philosophique du XVIIIe siècle qui est de toute façon largement délaissée de nos jours. Cette idée de faire un parallèle entre cette ancienne doctrine philosophique et les discours politiques de Nicolas Sarkozy où, chaque fois que l’occasion se présente à lui, il use du mot "positive" en l’associant à d’autres mots en rapport avec le contexte politique qui l’a amené à s’exprimer est farfelue, je le reconnais. Mais, je doute fort bien que le livre de chevet de Nicolas Sarkozy ne soit pas "cours de philosophie positive" d’Auguste Comte.
Jugez-en.
Discrimination, il y a quelques années, laïcité récemment lors de la visite, en France, du pape Benoît XVI. Mais ce dernier concept c’est-à-dire la laïcité à laquelle le président Nicolas Sarkozy a pris le soin d’ajouter le mot, tant répété ici, "positive", a été largement critiqué aussi bien par les hommes politiques que par les profanes et ceci démontre une chose : les Français dans leur ensemble sont encore intimement attachés à la loi de 1905 qui avait séparé le religieux du politique et ils n’entendent pas revenir là-dessus. C’est une bonne chose car l’irruption de la religion dans le champ politique, on sait ce que ça donne. Nous en parlons en connaissance de cause car, ici, en Algérie, on en a fait l’expérience amère et rien ne dit que le bout du tunnel est à quelques mètres seulement. Mais ceci est une autre histoire et nous comptons lui réserver un article un de ces jours.
Laïcité positive.
Je n’ai pas de commentaire particulier à faire là-dessus si ce n’est que je suis entièrement d’accord avec la remarque de François Hollande à savoir "qu"il n’y a pas de laïcité positive ou de laïcité négative ; il y a une laïcité tout court".
Discrimination positive.
Bien que cette expression remonte à bien longtemps maintenant, elle est réapparue dans le discours politique français lors de la révolte de la banlieue parisienne de 2005. Souvenons-nous en, à cette époque-là Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur et il en avait usé et abusé jusqu’à la corde. Mais que désigne-t-elle au juste cette expression ? Selon Wikipédia, "c’est un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient ou auraient subi des discriminations systématiques". Or, en France, terre d’asile et d’accueil jusqu’à une date relativement récente où il ne fait plus bon d’être immigré au teint basané, surtout au teint basané, les catégories dont il est fait mention ici ne manquent pas. Elles ont pignon sur rue, dans les deux sens du terme, c’est-à-dire au sens propre et au sens figuré à tel point que parfois certains représentants de ces catégories, les sans-papiers pour les désigner nommément, n’hésitent pas, pour attirer l’attention de l’opinion publique sur leur sort, à occuper des espaces publics tel le restaurant "La Tour d’Argent" à Paris, par exemple.
La France, toutes couches sociales et toutes tendances politiques confondues, devrait, à mon avis, s’enorgueillir d’avoir un président qui ne relativise pas et encore moins qui ne "négativise" pas, ou si vous préférez qui ne "moinsse" pas pour utiliser un néologisme en vogue en ce moment sur Agoravox, un président, Nicolas Sarkozy en l’occurrence, qui ne voit que du positif en toute chose. C’est une chance inouïe pour la France que d’avoir un tel président et elle devrait par conséquent (et encore à mon humble avis) la saisir, cette chance je veux dire, au lieu de s’insurger contre les propos qu’il tient et contre les concepts qu’il crée. Puis-je encore ajouter ceci pour compléter ce tableau ? La France ne devrait pas non plus se comporter comme ce fameux paysan qui, lors du dernier salon de l’agriculture de Paris, toute honte bue, a carrément refusé de serrer la main à Nicolas Sarkozy le poussant ainsi à réagir agressivement par cette formule lapidaire : casse-toi pauvre con ! Or, ce que l’on constate sur les différents blogs par exemple, notamment sur certains écrits d’Agoravox, n’est guère positif. En effet, c’est plus qu’à une critique de la politique de Nicolas Sarkozy que les auteurs s’adonnent, mais parfois à une atteinte en règle à sa personne même, et cela sous le prétexte de la liberté d’expression. Chose qui devrait en principe être inadmissible pour ne pas dire carrément condamnable. Je sais que le culte de la personnalité est incompatible avec la démocratie, il n’existe encore que dans certains pays du tiers-monde ou dans certains pays totalitaires. Et que dire du "baisemain", cette pratique encore répandue dans certains royaumes ?
Dans les sociétés traditionnellement démocratiques, tout ceci ne vient à l’esprit de personne et tant mieux qu’il en soit ainsi, mais de là à traîner dans la boue le premier magistrat du pays c’est purement de l’inconscience, de la folie furieuse même. Que ceux qui se sentent visés et qui pensent que je suis en train de leur donner des conseils à la noix de coco veuillent bien excuser mon audace. Oui, je dis bien mon audace car il fallait oser ! Et "l’immigration choisie" ne peut-elle pas être assimilée, elle aussi, à une "immigration positive" ? Laissons le soin aux lecteurs de répondre à cette question.
Jugez-en.
Discrimination, il y a quelques années, laïcité récemment lors de la visite, en France, du pape Benoît XVI. Mais ce dernier concept c’est-à-dire la laïcité à laquelle le président Nicolas Sarkozy a pris le soin d’ajouter le mot, tant répété ici, "positive", a été largement critiqué aussi bien par les hommes politiques que par les profanes et ceci démontre une chose : les Français dans leur ensemble sont encore intimement attachés à la loi de 1905 qui avait séparé le religieux du politique et ils n’entendent pas revenir là-dessus. C’est une bonne chose car l’irruption de la religion dans le champ politique, on sait ce que ça donne. Nous en parlons en connaissance de cause car, ici, en Algérie, on en a fait l’expérience amère et rien ne dit que le bout du tunnel est à quelques mètres seulement. Mais ceci est une autre histoire et nous comptons lui réserver un article un de ces jours.
Laïcité positive.
Je n’ai pas de commentaire particulier à faire là-dessus si ce n’est que je suis entièrement d’accord avec la remarque de François Hollande à savoir "qu"il n’y a pas de laïcité positive ou de laïcité négative ; il y a une laïcité tout court".
Discrimination positive.
Bien que cette expression remonte à bien longtemps maintenant, elle est réapparue dans le discours politique français lors de la révolte de la banlieue parisienne de 2005. Souvenons-nous en, à cette époque-là Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur et il en avait usé et abusé jusqu’à la corde. Mais que désigne-t-elle au juste cette expression ? Selon Wikipédia, "c’est un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient ou auraient subi des discriminations systématiques". Or, en France, terre d’asile et d’accueil jusqu’à une date relativement récente où il ne fait plus bon d’être immigré au teint basané, surtout au teint basané, les catégories dont il est fait mention ici ne manquent pas. Elles ont pignon sur rue, dans les deux sens du terme, c’est-à-dire au sens propre et au sens figuré à tel point que parfois certains représentants de ces catégories, les sans-papiers pour les désigner nommément, n’hésitent pas, pour attirer l’attention de l’opinion publique sur leur sort, à occuper des espaces publics tel le restaurant "La Tour d’Argent" à Paris, par exemple.
La France, toutes couches sociales et toutes tendances politiques confondues, devrait, à mon avis, s’enorgueillir d’avoir un président qui ne relativise pas et encore moins qui ne "négativise" pas, ou si vous préférez qui ne "moinsse" pas pour utiliser un néologisme en vogue en ce moment sur Agoravox, un président, Nicolas Sarkozy en l’occurrence, qui ne voit que du positif en toute chose. C’est une chance inouïe pour la France que d’avoir un tel président et elle devrait par conséquent (et encore à mon humble avis) la saisir, cette chance je veux dire, au lieu de s’insurger contre les propos qu’il tient et contre les concepts qu’il crée. Puis-je encore ajouter ceci pour compléter ce tableau ? La France ne devrait pas non plus se comporter comme ce fameux paysan qui, lors du dernier salon de l’agriculture de Paris, toute honte bue, a carrément refusé de serrer la main à Nicolas Sarkozy le poussant ainsi à réagir agressivement par cette formule lapidaire : casse-toi pauvre con ! Or, ce que l’on constate sur les différents blogs par exemple, notamment sur certains écrits d’Agoravox, n’est guère positif. En effet, c’est plus qu’à une critique de la politique de Nicolas Sarkozy que les auteurs s’adonnent, mais parfois à une atteinte en règle à sa personne même, et cela sous le prétexte de la liberté d’expression. Chose qui devrait en principe être inadmissible pour ne pas dire carrément condamnable. Je sais que le culte de la personnalité est incompatible avec la démocratie, il n’existe encore que dans certains pays du tiers-monde ou dans certains pays totalitaires. Et que dire du "baisemain", cette pratique encore répandue dans certains royaumes ?
Dans les sociétés traditionnellement démocratiques, tout ceci ne vient à l’esprit de personne et tant mieux qu’il en soit ainsi, mais de là à traîner dans la boue le premier magistrat du pays c’est purement de l’inconscience, de la folie furieuse même. Que ceux qui se sentent visés et qui pensent que je suis en train de leur donner des conseils à la noix de coco veuillent bien excuser mon audace. Oui, je dis bien mon audace car il fallait oser ! Et "l’immigration choisie" ne peut-elle pas être assimilée, elle aussi, à une "immigration positive" ? Laissons le soin aux lecteurs de répondre à cette question.
jeudi 28 août 2008
Guerre et vassalité

Nul n'ignore que pendant que se déroulait à Pékin l'inauguration des jeux olympiques, pendant donc que les yeux du monde entier étaient écarquillés et braqués sur l'immense œuvre architecturale qu'est le stade en nid d'hirondelle de la capitale chinoise, la guerre faisait rage dans le caucase. La Russie, en voulant, officiellement, porter secours aux séparatistes de l'Ossétie du Sud n'a pas fait, si j'ose dire, dans la dentelle: en quelques heures de combats, sans qu'il y ait vraiment d'opposition de l'autre côté, son armée a réduit en cendres les infrastructures portuaires et militaires de la Géorgie.
Sans l'intervention du président français, Nicolas Sarkozy, qui, en sa qualité de président de l'U E, s'est très vite dépêché sur les lieux pour mettre fin aux hostilités, la Géorgie aurait été rayée de la carte géographique. Après une hibernation de plusieurs années, l'ours Russe s'est brutalement réveillé et a repris du poil de la bête !
Comme toute guerre, comme, hier, celle de l'Irak, comme, aujourd'hui, celle de l'Afghanistan où dix soldats français ont été abattus par les Talibans, celle-ci a été largement couverte et commentée par les médias occidentaux; elle ne s'est pas déroulée uniquement sur le terrain des opérations, avec des chars et des canons. Elle est aussi médiatique. En période de guerre, la propagande ne peut que battre son plein. Pour remonter le moral de ses propres troupes ou pour porter un coup sévère à la psychologie de l'ennemi. Et sur ce plan-là, la palme d'or revient assurément aux médias français qui, contrairement à leur opinion publique, ont, presque à l'unanimité, condamné l'intervention russe. En fait, ils ont usé de la propagande en défaveur de la Russie qui est présentée de façon caricaturale comme étant l'impérialiste du nouveau siècle. Sinon comment expliquer la comparaison suivante que j'ai relevée dans un éditorial de l'Express "… d'un côté, le glacis contrôlé par les Russes et leurs vassaux et, de l'autre, la zone d'influence des Américains et de leurs alliés" ? N'étant pas, personnellement (en tant que simple lecteur), d'accord avec l'auteur de cette comparaison (le rédacteur en chef de "l'Express", Christophe Barbier), j'ai dû laissé au bas de son article un commentaire qui, forcément, ne sera pas de son goût. En effet, à ma connaissance, le terme "vassal" est habituellement utilisé pour désigner tout pays soumis et inféodé à la toute puissante Amérique de l'oncle Bush. Ces pays ne se trouvent pas uniquement au Moyen orient ou en Afrique; l'Europe aussi en recèle. Et pas seulement au sein de la "vieille Europe".
Rappelez-vous de la fameuse remarque qu'a faite Jacques Chirac aux pays de "la jeune Europe" qui étaient si enthousiastes à soutenir Bush dans sa guerre contre l'Irak : "vous avez perdu une belle occasion de vous taire", leur avait-il dit. Eh bien, osons le dire, ces pays représentent aujourd'hui le gros de la troupe de la vassalité dans le sens où l'entend Ignacio Ramonet. L'Amérique en est consciente. Elle sait que la "jeune Europe" lui est entièrement acquise. Et sous prétextes de "défendre la démocratie" dans le monde et de lutter contre le terrorisme, elle tire les ficelles partout où il y a l'odeur du pétrole, partout où ses intérêts risqueraient d'être menacés. Et c'est bien le cas aussi dans cette partie du monde qu'est le Caucase. L'intérêt géostratégique de cette région a été d'ailleurs largement mis en évidence par les différents intervenants (qu'ils soient journalistes, hommes politiques ou historiens) qui s'intéressent à cette question : c'est, nous dit-on, une région par laquelle transite l'un des plus importants "pipe line" de gaz qui alimente l'Europe Occidentale. De ce fait, elle ne doit pas tomber dans les mains des Russes. Celle-ci, en cas de refroidissement de ses relations politiques avec la "vieille Europe" risquerait de fermer les vannes comme ça a failli se produire il n'y a pas longtemps. C'est aussi simple que ça. Mais il n y'a pas que ça. D'autres considérations géostratégiques entrent également en ligne de compte notamment le désir de certains pays de l'Occident d'intégrer ce pays à l'OTAN pour que la Russie soit entièrement isolée et encerclée. Pour que l'Amérique puisse installer sans encombre ses batteries de missiles. Les Russes ne sont pas assez dupes pour croire que ces missiles seront orientés vers l'Iran et non pas vers leur pays. Donc cette guerre, pour les Russes, est, d'un point de vue géostratégique, largement justifiée : elle leur permet de desserrer l'étau en quelque sorte et ainsi de préserver leur "espace vital" qui ne doit pas s'arrêter juste à leurs frontières comme je n'ai pas manqué de le souligner dans mon commentaire sus cité. Dans cet éditorial de l'Express, le rédacteur a sciemment, nul doute là-dessus, inversé les rôles : pour lui donc les américains n'ont que des zones d'influence et des alliés ! Malheur aux pays qui, pour des raisons pas spécialement idéologiques, se rapprochent de la Russie: ils seront traités sans ménagement de "vassaux" !
En fait, la mort, il y a quelques jours seulement, de l'écrivain Russe, Alexandre Soljenitsyne, a été une occasion pour le monde dit libre, le monde Occidental, d'exhumer le passé, peu glorieux il est vrai, de la Russie du temps de la révolution bolchevique et bien après, disons jusqu'à la chute du mur de Berlin, et d'évoquer dramatiquement les méfaits de l'empire russe, particulièrement sous Staline. Le battage médiatique autour de la question de l'antinomie qui a pu, effectivement, exister entre le communisme et la démocratie a été tel que l'opinion publique occidentale est maintenant conditionnée et prête à avaler toutes les couleuvres; on dirait que l'Histoire de la Russie s'est arrêtée à la période sombre de "l'archipel du Goulag". Or, tout le monde le sait, la Russie n'est plus ce qu'elle était au temps de l'URSS : communiste au sens large du terme. Ne craignant ni l'Homme ni Dieu. Elle ne pratique plus l'idéologie marxiste pure et dure, et la jeune génération Russe aspire bien, elle aussi, à être libre et démocratique comme le sont la plupart des Européens.
Sans l'intervention du président français, Nicolas Sarkozy, qui, en sa qualité de président de l'U E, s'est très vite dépêché sur les lieux pour mettre fin aux hostilités, la Géorgie aurait été rayée de la carte géographique. Après une hibernation de plusieurs années, l'ours Russe s'est brutalement réveillé et a repris du poil de la bête !
Comme toute guerre, comme, hier, celle de l'Irak, comme, aujourd'hui, celle de l'Afghanistan où dix soldats français ont été abattus par les Talibans, celle-ci a été largement couverte et commentée par les médias occidentaux; elle ne s'est pas déroulée uniquement sur le terrain des opérations, avec des chars et des canons. Elle est aussi médiatique. En période de guerre, la propagande ne peut que battre son plein. Pour remonter le moral de ses propres troupes ou pour porter un coup sévère à la psychologie de l'ennemi. Et sur ce plan-là, la palme d'or revient assurément aux médias français qui, contrairement à leur opinion publique, ont, presque à l'unanimité, condamné l'intervention russe. En fait, ils ont usé de la propagande en défaveur de la Russie qui est présentée de façon caricaturale comme étant l'impérialiste du nouveau siècle. Sinon comment expliquer la comparaison suivante que j'ai relevée dans un éditorial de l'Express "… d'un côté, le glacis contrôlé par les Russes et leurs vassaux et, de l'autre, la zone d'influence des Américains et de leurs alliés" ? N'étant pas, personnellement (en tant que simple lecteur), d'accord avec l'auteur de cette comparaison (le rédacteur en chef de "l'Express", Christophe Barbier), j'ai dû laissé au bas de son article un commentaire qui, forcément, ne sera pas de son goût. En effet, à ma connaissance, le terme "vassal" est habituellement utilisé pour désigner tout pays soumis et inféodé à la toute puissante Amérique de l'oncle Bush. Ces pays ne se trouvent pas uniquement au Moyen orient ou en Afrique; l'Europe aussi en recèle. Et pas seulement au sein de la "vieille Europe".
Rappelez-vous de la fameuse remarque qu'a faite Jacques Chirac aux pays de "la jeune Europe" qui étaient si enthousiastes à soutenir Bush dans sa guerre contre l'Irak : "vous avez perdu une belle occasion de vous taire", leur avait-il dit. Eh bien, osons le dire, ces pays représentent aujourd'hui le gros de la troupe de la vassalité dans le sens où l'entend Ignacio Ramonet. L'Amérique en est consciente. Elle sait que la "jeune Europe" lui est entièrement acquise. Et sous prétextes de "défendre la démocratie" dans le monde et de lutter contre le terrorisme, elle tire les ficelles partout où il y a l'odeur du pétrole, partout où ses intérêts risqueraient d'être menacés. Et c'est bien le cas aussi dans cette partie du monde qu'est le Caucase. L'intérêt géostratégique de cette région a été d'ailleurs largement mis en évidence par les différents intervenants (qu'ils soient journalistes, hommes politiques ou historiens) qui s'intéressent à cette question : c'est, nous dit-on, une région par laquelle transite l'un des plus importants "pipe line" de gaz qui alimente l'Europe Occidentale. De ce fait, elle ne doit pas tomber dans les mains des Russes. Celle-ci, en cas de refroidissement de ses relations politiques avec la "vieille Europe" risquerait de fermer les vannes comme ça a failli se produire il n'y a pas longtemps. C'est aussi simple que ça. Mais il n y'a pas que ça. D'autres considérations géostratégiques entrent également en ligne de compte notamment le désir de certains pays de l'Occident d'intégrer ce pays à l'OTAN pour que la Russie soit entièrement isolée et encerclée. Pour que l'Amérique puisse installer sans encombre ses batteries de missiles. Les Russes ne sont pas assez dupes pour croire que ces missiles seront orientés vers l'Iran et non pas vers leur pays. Donc cette guerre, pour les Russes, est, d'un point de vue géostratégique, largement justifiée : elle leur permet de desserrer l'étau en quelque sorte et ainsi de préserver leur "espace vital" qui ne doit pas s'arrêter juste à leurs frontières comme je n'ai pas manqué de le souligner dans mon commentaire sus cité. Dans cet éditorial de l'Express, le rédacteur a sciemment, nul doute là-dessus, inversé les rôles : pour lui donc les américains n'ont que des zones d'influence et des alliés ! Malheur aux pays qui, pour des raisons pas spécialement idéologiques, se rapprochent de la Russie: ils seront traités sans ménagement de "vassaux" !
En fait, la mort, il y a quelques jours seulement, de l'écrivain Russe, Alexandre Soljenitsyne, a été une occasion pour le monde dit libre, le monde Occidental, d'exhumer le passé, peu glorieux il est vrai, de la Russie du temps de la révolution bolchevique et bien après, disons jusqu'à la chute du mur de Berlin, et d'évoquer dramatiquement les méfaits de l'empire russe, particulièrement sous Staline. Le battage médiatique autour de la question de l'antinomie qui a pu, effectivement, exister entre le communisme et la démocratie a été tel que l'opinion publique occidentale est maintenant conditionnée et prête à avaler toutes les couleuvres; on dirait que l'Histoire de la Russie s'est arrêtée à la période sombre de "l'archipel du Goulag". Or, tout le monde le sait, la Russie n'est plus ce qu'elle était au temps de l'URSS : communiste au sens large du terme. Ne craignant ni l'Homme ni Dieu. Elle ne pratique plus l'idéologie marxiste pure et dure, et la jeune génération Russe aspire bien, elle aussi, à être libre et démocratique comme le sont la plupart des Européens.
jeudi 7 août 2008
Le serveur du Sauveur m’a sauvé
Le fait est banal.
"Mais alors, pourquoi tenez-vous à le rapporter ici", entends-je déjà les spécialistes es commentaires tel Lerma and Co qui n’attendent que ça pour me descendre en flamme. Mais à bien y réfléchir, ce "fait banal" mérite un large développement, un développement en long et en large comme on disait lorsqu’on était étudiant ; il y a bien longtemps maintenant. Ah ! que le temps passe vite ! A l’époque d’ailleurs notre modeste bourse ne nous permettait même pas de nous offrir des sardines grillées ou de se régaler d’un calamar au riz de temps à autre.
Pas dans les grands restaurants, bien entendu, mais juste dans ces gargotes, à l’hygiène très douteuse et pourtant très fréquentées, qui se trouvaient à l’intérieur même du marché Meissonnier, pas loin de la sortie ouest de l’hôpital Mustapha Pacha. Alors, v
ous y êtes ? Vous avez compris où je veux en venir ? Pour vous aider à comprendre, permettez-moi de vous poser une question à deux sous. Rien qu’une question. Que fait on le soir lorsqu’on est en vacances sur la côte ouest d’Alger ? Ou dans une autre ville côtière de la Méditerranée ?
Evidemment, c’est très facile à deviner ! On sort dîner ! En couple ou en famille. Ben voyons ! Étais-je vraiment obligé de vous souffler la réponse ? Elle était à la portée de tout le monde, la réponse. Même à celle d’un simple d’esprit. Mais, ne comprenez pas de travers, je ne traite personne de simple d’esprit. C’était juste pour vous dire que la réponse était tellement évidente du moins pour ceux qui, tel votre serviteur, aiment bien "la bonne cher pas chère" comme l’avare de Molière
Tout compte fait, les us et les coutumes ne diffèrent pas vraiment d’une région à l’autre de cette mer intérieure dont on veut faire un lac de paix maintenant. Pour tout vous dire, j’en ai fait l’expérience dernièrement, il y a tout juste quelques jours, à Marseille. Sur le vieux port. J’ai eu la même impression que lorsque j’emmenais mes enfants, le soir, au petit port de la Madrague : les gens qui étaient attablés aux terrasses des restaurants, depuis une bonne demi-heure déjà au moins pour certains d’entre eux, attendaient avec impatience qu’on vienne prendre leur commande, et les serveurs courraient littéralement entre les tables, les bras chargés d’assiettes de crevettes en sauce ou des tranches d’espadon grillées.
En ce qui me concerne, aujourd’hui, pour épater ma seconde moitié et mes enfants, mon choix s’est porté sur "le sauveur" : un restaurant qui se trouve sur le port de la Madrague et où la crevette royale à l’ail est succulente même non accompagnée d’un Mascara datant de l’époque d’avant la révolution agraire et qui a donc eu largement le temps de mûrir et "d’avoir du caractère", comme dirait un goutteur de vins du Beaujolais.
Mes enfants sont comme moi : ils aiment bien les sorties nocturnes et les repas au bord de la piscine, chose que je ne peux, malheureusement, leur assurer que quelques jours par an : lors des vacances. Le reste de l’année, je vous avoue que je trime comme un nègre et ceci sans connotation péjorative de ma part ni pensée xénophobe. Je disais donc que mes enfants, dès le moteur de la voiture arrêté, se sont empressés d’envahir la terrasse d’un des restaurants de ce pittoresque port où l’odeur du poisson se mêle à celle de l’eau de mer, mazoutée par les embarcations vétustes qui s’y agglutinent dans un désordre indescriptible, pour aiguiser encore plus votre odorat et vous invite à prendre part au festin.
Sur cette terrasse, il n’y avait qu’une seule famille, déjà au dessert : dans leurs assiettes il ne restait que des têtes et des arêtes de merlan et des corps vertébraux de quelque chien de mer ou autre espadon. Comment le sais-je ? Curiosité oblige, je n’ai pu m’empêcher de jeter un coup d’œil furtif sur leur table encombrée d’assiettes et de verres à pieds dont l’usage a été dévié de sa première vocation : ici on ne sert pas de boissons alcoolisées. Un peu plus loin, à l’autre extrémité de cette terrasse qui paraissait si grande, un jeune couple coulant certainement des jours heureux, ça se voyait à leur façon de se tenir l’un en face de l’autre, attendait qu’on daigne s’occuper de lui. Ils auraient peut-être aimé que le temps s’arrêtât pour eux, que rien ne vienne troubler leur posture de confidence, leur échange de mots doux, toujours les yeux dans les yeux et que... le serveur et le poisson aillent au diable !
Sitôt installés, le serveur nous ramena, en guise d’amuse-gueule, une petite assiette de H’mis et un petit panier de Matloue encore chaud. Comme des rapaces affamés, les enfants se sont emparés de ce petit plat d’entrée alors que le serveur n’avait pas encore tourné le dos. Ils avaient vraiment faim après une journée de plage et de… pédalo ! En moins de cinq, aucune miette n’est restée dans l’assiette. L’assiette a été méthodiquement essuyée si j’ose dire. La mer ne fait pas que "manger les Harraga", elle fait manger aussi. N’est ce pas que c’est pour cette raison que les "restos resto " et autres payotte pullulent aux abords des plages ? Mais au moment de lui demander le menu, le serveur s’approcha de moi et me chuchota dans l’oreille : il ne me conseilla pas moins que de déguerpir et d’aller voir ailleurs, le restaurant d’à côté où la "bouffe est meilleure et moins chère" selon ses propres termes. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Madame n’avait rien compris au manège et n’arrêtait pas de me demander des explications mais j’étais gêné de les lui fournir tant que ne nous n’avions avions pas encore mis les pieds dehors. Le gars risquerait de se faire virer illico presto par son patron si ce dernier pouvait savoir la raison de notre départ précipité sans avoir réglé la note de ce qu’on avait déjà commencé à avaler. Vous trouverez peut-être que l’histoire est un peu tirée par les cheveux mais c’est la vérité, c’est ce qui s’est passé ce jour-là. Et l’honnêteté de ce serveur est tellement chose rare de nos jours que j’ai tenu à lui consacrer cette chronique. Et puis, il faut dire aussi que le temps des vacances n’est pas propice aux sujets d’ordre politique et qu’il faut de temps en temps savoir sortir des sentiers battus. Il y a tant de choses simples dans la vie dont il faut rendre compte de temps à autre quitte à être assailli par des commentaires indésirables.
Et effectivement, dans le restaurant d’à côté, toutes les tables étaient occupées et les derniers arrivés ne sont pas forcément les moins bien servis. Ils savaient cela et c’est pour cela qu’ils attendaient donc dehors, gentiment, sans perdre patience outre mesure, guettant le moindre mouvement de ceux qui s’apprêtaient à quitter les lieux après un dîner copieux. Ils savaient aussi qu’en fin de compte leur attente ne sera pas vaine et que leur patience sera récompensée par des plats du jour bien mijotés et à la portée de leur bourse. Sans se ruiner.
"Mais alors, pourquoi tenez-vous à le rapporter ici", entends-je déjà les spécialistes es commentaires tel Lerma and Co qui n’attendent que ça pour me descendre en flamme. Mais à bien y réfléchir, ce "fait banal" mérite un large développement, un développement en long et en large comme on disait lorsqu’on était étudiant ; il y a bien longtemps maintenant. Ah ! que le temps passe vite ! A l’époque d’ailleurs notre modeste bourse ne nous permettait même pas de nous offrir des sardines grillées ou de se régaler d’un calamar au riz de temps à autre.
Pas dans les grands restaurants, bien entendu, mais juste dans ces gargotes, à l’hygiène très douteuse et pourtant très fréquentées, qui se trouvaient à l’intérieur même du marché Meissonnier, pas loin de la sortie ouest de l’hôpital Mustapha Pacha. Alors, v
ous y êtes ? Vous avez compris où je veux en venir ? Pour vous aider à comprendre, permettez-moi de vous poser une question à deux sous. Rien qu’une question. Que fait on le soir lorsqu’on est en vacances sur la côte ouest d’Alger ? Ou dans une autre ville côtière de la Méditerranée ?Evidemment, c’est très facile à deviner ! On sort dîner ! En couple ou en famille. Ben voyons ! Étais-je vraiment obligé de vous souffler la réponse ? Elle était à la portée de tout le monde, la réponse. Même à celle d’un simple d’esprit. Mais, ne comprenez pas de travers, je ne traite personne de simple d’esprit. C’était juste pour vous dire que la réponse était tellement évidente du moins pour ceux qui, tel votre serviteur, aiment bien "la bonne cher pas chère" comme l’avare de Molière
Tout compte fait, les us et les coutumes ne diffèrent pas vraiment d’une région à l’autre de cette mer intérieure dont on veut faire un lac de paix maintenant. Pour tout vous dire, j’en ai fait l’expérience dernièrement, il y a tout juste quelques jours, à Marseille. Sur le vieux port. J’ai eu la même impression que lorsque j’emmenais mes enfants, le soir, au petit port de la Madrague : les gens qui étaient attablés aux terrasses des restaurants, depuis une bonne demi-heure déjà au moins pour certains d’entre eux, attendaient avec impatience qu’on vienne prendre leur commande, et les serveurs courraient littéralement entre les tables, les bras chargés d’assiettes de crevettes en sauce ou des tranches d’espadon grillées.
En ce qui me concerne, aujourd’hui, pour épater ma seconde moitié et mes enfants, mon choix s’est porté sur "le sauveur" : un restaurant qui se trouve sur le port de la Madrague et où la crevette royale à l’ail est succulente même non accompagnée d’un Mascara datant de l’époque d’avant la révolution agraire et qui a donc eu largement le temps de mûrir et "d’avoir du caractère", comme dirait un goutteur de vins du Beaujolais.
Mes enfants sont comme moi : ils aiment bien les sorties nocturnes et les repas au bord de la piscine, chose que je ne peux, malheureusement, leur assurer que quelques jours par an : lors des vacances. Le reste de l’année, je vous avoue que je trime comme un nègre et ceci sans connotation péjorative de ma part ni pensée xénophobe. Je disais donc que mes enfants, dès le moteur de la voiture arrêté, se sont empressés d’envahir la terrasse d’un des restaurants de ce pittoresque port où l’odeur du poisson se mêle à celle de l’eau de mer, mazoutée par les embarcations vétustes qui s’y agglutinent dans un désordre indescriptible, pour aiguiser encore plus votre odorat et vous invite à prendre part au festin.
Sur cette terrasse, il n’y avait qu’une seule famille, déjà au dessert : dans leurs assiettes il ne restait que des têtes et des arêtes de merlan et des corps vertébraux de quelque chien de mer ou autre espadon. Comment le sais-je ? Curiosité oblige, je n’ai pu m’empêcher de jeter un coup d’œil furtif sur leur table encombrée d’assiettes et de verres à pieds dont l’usage a été dévié de sa première vocation : ici on ne sert pas de boissons alcoolisées. Un peu plus loin, à l’autre extrémité de cette terrasse qui paraissait si grande, un jeune couple coulant certainement des jours heureux, ça se voyait à leur façon de se tenir l’un en face de l’autre, attendait qu’on daigne s’occuper de lui. Ils auraient peut-être aimé que le temps s’arrêtât pour eux, que rien ne vienne troubler leur posture de confidence, leur échange de mots doux, toujours les yeux dans les yeux et que... le serveur et le poisson aillent au diable !
Sitôt installés, le serveur nous ramena, en guise d’amuse-gueule, une petite assiette de H’mis et un petit panier de Matloue encore chaud. Comme des rapaces affamés, les enfants se sont emparés de ce petit plat d’entrée alors que le serveur n’avait pas encore tourné le dos. Ils avaient vraiment faim après une journée de plage et de… pédalo ! En moins de cinq, aucune miette n’est restée dans l’assiette. L’assiette a été méthodiquement essuyée si j’ose dire. La mer ne fait pas que "manger les Harraga", elle fait manger aussi. N’est ce pas que c’est pour cette raison que les "restos resto " et autres payotte pullulent aux abords des plages ? Mais au moment de lui demander le menu, le serveur s’approcha de moi et me chuchota dans l’oreille : il ne me conseilla pas moins que de déguerpir et d’aller voir ailleurs, le restaurant d’à côté où la "bouffe est meilleure et moins chère" selon ses propres termes. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Madame n’avait rien compris au manège et n’arrêtait pas de me demander des explications mais j’étais gêné de les lui fournir tant que ne nous n’avions avions pas encore mis les pieds dehors. Le gars risquerait de se faire virer illico presto par son patron si ce dernier pouvait savoir la raison de notre départ précipité sans avoir réglé la note de ce qu’on avait déjà commencé à avaler. Vous trouverez peut-être que l’histoire est un peu tirée par les cheveux mais c’est la vérité, c’est ce qui s’est passé ce jour-là. Et l’honnêteté de ce serveur est tellement chose rare de nos jours que j’ai tenu à lui consacrer cette chronique. Et puis, il faut dire aussi que le temps des vacances n’est pas propice aux sujets d’ordre politique et qu’il faut de temps en temps savoir sortir des sentiers battus. Il y a tant de choses simples dans la vie dont il faut rendre compte de temps à autre quitte à être assailli par des commentaires indésirables.
Et effectivement, dans le restaurant d’à côté, toutes les tables étaient occupées et les derniers arrivés ne sont pas forcément les moins bien servis. Ils savaient cela et c’est pour cela qu’ils attendaient donc dehors, gentiment, sans perdre patience outre mesure, guettant le moindre mouvement de ceux qui s’apprêtaient à quitter les lieux après un dîner copieux. Ils savaient aussi qu’en fin de compte leur attente ne sera pas vaine et que leur patience sera récompensée par des plats du jour bien mijotés et à la portée de leur bourse. Sans se ruiner.
lundi 30 juin 2008
De l’UMP à l’UPM (2)
Article publie le 21 juin sur le site Agoravox.fr
A moins d’un mois de "la rencontre à Paris des chefs d’Etats européens et ceux de la rive sud de la Méditerranée", l’UPM continue de susciter des débats passionnés et passionnants en même temps de part et d’autre de la grande bleue. Passionnés parce que jamais auparavant il n’y a eu un projet politique de cette envergure qui tente de lier le sort des Nord-africains à celui des européens. C’est la mondialisation qui veut ça, pourrait-on peut-être me rétorquer. En effet, la mondialisation rime avec globalisation et il est donc important que cette zone de la Méditerranée se constitue en un bloc régional uni capable de rivaliser avec les autres entités géopolitiques que sont les Etats-Unis et leur Sud et l’Asie du Sud-est et ses dragons, et ce sur les plans économique et politique. Passionnants parce que depuis que ce projet a été révélé par Nicolas Sarkozy, une polémique s’est installée, ici et là-bas, d’abord sur le contenu du projet lui-même et ensuite sur ce qui est susceptible d’être proposé aux uns et aux autres. Mais rien de tout cela n’est encore défini ; Il va falloir attendre le jour "J" pour savoir qui va faire quoi et à partir de quand. A supposer bien sûr que tous les pays riverains de la Méditerranée veuillent bien s’intégrer à cet ensemble régional. Or, jusqu’à maintenant, les hésitations des pays du Sud semblent l’emporter sur la realpolitik et le pragmatisme. Cela a commencé d’abord par la Conférence ministérielle du Forum méditerranéen qui s’est tenue la semaine dernière à Alger au cours de laquelle le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci a demandé plus d’éclaircissements concernant ce projet et surtout, dans un langage diplomatique subtil, à savoir qu’elles seraient les conséquences de l’intégration d’
Israël à ce processus.
Le Président Libyen Mouammar Kadhafi quant à lui, très connu pour ses sorties médiatiques imprévisibles, sans s’accommoder de précautions comme il est pourtant d’usage en diplomatie, a enfoncé le clou en assenant une vérité, pas très bonne à dire il est vrai, à la face de l’Europe. Sa phrase, que l’on pourrait qualifier d’assassine, a fait le tour des rédactions sitôt prononcée : "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os", avait-il déclaré lors du mini sommet qu’il avait organisé chez lui, à Tripoli. Tout cela donc n’est pas fait pour arranger les choses et lancer l’UPM sur des bases saines et solides.
L’on comprend donc que ce qui semble poser problème aux sudistes ce n’est pas tant le projet en lui-même mais le fait de se retrouver sur la même tribune que la délégation israélienne le lendemain du 13 juillet c’est-à-dire lors du défilé de commémoration du 14 juillet. L’on sait par ailleurs que cette date symbolise, pour la France, la défaite du nazisme et la liberté reconquise du peuple français. Mais, aux indigènes que nous étions, cela rappelle aussi et surtout autre chose. Mais ne remuons pas le couteau dans la plaie. Laissons cette "chose " dans le placard de l’Histoire. La repentance qui tient tant à cœur à notre Rais n’est pas pour demain ! Et, évidemment on le sait, elle ne sera pas à l’ordre du jour lors de cette rencontre. Devrions-nous dire dommage ? Non : en politique, il ne devrait pas y avoir de place pour les sentiments. Comme le dit l’adage populaire " travail travail, camarade après". Et c’est ce qui est attendu de l’Europe : qu’elle ne fasse pas jouer la fibre sentimentale quand il s’agira de mettre l’Etat d’Israël devant ses responsabilités historiques. Car la réussite de cette rencontre et par conséquent l’entrée en vigueur ou si vous voulez la concrétisation de ce projet de l’UPM dépend principalement de cette question-là. On ne doit pas faire " Comme si le conflit israélo-palestinien n’existait plus". Est-ce la Méditerranée à boire que les pays du Sud demande à l’Europe ?
A moins d’un mois de "la rencontre à Paris des chefs d’Etats européens et ceux de la rive sud de la Méditerranée", l’UPM continue de susciter des débats passionnés et passionnants en même temps de part et d’autre de la grande bleue. Passionnés parce que jamais auparavant il n’y a eu un projet politique de cette envergure qui tente de lier le sort des Nord-africains à celui des européens. C’est la mondialisation qui veut ça, pourrait-on peut-être me rétorquer. En effet, la mondialisation rime avec globalisation et il est donc important que cette zone de la Méditerranée se constitue en un bloc régional uni capable de rivaliser avec les autres entités géopolitiques que sont les Etats-Unis et leur Sud et l’Asie du Sud-est et ses dragons, et ce sur les plans économique et politique. Passionnants parce que depuis que ce projet a été révélé par Nicolas Sarkozy, une polémique s’est installée, ici et là-bas, d’abord sur le contenu du projet lui-même et ensuite sur ce qui est susceptible d’être proposé aux uns et aux autres. Mais rien de tout cela n’est encore défini ; Il va falloir attendre le jour "J" pour savoir qui va faire quoi et à partir de quand. A supposer bien sûr que tous les pays riverains de la Méditerranée veuillent bien s’intégrer à cet ensemble régional. Or, jusqu’à maintenant, les hésitations des pays du Sud semblent l’emporter sur la realpolitik et le pragmatisme. Cela a commencé d’abord par la Conférence ministérielle du Forum méditerranéen qui s’est tenue la semaine dernière à Alger au cours de laquelle le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci a demandé plus d’éclaircissements concernant ce projet et surtout, dans un langage diplomatique subtil, à savoir qu’elles seraient les conséquences de l’intégration d’
Israël à ce processus.Le Président Libyen Mouammar Kadhafi quant à lui, très connu pour ses sorties médiatiques imprévisibles, sans s’accommoder de précautions comme il est pourtant d’usage en diplomatie, a enfoncé le clou en assenant une vérité, pas très bonne à dire il est vrai, à la face de l’Europe. Sa phrase, que l’on pourrait qualifier d’assassine, a fait le tour des rédactions sitôt prononcée : "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os", avait-il déclaré lors du mini sommet qu’il avait organisé chez lui, à Tripoli. Tout cela donc n’est pas fait pour arranger les choses et lancer l’UPM sur des bases saines et solides.
L’on comprend donc que ce qui semble poser problème aux sudistes ce n’est pas tant le projet en lui-même mais le fait de se retrouver sur la même tribune que la délégation israélienne le lendemain du 13 juillet c’est-à-dire lors du défilé de commémoration du 14 juillet. L’on sait par ailleurs que cette date symbolise, pour la France, la défaite du nazisme et la liberté reconquise du peuple français. Mais, aux indigènes que nous étions, cela rappelle aussi et surtout autre chose. Mais ne remuons pas le couteau dans la plaie. Laissons cette "chose " dans le placard de l’Histoire. La repentance qui tient tant à cœur à notre Rais n’est pas pour demain ! Et, évidemment on le sait, elle ne sera pas à l’ordre du jour lors de cette rencontre. Devrions-nous dire dommage ? Non : en politique, il ne devrait pas y avoir de place pour les sentiments. Comme le dit l’adage populaire " travail travail, camarade après". Et c’est ce qui est attendu de l’Europe : qu’elle ne fasse pas jouer la fibre sentimentale quand il s’agira de mettre l’Etat d’Israël devant ses responsabilités historiques. Car la réussite de cette rencontre et par conséquent l’entrée en vigueur ou si vous voulez la concrétisation de ce projet de l’UPM dépend principalement de cette question-là. On ne doit pas faire " Comme si le conflit israélo-palestinien n’existait plus". Est-ce la Méditerranée à boire que les pays du Sud demande à l’Europe ?
vendredi 20 juin 2008
Un nul sur toute la ligne ?
S’il y a une chose dont on parle énormément ces jours-ci dans la presse d’outre-mer, notamment française, c’est bien ce référendum irlandais qui s’est soldé par un non massif au Traité de Lisbonne. Ainsi donc, les Irlandais qui avaient pourtant si bien tiré profit des subventions communautaires ne veulent pas de cette Europe qui n’en finit pas de s’agrandir, de s’étendre vers l’Est et, qui sait, peut-être plus tard vers le Sud-Est avec probablement l’adhésion de la Turquie à cette union. Mais gageons que les hommes politiques européens sauront surmonter cette pénible épreuve en imaginant une solution politique de rechange.
Un plan B ou C, à vous de choisir.
"Ils vont essayer de trouver une formule pour faire revoter les citoyens irlandais, en espérant cette fois que la consultation populaire se solde par un « oui », et qu’enfin le traité simplifié soit adopté’’. Cet optimisme béat est cependant plus ou moins tempéré par un autre homme politique et non des moindres qui, lui, est catégorique. Pour Jean-Pierre Chevènement donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit ici, "Juridiquement, le Traité de Lisbonne est mort avec le non irlandais". Pour que l’Europe se ressaisisse et retrouve sa cohésion et sa sérénité d’antan, il va falloir cravacher dur. Les eurosceptiques d’ailleurs tablent sur une dizaine d’années d’âpres négociations au sein des différentes commissions à Bruxelles et ailleurs pour pouvoir remettre le train Europe sur les rails. D’autres par contre, ceux que l’on désigne communément par "élites" ne suggèrent pas moins que de passer outre le "non" irlandais et d’imprimer une marche forcée au train Europe quitte à se faire passer à leur tour pour des ennemis mortels de la démocratie. Enfin, le mot est prononcé. N’est-ce pas que c’est ce qui est reproché à l’Europe ? L’absence de démocratie au niveau de ses structures. Alors que pour nous, les peuples de la rive sud de la Méditerranée, l’Europe, quoi qu’on en dise, reste un modèle presque parfait de démocratie, les populations européennes elles-mêmes ne voient pas les choses de la même façon. Question de culture peut-être ? Evidemment cette différence d’appréciation et de perception trouve sa justification pleine et entière dans l’absence totale de démocratie dans nos contrées. En fait, ce problème qui agite actuellement les responsables européens a quelque niveau que ce soit, à Bruxelles ou au Luxembourg, ne nous concerne pas et nous n’avons nullement l’intention de nous immiscer dans ce débat euro-européen. Seulement, on voudrait bien savoir si ce vote négatif des Irlandais n’aurait pas de conséquences fâcheuses sur une autre union qui se profile à l’horizon : l’UPM.
Il faut dire que jusqu’ici personne, parmi les analystes politiques de France et de Navarre, n’a abordé la question sous cet angle. On semble avoir carrément, du moins momentanément, mis aux oubliettes ce projet et cela à quelques jours seulement des assises constitutives de l’UPM qui auront lieu le 13 juillet à Paris. La presse algérienne, par contre, vient tout juste, timidement, il faut l’avouer, d’aborder cette question. Elle commence à se poser des questions et ce au moment même où la présence de l’Algérie à ces assises n’est plus un secret pour personne.
Ce rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais ne pouvait pas si mal tomber : à la veille de deux rendez- vous politiques importants pour Nicolas Sarkozy.
Premièrement, celui-ci s’apprête à assurer la présidence de l’Union européenne et il est mal venu pour lui de prendre la relève dans de telles conditions, c’est plus que décourageant, c’est le moins qu’on puisse dire. Deuxièmement, les nouvelles qui lui parviennent de la rive sud de la Méditerranée ne sont pas non plus rassurantes quant à la suite des événements. Nicolas Sarkozy et son staff politique ont bien du pain sur la planche pour essayer de convaincre les uns et les autres de l’intérêt qu’il y a à maintenir le cap bien droit des réformes politiques qui s’imposent à l’Europe d’une part et d’amarrer les pays de la rive sud de la mare Nostrum à l’Europe d’autre part. Vaste chantier ! A la place de Nicolas Sarkozy, je n’essayerais pas de courir derrière deux lièvres à la fois. A moins d’être un marathonien médaillé ! Et en or. Nicolas Sarkozy devrait revoir ses ambitions à la baisse. Du moins dans l’un ou l’autre dossier. C’est ce que, en bon conseiller, Henri Guaino devrait lui suggérer.
Les peuples sont ingrats, avait dit Churchill, paraît-il. Il avait bien raison. Cela s’est confirmé cette semaine même. Les Irlandais qui disent NON à l’Europe alors que leur économie n’a pris véritablement son envol que grâce aux subventions et aux aides financières provenant justement de cette Europe, ne peut qu’être enregistrée dans ce registre : l’ingratitude. Mais, je m’en lave les mains, cette sentence n’est pas mienne, j’ai dû la lire quelque part sur l’un des nombreux papiers consacrés à cette crise institutionnelle de l’Europe. Le choix éclairé du peuple Irlandais de dire "Non" au Traité de Lisbonne a laissé perplexes, effondrés même, plus d’un. C’est un coup dur pour l’Europe. C’est un coup de massue sur la tête des "élites" européennes qui ne savent plus maintenant à quelle ruse politique se référer pour contourner cet obstacle, pour que le "non" irlandais ne soit pas un frein qui bloquerait l’Europe pour quelque temps.
Un plan B ou C, à vous de choisir.
"Ils vont essayer de trouver une formule pour faire revoter les citoyens irlandais, en espérant cette fois que la consultation populaire se solde par un « oui », et qu’enfin le traité simplifié soit adopté’’. Cet optimisme béat est cependant plus ou moins tempéré par un autre homme politique et non des moindres qui, lui, est catégorique. Pour Jean-Pierre Chevènement donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit ici, "Juridiquement, le Traité de Lisbonne est mort avec le non irlandais". Pour que l’Europe se ressaisisse et retrouve sa cohésion et sa sérénité d’antan, il va falloir cravacher dur. Les eurosceptiques d’ailleurs tablent sur une dizaine d’années d’âpres négociations au sein des différentes commissions à Bruxelles et ailleurs pour pouvoir remettre le train Europe sur les rails. D’autres par contre, ceux que l’on désigne communément par "élites" ne suggèrent pas moins que de passer outre le "non" irlandais et d’imprimer une marche forcée au train Europe quitte à se faire passer à leur tour pour des ennemis mortels de la démocratie. Enfin, le mot est prononcé. N’est-ce pas que c’est ce qui est reproché à l’Europe ? L’absence de démocratie au niveau de ses structures. Alors que pour nous, les peuples de la rive sud de la Méditerranée, l’Europe, quoi qu’on en dise, reste un modèle presque parfait de démocratie, les populations européennes elles-mêmes ne voient pas les choses de la même façon. Question de culture peut-être ? Evidemment cette différence d’appréciation et de perception trouve sa justification pleine et entière dans l’absence totale de démocratie dans nos contrées. En fait, ce problème qui agite actuellement les responsables européens a quelque niveau que ce soit, à Bruxelles ou au Luxembourg, ne nous concerne pas et nous n’avons nullement l’intention de nous immiscer dans ce débat euro-européen. Seulement, on voudrait bien savoir si ce vote négatif des Irlandais n’aurait pas de conséquences fâcheuses sur une autre union qui se profile à l’horizon : l’UPM.
Il faut dire que jusqu’ici personne, parmi les analystes politiques de France et de Navarre, n’a abordé la question sous cet angle. On semble avoir carrément, du moins momentanément, mis aux oubliettes ce projet et cela à quelques jours seulement des assises constitutives de l’UPM qui auront lieu le 13 juillet à Paris. La presse algérienne, par contre, vient tout juste, timidement, il faut l’avouer, d’aborder cette question. Elle commence à se poser des questions et ce au moment même où la présence de l’Algérie à ces assises n’est plus un secret pour personne.
Ce rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais ne pouvait pas si mal tomber : à la veille de deux rendez- vous politiques importants pour Nicolas Sarkozy.
Premièrement, celui-ci s’apprête à assurer la présidence de l’Union européenne et il est mal venu pour lui de prendre la relève dans de telles conditions, c’est plus que décourageant, c’est le moins qu’on puisse dire. Deuxièmement, les nouvelles qui lui parviennent de la rive sud de la Méditerranée ne sont pas non plus rassurantes quant à la suite des événements. Nicolas Sarkozy et son staff politique ont bien du pain sur la planche pour essayer de convaincre les uns et les autres de l’intérêt qu’il y a à maintenir le cap bien droit des réformes politiques qui s’imposent à l’Europe d’une part et d’amarrer les pays de la rive sud de la mare Nostrum à l’Europe d’autre part. Vaste chantier ! A la place de Nicolas Sarkozy, je n’essayerais pas de courir derrière deux lièvres à la fois. A moins d’être un marathonien médaillé ! Et en or. Nicolas Sarkozy devrait revoir ses ambitions à la baisse. Du moins dans l’un ou l’autre dossier. C’est ce que, en bon conseiller, Henri Guaino devrait lui suggérer.
Les peuples sont ingrats, avait dit Churchill, paraît-il. Il avait bien raison. Cela s’est confirmé cette semaine même. Les Irlandais qui disent NON à l’Europe alors que leur économie n’a pris véritablement son envol que grâce aux subventions et aux aides financières provenant justement de cette Europe, ne peut qu’être enregistrée dans ce registre : l’ingratitude. Mais, je m’en lave les mains, cette sentence n’est pas mienne, j’ai dû la lire quelque part sur l’un des nombreux papiers consacrés à cette crise institutionnelle de l’Europe. Le choix éclairé du peuple Irlandais de dire "Non" au Traité de Lisbonne a laissé perplexes, effondrés même, plus d’un. C’est un coup dur pour l’Europe. C’est un coup de massue sur la tête des "élites" européennes qui ne savent plus maintenant à quelle ruse politique se référer pour contourner cet obstacle, pour que le "non" irlandais ne soit pas un frein qui bloquerait l’Europe pour quelque temps.
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