dimanche 15 octobre 2017

Et la parole fut !

Mon dernier message sur Facebook était le suivant : «Quand on n’a rien à dire, le mieux qu’on puisse faire est de se taire.» Certains pensent que le silence en pareille situation vaut de l’or. Car, dans ce post, il est bien évident que l’idée exprimée entre les lignes est en rapport direct avec ce qui se passe actuellement sur la scène politique nationale. Et, le moins qu’on puisse dire, est que la scène politique nationale connaît, ces derniers jours, une certaine effervescence. Il y a comme une sorte de forcing de ceux qui, prenant subitement conscience de la dérive quasi totalitaire du pouvoir qui veut imposer encore le président Abdelaziz Bouteflika en 2019 pour un cinquième mandat, malgré sa condition physique, se mettent à écrire dans les journaux et leurs pages Facebook pour sensibiliser le peuple sur le danger si une telle éventualité venait à se produire.
Le premier homme politique qui s’est jeté dans le bain ou plutôt dans l’arène politique et qui mérite, de ce fait, tous nos respects n’est autre que le chef de file de Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui a appelé à maintes reprises à ce que l’article 102 soit appliqué par le Conseil constitutionnel. Il est suivi ensuite (mais avec un style différent) par un autre homme politique, Noureddine Boukrouh. Ce dernier est connu d’ailleurs pour ses écrits très virulents à l’égard du système et pleins d’anecdotes en même temps. Le hic que certains observateurs ou commentateurs de la scène politique nationale n’ont pas manqué de relever d’emblée, c’est que celui-ci a déjà fait partie du système qu’il condamne aujourd’hui avec force. Sans pitié même. La question que d’aucuns se posent déjà est : «Peut-on lui faire confiance et prendre ses conseils pour de l’argent comptant ? Ne représente-t-il pas la tête pensante d’un autre clan qui veut s’emparer du pouvoir ? Et qui prouve qu’une fois au pouvoir, celui-ci, ce clan, ne se comportera pas comme ceux qu’il essaye, aujourd’hui, de forcer à partir ?»
Ainsi donc, comme on le voit, il y a de nombreuses questions qui triturent les méninges et hantent l’esprit des Algériens et des Algériennes, surtout de ceux et de celles ayant vécu les années noires du terrorisme. On a peur de bouger. On a peur de se révolter contre l’ordre établi… On a toujours à l’esprit qu’une révolte même pacifique peut facilement dégénérer et aboutir à une révolution dont le cours sera difficile à maîtriser. Le pouvoir n’ignore pas cela. En plus, il fait sciemment entretenir la confusion entre peur et stabilité. Il y a stabilité parce que les gens ont peur. Ils sont tétanisés. Ni plus ni moins.
La peur des lendemains incertains fait que les Algériens s’accommodent de ce système même si tout un chacun le condamne en privé. «Le roi est mort, vive le roi» n’est pas dans nos traditions et ne semble pas du tout inquiéter ce système qui a encore de beaux jours devant lui. A moins d’une prise de conscience collective de dernière minute sous les coups de boutoir des Boukrouh, Soufiane Djilali et le trio de vieux routiers de la politique dont la dernière sortie médiatique a été une surprise pour beaucoup d’Algériens.
Ces évènements ont fait que je rompe le silence. Que je dise ce que j’avais à dire. Et la parole fut.
A. G.

mardi 6 janvier 2015

Fatwa «âla» Facebook

A mon sens, émettre une fatwa quelle qu’elle soit n’est pas à la portée de n’importe quel homme de religion et encore moins d’un imam dont la seule prérogative est la conduite de la prière dans une mosquée de quartier. Une fatwa requiert des connaissances très approfondies en matière d’exégèse, c’est-à-dire d’explication des textes coraniques et doit être prise de façon collégiale par des savants de l’islam désignés par les plus hautes autorités de chaque Etat musulman. Pour cela, nous avons en Algérie le HCI (le Haut conseil islamique) qui se réunit de façon périodique pour annoncer le début du Ramadhan, le pèlerinage à la Mecque, etc. Les fatwas donc sont de la compétence de ce haut conseil. Et en dehors de ce conseil, nul ne devrait, en principe, être autorisé, habilité à prononcer la moindre fatwa, sinon, ce serait la porte ouverte vers des dérives de toute sorte. Rappelons-nous des années 90 pendant lesquelles des apprentis sorciers n’ayant jamais mis les fesses (excusez-moi le terme) sur les bancs d’une… médersa s’autoproclamaient «fouk’aha» et condamnaient à tort et à travers tout aussi bien les journalistes et les intellectuels que les pauvres villageois qui ne cédaient pas à leur chantage. De ces années-là, je me rappelle personnellement et particulièrement de ce «repenti» qui, excédé sans doute par le comportement anormal, voire pathologique, de ses «frères de lutte» du maquis, leur faussa compagnie et se rendit avec arme et bagage. Montré à la télévision, il ne cessait pas de répéter «charâ allah, hakma allah» tout en mimant la gestuelle de l’égorgeur pour dire à quel point ses «frères de combat» étaient cruels. Presque vingt ans après, ces images d’un homme hirsute, fou de rage, à la limite de l’hystérie et narrant avec précision les hauts faits d’armes (si l’on peut appeler ça comme cela) de ses ex-compagnons sont encore ancrées dans ma mémoire. En fait, ceux-ci n’avaient aucun respect pour la vie humaine. Tout simplement. Dès leur fatwa prononcée, ils passaient à l’acte. A l’exécution. Sommaire. Sans possibilité à leur victime de faire appel. Mais appel auprès de qui ? Auprès de quelle autorité ? Celle du jour ou celle de la nuit pour reprendre ce qu’exprimait, non sans ironie, l’opinion publique tout au long de la décennie noire ? C’était pour ainsi dire l’âge d’or… pas de l’islam, mais de la barbarie. Barbarie qui n’avait pas d’égale dans toute l’histoire ancienne et récente de l’humanité. Les «djihadistes» de Daech et autre groupe Nosra qui terrorisent actuellement les chrétiens de Syrie et les Kurdes paraissent des enfants de chœur par rapport à ceux qui essaimaient nos montagnes et nos maquis. Ces groupes terroristes ont été vaincus militairement. C’est le moins qu’on puisse dire même s’il reste quelques poches résiduelles ici et là. Mais l’idéologie dont ils s’abreuvaient semble toujours active. La preuve vient de nous en être donnée par un certain imam répondant au nom de Hamadache. Quelle mouche donc a piqué cet obscur imam pour émettre une fatwa de condamnation à mort contre l’une de nos plumes littéraires les plus prometteuses du moment ? Vous l’auriez bien deviné, il s’agit de la dernière fatwa via Facebook dont les protagonistes, si j’ose dire, sont l’obscurantiste imam et le journaliste-écrivain Kamel Daoud dont la dernière œuvre littéraire a failli remporter le prestigieux Goncourt. Mais je vous avoue que jusqu’à présent, je n’ai pas encore saisi, pas encore compris la raison principale qui a motivé cette fatwa lourde de sens. Kamel Daoud est qualifié (par cet énergumène d’imam… du dimanche) d’apostat, de mécréant qui «mène une guerre contre Allah, son prophète, le Coran et les valeurs sacrées de l'islam». L’on se demande d’où cet imam tient tout cela. Avait-il au moins lu ne serait-ce qu’une seule de ses chroniques sur le Quotidien d’Oran ? Avait-il lu son dernier livre Meursault, contre-enquête ? Un autre aveu, une autre confidence : votre interlocuteur non plus n’a pas encore eu l’occasion de jeter un coup d’œil même rapide sur ce roman que d’aucuns ont trouvé très bien écrit et très bien pensé. La presse d’ici et d’outre-mer n’a, d’ailleurs, pas tari d’éloges sur ce livre, et ce, dès sa parution. Il faut dire que plus de soixante-dix ans après la mort de l’Arabe (dans L’étranger d’Albert Camus), Kamel Daoud a eu l’idée géniale de donner, enfin, un nom et une sépulture à cet Arabe. Est-ce pour cela qu’on veut le tuer, lui, maintenant ? Se taire aujourd’hui devant cette grave atteinte à la liberté d’expression, c’est cautionner, à coup sûr, le retour à la décennie évoquée ci-dessus. Et cela d’autant plus que le pouvoir actuel semble avoir les poings liés par la politique de la réconciliation nationale : à ceux qui sont touchés par cette grâce, il ne peut, apparemment, faire la moindre remontrance. Notre devoir de citoyen est donc de dire stop, halte à ces fatwas prononcées par des illuminés. La société civile dans son ensemble doit s’impliquer pour condamner ce qui est condamnable. Et il va sans dire que pour tout citoyen sain d’esprit et ouvert à la tolérance, à la liberté de conscience, à la démocratie, cette fatwa est condamnable. L’écrivain de Meursault, contre-enquête mérite, de notre point de vue, plutôt notre admiration que notre condamnation.

mercredi 5 mars 2014

Lettre ouverte aux intellectuels algériens.

L’Algérie se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Alors, il est très urgent, me semble-t-il, que tout ce que le pays recèle de cadres et d’intellectuels de tous bords s’implique, d’une manière franche et directe, dans le débat politique. Il est admis qu’actuellement, contrairement aux années qui ont suivi l’indépendance du pays, l’Algérie dispose d’énormes potentialités humaines de grande valeur morale et intellectuelle, non seulement en intra-muros, mais aussi éparpillés aux quatre coins du globe. C’est à cette catégorie d’Algériens que je m’adresse, ici, dans cette lettre ouverte, dictée par ma seule conscience d’Algérien jaloux et inquiet en même temps du devenir de son pays. Personne n’ignore qu’un verset coranique stipule ce qui suit : «Dieu ne changera rien dans la situation des hommes s’ils ne changent pas ce qui est en eux» (Coran, Ar Ra’ad, Le tonnerre, sourate XIII-verset 11).
Partant de ce principe si simple dans son application, il m’a semblé très utile de m’adresser, par le biais de cette lettre ouverte, à vous, mes chers compatriotes, car je sais pertinemment, qu’ensemble, par nos interventions publiques à travers les médias nationaux et pourquoi pas aussi ( ?) étrangers, nous arriverons facilement à renverser la vapeur et à détourner le cours de l’Histoire de l’Algérie qui s’oriente tout doucement mais inexorablement vers une catastrophe. Jugez-en.
L’Algérie a plus de cinquante ans d’indépendance. Ce n’est peut-être rien à l’échelle de l’Histoire. Mais, faut-il le reconnaître, c’est l’âge adulte pour un peuple qui a eu à mener l’une des plus grandes et des plus glorieuses guerres du siècle passé. C’est même beaucoup pour un peuple qui aspirait, dès l’indépendance acquise, à construire un Etat-nation avec des valeurs démocratiques héritées de son combat libérateur, valeurs démocratiques écrites noir sur blanc par des hommes lucides et intègres de ce pays lors du Congrès de la Soummam. Avec le temps, force est d’admettre que ces valeurs se sont délitées à tel point qu’aujourd’hui, le parti, sous la bannière duquel les Algériens de l’ancienne génération s’étaient regroupés pour mettre dehors l’ancienne puissance coloniale, en vient à porter sévèrement atteinte à l’un des piliers de notre défense nationale, le DRS. Mais, le problème ne s’arrête pas là. Il est vrai que cette sortie médiatique du SG du parti auquel on fait allusion ici a été sévèrement réprimée par des hommes et des femmes qui restent, malgré tout, attachés aux valeurs de Novembre. Cette déclaration inopportune et provocatrice a fait couler beaucoup de salive et beaucoup d’encre. La presse dans sa globalité, publique et privée, en a fait état régulièrement et pendant plusieurs jours de suite. Elle a même fait réagir, au dernier moment peut-être, un peu tardivement selon certains, le premier magistrat du pays, Abdelaziz Bouteflika, par le biais d’un communiqué lu à la télévision nationale. Et comment pourrait-il en être autrement ? L’on sait très bien que l’homme est malade… et bien malade, incapable même de prononcer le moindre mot du fait des séquelles cognitives liées à son AVC du 27 avril de l’année 2013. Et pourtant, et c’est là que le bât blesse, il se trouve que certains partis politiques, pour des raisons d’intérêts personnels propres à leurs chefs (qui font partie du gouvernement actuel), essayent par tous les moyens illégaux de nous convaincre ou plutôt de convaincre certains Algériens naïfs, et probablement sans culture politique, qu’en dehors de Fakhamatouhou, il n’y a point d’hommes en Algérie capables de relever le défi et par conséquent point de salut pour l’Algérie. Cela est grave.
De ce fait, il me semble qu’il est du devoir des intellectuels algériens, qui sont pour un changement politique pacifique en Algérie, d’apporter la contradiction à ces laudateurs, à ces thuriféraires, en expliquant de façon calme et posée qu’en démocratie, la règle principale est l’alternance au pouvoir, qu’il est temps que l’ancienne génération, qu’on n’a, du reste, jamais cessé de remercier pour sa participation à la lutte d’indépendance nationale, est arrivée aujourd’hui à ses limites tant politiques que physiques et biologiques, et qu’elle doit passer le flambeau à la nouvelle génération. Le président actuel lui-même l’avait reconnu, lors de son fameux discours du 8 mai 2012, à Sétif, en disant, texto, en dialecte algérien, «ma génération tab djenanha». Quand un président en arrive à tenir, publiquement, un tel langage, cela veut tout dire. Et cela, bien avant qu’il ne tombe gravement malade. Sa maladie, son handicap physique, sa disparition de la scène politique, hormis quelques séquences vidéo montées avec bricolage et amateurisme et qui, malgré tout, montrent un homme au regard hagard, figé dans la position décrite dans les livres de médecine de «le malade fuit sa paralysie et regarde sa lésion», ne sont pas faits pour arranger les choses. Toujours est-il qu’à cette occasion nous lui réitérons notre vœu sincère de le voir complètement rétabli et nous lui souhaitons longue vie au milieu de ses proches et de sa famille. Mais accepter que le pays soit gouverné pour les prochaines cinq années par un tel homme est un non-sens, je dirai même une insulte à ce peuple qui a vaincu le colonialisme français et le terrorisme islamiste. Beaucoup d’Algériens sérieux et sincères, qu’ils soient au fait de la chose politique ou simple profanes, réclament, aujourd’hui, l’instauration de la 2e République. Que cela soit. Que la 2e République naisse en ce 17 avril 2014 sans forceps et sans césarienne. Sans souffrance et sans effusion de sang.
Abdelaziz Ghedia, membre fondateur de Jil jadid
 

mercredi 13 février 2013

Essai de déconstruction du mythe de « choc des civilisations » (2)

De la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la chute du mur de Berlin, les deux blocs, Est et Ouest, se faisaient face, en chien de faïence, et « l’équilibre de la terreur » était assuré et faisait le reste…c’est-à-dire rien. Mise à part l’histoire des missiles russes déployés à Cuba en 1962 qui avait failli provoquer un conflit nucléaire entre les deux superpuissances (Etats-Unis et URSS), il n’y a pas eu, à proprement parler, de problèmes très sérieux pouvant conduire à la rupture de cet équilibre. A noter que cette décision des soviétiques avait été prise à la suite de l’affaire dite de « la baie des cochons » pendant laquelle des opposants cubains au régime de Fidel CASTRO avaient été largués à cet endroit par l’armée américaine. Leur but : renverser Fidel Castro.
Mais, sans entrer dans les détails de cette opération clandestine menée par les Etats-Unis (ce qui, du reste, n’est pas l’objectif de cet écrit), disons que celle-ci s’était soldée par un fiasco total. L’on sait que les américains, à l’époque, étaient très allergiques (et le mot n’est pas très fort) à l’idéologie communiste et acceptaient mal le fait que Cuba soit imprégnée de cette idéologie. D’où d’ailleurs cette citation qui fait de Cuba « l’île si proche des Etats-Unis et si loin de Dieu ». Plus d’un demi-siècle après cette affaire, Cuba est toujours idéologiquement très à gauche pour ne pas dire communiste, ce dernier terme ayant, entre temps, perdu de son aura, et les Castro toujours au pouvoir ! Fidel est très âgé et malade, mais Raul est très fidèle. Simple jeu de mots qui dénote d’une situation politique si fréquente sous nos latitudes musulmanes où le pouvoir est parfois légué en héritage (cas de la Syrie où le fils a littéralement remplacé au pied levé son père) mais qui fait fausse note au pays de la salsa. En effet, culturellement parlant, cette pratique de passation de pouvoir n’aurait pas dû avoir lieu dans un pays, Cuba, qui, malgré tout, appartient à l’Occident.
La fin de la guerre froide ne pouvait donc qu’engendrer, de la part des penseurs et des intellectuels états-uniens une autre conception du monde qui puisse leur permettre de sauvegarder leur hégémonie économique, politique, militaire et culturelle sur le monde. Il fallait donc, coûte que coûte, créer un ennemi. Mais un ennemi qui fasse consensus au sein de l’opinion publique de l’Occident. Et qui, mieux que l’Islam, pourrait faire ce consensus ? L’on comprend donc que S. Huntington, dans le but certainement de ne pas trop froisser le monde musulman, a, pour le besoin de son livre le « choc des civilisations », répertorié plusieurs civilisations susceptibles, dans les prochaines années, d’entrer en conflit avec l’Occident. Mais, c’est le monde musulman qui se taille la part du lion dans ce que, personnellement, je n’hésiterai pas à dire ses « élucubrations ». Pour appuyer sa thèse, S. Huntington revient de façon persistante ou plutôt insistante sur la culture qu’il assimile à civilisation. Or, de notre point de vue, il n’y a aucune ressemblance entre, par exemple, la culture de l’Afghanistan et celle du Maroc, deux pays appartenant à la sphère arabo-musulmane mais se trouvant l’un et l’autre aux extrémités opposées de ce monde. Au Maroc et dans les autres pays maghrébins (Algérie, Tunisie…) qui sont des pays du pourtour méditerranéen, la culture est de type méditerranéen et à même tendance à s’occidentaliser du fait de la proximité de l’Europe, des mouvements de personnes qui se font dans les deux sens à travers cette mer intermédiaire qu’est la méditerranée et, à ne pas négliger aussi, du fait de la réception des programmes de télévisions qui, d’une façon ou d’une autre, influent sur le processus culturel en cours dans les pays sus cités. La culture n’est jamais figée. Dans tous les pays, elle évolue, elle fait du troc en quelque sorte avec son environnement le plus proche en exportant ses modèles et en important d’autres. C’est ainsi qu’il n’est pas du tout étonnant de savoir, par exemple, que sur le plan culinaire, le couscous algérien est très apprécié des français et pourrait devenir, dans un avenir pas très lointain, un plat national français au même titre que la bouillabaisse marseillaise ou le bœuf bourguignon.
C’est surtout pour détendre l’atmosphère que j’ai cité, ici, le couscous. Par expérience, je sais que les français en raffolent, contrairement aux belges qui s’accrochent à leur « frites moules » comme le naufragé à sa bouée de sauvetage ! En revanche, la baguette de pain à la française a été adoptée dans l’ensemble des pays du Maghreb même si, ces derniers temps la galette revient en force dans certains foyers algériens.
Dans le monde musulman, les cultures sont si nombreuses et si différentes les unes des autres que l’Algérien, par exemple, est, culturellement beaucoup plus proche du marseillais que du pachtoune ! Voila pour l’anecdote.
Mais, nous ne devons pas pour autant oublier que la culture ne se résume pas seulement à l’art culinaire. Elle représente aussi les coutumes, le savoir faire, les traditions et tout un tas de choses qui différencient les sociétés humaines les unes des autres. Et sur ce plan-là, il est évident que certaines choses qui sont admises facilement ici, peuvent ne pas l’être ailleurs. Souvent pour une question de morale. L’une des raisons qui fait que les musulmans sont mal vus, mal considérés et parfois même traités d’obsédés sexuels, par exemple, est le maintien, dans les différents « codes de la famille » des pays musulmans, de la polygamie. Cette question revient de façon récurrente dans tous les forums de discussion lorsque l’Islam est évoqué. Pourtant, cette pratique est toujours en vigueur chez les mormons, aux Etats-Unis, le cœur même de l’Occident. Certainement, il ne vient à l’esprit d’aucun occidental de se lier conjugalement et légalement à trois ou quatre femmes en même temps, mais cela ne l’empêcherait pas, le cas échéant, de cumuler le nombre de ses conquêtes et donc de ses concubines. En occident, cela s’appelle « être un Don juan ». Comme si le mot polygamie n’existait pas dans le lexique des différentes langues occidentales. Evidemment, si ce terme est évité, c’est par ce qu’il est choquant et véhicule une connotation péjorative qui ne sied à merveille qu’au musulman. Mais, ce que l’homme occidental ignore peut-être, c’est que, du point de vue de la religion musulmane, les conditions posées aux hommes intéressés par la polygamie sont tellement draconiennes que cela finit, fatalement, par dissuader plus d’un. Cela sans préjuger des conditions matérielles de la vie qui deviennent de plus en plus difficiles. Tout compte fait donc, les adeptes de cette pratique qui, assurément, fait fantasmer beaucoup d’hommes, ne sont pas légion au Maghreb ou ailleurs dans le monde musulman. Et d’ailleurs, avec l’émancipation des femmes qui accèdent de plus en plus aux études universitaires et qui, pour certaines d’entre-elles, activent même dans la société civile et particulièrement dans les mouvements féministes, la polygamie est condamnée à disparaître. Ce n’est qu’une question de temps. La Tunisie, par exemple, a, incontestablement, une longueur d’avance sur les autres pays musulmans puisque, du temps de Habib Bourguiba, la polygamie avait été abrogée du « code de la famille » tunisien. Espérons qu’avec le retour des islamistes ‘Ennahda’ au pouvoir, conséquemment à « la révolution du jasmin », celle-ci ne sera pas de nouveau inscrite dans les tables de la loi. Sans m’attarder encore plus sur la polygamie, disons que chaque culture a ses avantages et ses inconvénients. Mais rien n’est immuable. Tout est susceptible de changer. Avec la volonté des hommes…et des femmes bien sûr.
Chaque peuple, chaque société humaine prend de la culture des autres ce qui l’arrange et jette dans le caniveau ce qui ne correspond pas à sa conception de la vie. Ainsi, les interactions culturelles sont toujours à l’œuvre, toujours en cours. Mais, je répète encore, ce qui est valable et acceptable sous certains cieux peut provoquer des réticences si ce n’est un rejet pur et simple ailleurs même au sein de pays appartenant à la même sphère culturelle. Et là, il me vient à l’esprit la question qui fait jaser actuellement beaucoup de français et de françaises : le mariage pour tous ! Quelle trouvaille ! Cette question a été débattue de long en large même au niveau du parlement français. Mais, entre nous, cette question méritait-elle vraiment un débat au parlement ? Loin de moi l’idée de donner des leçons à l’Occident (et la France en fait partie), mais avec une telle loi, si elle venait à être promulguée par les « sages », c’est le déclin garanti de l’une des civilisations occidentales. Ce paradigme occidental, si on peut appeler ça paradigme, est démographiquement improductif et moralement condamnable. Le législateur français ne devrait pas, à notre sens, sous prétexte de respecter les libertés individuelles, tomber dans ce piège.
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J’ai peut-être abusé un peu de votre temps en insistant sur certains aspects culturels de l’Occident (mariage pour tous) et des musulmans (polygamie) et cela pour être autant que possible en phase avec S.Huntington qui, lui aussi, ne l’oublions pas, a bâti pratiquement toute sa théorie du « choc des civilisations » sur ces aspects-là. S. Huntington « voyait la planète non comme un assemblage de nations, mais comme un puzzle composé de cultures et de systèmes politiques qui n’en sont pas au même stade d’évolution ».3
Non, expliquer les conflits actuels ou à venir entre les différents peuples uniquement en partant d’une soit disant différence culturelle ne tient pas pour longtemps la route. Le problème est beaucoup plus sérieux et plus grave que ça. Il n’est plus idéologique, certes. Mais, il n’est pas non plus uniquement d’ordre culturel. Le drame des pays musulmans, c’est que, géographiquement, ils sont situés dans une zone qui attire les convoitises de part sa richesse en matières énergétiques (pétrole et gaz).
Le nerf de la guerre est l’argent, dit-on.
L’Irak a été envahi par les américains, sous un faux prétexte, (faut-il le rappeler encore ?) pas parce que sa culture (qui est millénaire contrairement à celle des Etats-Unis qui est toute récente) est incompatible avec celle de l’Occident mais parce que son sous sol recèle de gigantesques réserves en pétrole et parce que aussi, du point de vue politique et diplomatique, il faisait partie du « front du refus », ces pays qui s’opposaient à la paix avec Israël. Il était l’un des pays à tenir tête à l’Etat d’Israël et par conséquent à l’oncle Sam et à l’Occident dans tout son ensemble. C’est à se demander comment cette si simple vérité a pu échapper au théoricien du « choc des civilisations » qu’était S. Huntington. Ah, pardon, c’est une erreur de ma part. Le « choc des civilisations » a précédé de quelques années « le choc et l’effroi » !
3- http://www.france24.com/fr/20120917-youtube-le-choc-civilisations

Essai de déconstruction du mythe de « choc des civilisations » (1)

Hier soir, en surfant sur les différents sites internet que j’ai l’habitude de consulter, je me suis attardé plus que d’habitude sur « dédefensa.org » où les articles d’une certaine Badia Benjelloune sont un véritable délice. Un véritable délice dans le sens où son écriture est tellement fluide et aérée qu’elle pénètre aisément dans l’esprit et incite à la réflexion. Cette femme (si c’est vraiment une femme) dont le nom rappelle celui d’un écrivain franco marocain, Tahar Benjelloun, est d’une clairvoyance telle que je n’ai pas manqué de lui laisser un petit commentaire pour la remercier du travail qu’elle accomplit presque quotidiennement sur ce site. Rien n’échappe à sa sagacité et à son érudition. Sa culture est certainement assez vaste pour lui permettre d’aller puiser des anecdotes même dans le passé glorieux de notre civilisation arabo-musulmane que d’aucuns veulent ressusciter en s’adonnant à un « djihadisme » qui, tout compte fait, fait beaucoup plus de mal au monde musulman que toutes les armées du monde occidental réunies.
Et, en lisant ces écrits, je n’ai pu m’empêcher de penser que le monde musulman, pour qu’il retrouve sa gloire d’antan et pour qu’il sorte de la nuit et des ténèbres dans lesquelles il végète depuis des siècles maintenant, a plutôt besoin de gens de la trempe de cette dame que de djihadistes tels le sieur Mokhtar Belmokhtar. Cette dame, par ses écrits, contribue, d’une manière ou d’une autre, à la déconstruction du mythe, apparu il ya quelques années d’abord aux Etats-Unis puis il s’est vite répandu en Europe, qui veut qu’en ce début du troisième millénaire, nous allions inévitablement vers un « choc des civilisations ». En ce qui nous concerne, et disons que nous sommes de simples citoyens c’est-à-dire n’ayant aucune autorité en matière d’analyse géopolitique, nous réfutons cette thèse. Et cela pour deux raisons principales.
Primo, les guerres qui sont menées un peu partout dans les pays musulmans par des armées de l’Occident ont-elles vraiment le caractère des croisades selon le sens classique de ce terme ? Personnellement, j’en doute. Sinon, comment expliquer ceci : on a vu, par exemple, qu’en Irak, en 2003, la coalition qui a mis fin au régime irakien de Saddam Hussein, était constituée même de certains pays musulmans (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar…). Par ailleurs, dans toutes ces guerres[1] , il faut bien admettre que la géopolitique et l’économie en sont le moteur essentiel. Ce sont elles qui priment sur les considérations religieuses.
On a beau dire qu’à la suite de la chute du mur de Berlin, en 1989, suivie de la dislocation de l’URSS, l’Histoire a pris fin, mais non. Celle-ci a peut-être connu un petit moment de flottement où le seul bloc hégémonique qui continuait à gérer les affaires du monde était représenté par la puissance militaire et économique que sont les Etats-Unis. Elle a eu un moment de bégaiement mais elle a tout de suite repris son cours normal et, finalement, le deuxième bloc qu’est la Russie s’est reconstitué à la faveur de sa courte guerre qui l’a opposé à la Géorgie voisine. A partir de ce moment-là, il est permis de dire que l’ours a repris du poil de la bête pour user d’une métaphore assez connue s’agissant de l’ancienne URSS.. La Russie de Poutine II (on l’appellera ainsi parce qu’après un intermède de cinq ans où la présidence de cet Etat, amputé d’une bonne partie de son territoire de naguère, était assurée par Medvedev, il est revenu au pouvoir) n’a plus l’intention de laisser faire, de rester à l’écart des affaires du monde. Une mention particulière doit être faite, ici, à cet égard. Et c’est le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexie Pouchkov, qui le dit : « La Russie est en train de mettre un terme à sa dépendance de la superpuissance mondiale »2. Autrement dit, la Russie d’aujourd’hui a les moyens tant militaires qu’économiques de reprendre la place qui était la sienne avant la prise du pouvoir par Michail Gorbatchev qui, avec sa politique de Glasnost et de perestroïka ne put qu’entrainer son pays à l’effondrement. Cette période fut d’ailleurs caractérisée par des troubles (manifestations et grèves) et de révolutions colorées, certainement commanditées de l’étranger, dans la plupart des confédérations de l’ex URSS qui se trouvent actuellement autonomes et même, pour certaines d’entre-elles, dans le giron de l’Europe de l’Ouest.
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Pourquoi ai-je fait une petite parenthèse en parlant de la Russie d’aujourd’hui ? C’est pour la simple raison que lorsqu’on parle de « choc de civilisations », il ne faut pas perdre de vue que l’auteur de ce brûlot qu’est Samuel Huntington, avait eu l’idée de proposer cette théorie, dénuée de tout fondement à notre sens, après l’effondrement du bloc soviétique. Il s’en était servi comme modèle pour expliquer les nouvelles relations internationales. Il « s'appuie sur une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques « politiques », mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu'il appelle « civilisationnelles », dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles »2. Pour Samuel Huntington sans doute, la disparition du bloc de l’Est, qui a, pendant une soixante d’années, vécu sous le régime de l’idéologie communiste, équivaut à la fin de l’Histoire. En réalité, cette prophétie est de Francis FUKUYAMA. Huntington l’a reprise ensuite à son compte et l’a largement développée. Or, il nous semble, qu’au vu des évènements politiques et historiques actuels qui mettent le monde sens dessus-dessous, que rien n’est moins faux. Ne peut-on pas penser qu’il y avait certainement confusion dans l’esprit de cet auteur en assimilant l’idéologie à l’Histoire ? Une simple supposition de ma part qui, j’en suis conscient, peut être tout à fait farfelue. Mais, essayons quand même d’analyser le problème sous cet angle. Le jeu en vaut la chandelle. La fin d’une idéologie quelle qu’elle soit signifie-t-elle la fin de l’Histoire ? Certes, les idéologies peuvent avoir une fin, mais ce n’est pas du tout le cas de l’Histoire qui, elle, ne finira qu’avec l’extinction de l’espèce humaine puisque c’est l’Homme qui fait l’Histoire et non l’inverse. Le temps et les guerres qui ont eu lieu ces dernières années, malheureusement toujours dans la sphère arabo-musulmane, ne sont-ils pas entrain de contredire de façon éclatante cette théorie ? Car, même si l’ennemi, contre lequel on oppose toute une armada et des armes sophistiquées, est musulman, force est de reconnaître qu’il ne s’agit pas du tout de guerres opposant des civilisations différentes, l’Occident et le monde musulman. D’ailleurs cet Occident qui intervient ici et là, du Maghreb au Moyen-Orient et même plus loin, ne le fait pas de façon cohérente. Si la première guerre de ce siècle débutant a commencé en Afghanistan sous la conduite de la première puissance mondiale, les Etats-Unis, a été motivée par une idée noble en soi, la lutte contre le terrorisme islamiste, il est aisé de remarquer, qu’ailleurs, ce même Occident encourage si ce n’est qu’il appuie ces mêmes islamistes à s’emparer du pouvoir. Pourquoi dans ce cas cette politique de deux poids de mesures ? La réponse est simple. Là où les islamistes font le jeu de l’Occident et ne s’opposent pas à ses intérêts économiques, ils sont considérés comme modérés et donc aptes à composer avec lui, c’est-à-dire avec l’Occident d’une façon générale, et là où les islamistes se manifestent de façon bruyante contre ses intérêts, ils sont tout de suite taxés d’extrémistes, de terroristes qu’il faut combattre par tous les moyens. L’islamisme politique est une calamité, une catastrophe d’abord pour les musulmans eux-mêmes. Ces premières victimes furent d’abord en Algérie, au début des années 90 lorsque le FIS a été, ayons quand même le courage de le dire, spolié de sa victoire électorale par le pouvoir algérien de l’époque. Mais, à cette époque-là, les puissances occidentales ont laissé faire, elles ne sont pas intervenues pour aider le peuple algérien estimant probablement que le problème ne les concernait pas du tout. Plus que ça, nous avions même eu droit à une injonction de la part d’un certain François Mitterrand sous la forme de « il faut que ». En fait, si à cette époque ni les américains ni aucun autre pays du bloc occidental n’est intervenu en Algérie, c’est parce la nouvelle doctrine du « siècle américain » n’était pas encore née. Elle était, certes, dans les tiroirs des Think tank américains mais son application sur le terrain n’a commencé qu’avec l’arrivée au pouvoir de W. Bush, particulièrement depuis l’attentat, par la nébuleuse islamiste El Qaîda, qui a détruit les twin tawors. Du jour au lendemain, l’on vit alors fleurir des qualificatifs tels « Etats voyous » à propos d’un certain nombre de pays (Soudan, Irak, Libye…) et « axe du mal » (Irak-Iran). Tout cela pour dire que l’Irak de Saddam Hussein était déjà dans l’œil du cyclone et il devait, un jour ou l’autre rendre des comptes avec ou sans ADM (arme de destruction massive). Cette doctrine appelée « Doctrine Powell » consiste à donner les moyens militaires aux Etats-Unis pour qu’ils puissent intervenir partout dans le monde et défendre ainsi leurs intérêts.
à suivre.

Notes.

[1] Guerre dont le motif avoué est la lutte contre le terrorisme islamiste et particulièrement « El Q aida » tenue, jusqu’à présent, pour responsable de l’attentat du 11 septembre qui a détruit les tours jumelles de New York. Rappelons-nous que cet attentat a mis le monde entier en émoi à tel point que le slogan du jour qui fut inventé était « nous sommes tous américains »)
2 Voir le site dédefensa.org : http://www.dedefensa.org/article-le... ;

mardi 29 janvier 2013

A Mali(n), malin et demi

L’intervention de la France au Malin porte le nom d’ « opération serval ». Le serval est un félin de la faune locale malienne dont la caractéristique principale est, semble-t-il, d’uriner plusieurs fois par jour pour marquer son territoire. Ne faudrait-il pas, dans ce cas, comprendre ainsi les motivations essentielles mais non avouées de l’empressement de la France à intervenir ? La France a mis tout le monde devant le fait accompli en lançant, le 11 janvier, ses premières frappes « chirurgicales » sur un convoi de djihadistes (Ansar Eddine ou autres) en route pour Bamako.
La guerre est ruse, dit-on.
A malin, malin et demi.
Et, nul doute que, dans cette affaire-là, la France a été plus maline que le reste de la « communauté internationale » qui attendait patiemment le feu vert de l’ONU pour se lancer dans une nouvelle guerre aux conséquences imprévisibles.
Il est évident que la France n’agit pas dans cette région du monde qu’est le Sahel uniquement pour venir en aide à un régime malien déliquescent et incapable d’assurer l’intégrité territorial de son pays et la sécurité de ses citoyens. A vrai dire, la France ne fait que défendre ses intérêts dans ce qui est convenu de dire son « pré carré ». C’est de bonne guerre, me diriez-vous. Et, j’en conviens.
La France, quel que soit le régime ou le parti politique (de gauche ou de droite) qui s’empare (de façon démocratique, il est vrai) du pouvoir, a toujours la même attitude et les mêmes visées géostratégiques face à ses anciennes colonies. En un mot, ne faudrait-il pas plutôt dire qu’elle agit dans le cadre de la « françafrique » que d’aucuns parmi les têtes pensantes d’outre-mer veulent nous faire croire qu’elle a disparue ? N’est-on pas en droit de se poser des questions et de penser même que la « françafrique » n’a pas disparue et qu’elle est toujours active ? Ne serait-ce pas plutôt son mode opératoire qui aurait changé de telle sorte à pouvoir s’adapter aux nouveaux concepts tel droit d’ingérence, le droit de porter secours à peuple en danger…etc. ?
Dans les années 60, soit immédiatement après les indépendances des pays africains et jusqu’à une date relativement récente, c’était par des putschs militaires (qu’elle encourageait de façon active même) que la France plaçait des hommes qui lui étaient soumis et favorables à la tête de ces Etats. Aujourd’hui, le monde a changé. Le monde appartient à ceux qui agissent vite. A ceux qui dégainent vite. C’est ce qui explique sans doute la célérité de la France à, non pas marquer, puisque de toute les façons l’on sait que son « pré carré » s’étend sur de vastes zones du continent africain, mais surtout à mettre en garde certaines puissances émergentes telle la Chine qui tentent depuis un certain temps déjà, sous divers motifs, de s’approcher du Sahel. Cette idée sera développée un peu plus loin.
Contre les terroristes qui se sont emparé du site gazier d’In Amenas, l’Algérie a aussi agi vite. Espérons qu’elle a bien assimilé la leçon stratégique venue d’outre-mer (le monde appartient à ceux qui agissent vite) et que, chaque fois qu’elle sera confrontée à une crise de ce genre-là, elle ne tergiversera pas ni ne s’encombrera de considérations futiles telles celles émanant de certaines capitales occidentales du genre « l’Algérie aurait dû nous consulter avant de donner l’assaut ».
Dès le début de cette histoire de prise d’otages par un groupe de terroristes affilié à Aqmi, nous avions, en tant que membres d’un parti politique algérien, émis le vœu que les autorités algériennes tant civiles que militaires ne cèdent pas aux pressions de pays dont des citoyens étaient pris en otages dans ce complexe gazier d’In Amenas, au même titre d’ailleurs que leurs collègues algériens. Nous avions émis le vœu que les autorités algériennes ne négocient pas avec les terroristes et qu’elles agissent le plus vite possible pour dénouer cette affaire qui commençait à faire la « Une » de tous les médias du monde, et ce, quel qu’en soit le prix. Pour la bonne raison qu’il s’agissait d’une affaire qui relevait directement de la souveraineté nationale et de la compétence de nos services de sécurité. Ceci d’une part. D’autre part, il faut bien admettre que ce site gazier est d’une importance stratégique vitale pour le pays. En effet 10 pour cent de la production algérienne en hydrocarbures proviennent de ce site. Le risque que les terroristes y mettraient le feu était bien réel. Car n’oublions pas qu’on avait affaire à des « fous de Dieu » qui ne reculent devant rien. Ils sont prêts à tout. Pas seulement à tuer mais aussi à se faire tuer au milieu d’un enchevêtrement de tubes métalliques et de flammes jaillissant jusqu’au ciel. On n’avait pas affaire à des enfants de chœur mais à des djihadistes convaincus, aguerris, bien armés et rêvant par-dessus le marché à des Houris qui les attendraient au paradis.
Trêve de romantisme.
L’heure n’est pas au romantisme et exige de nous que nous revenions à la dure réalité. Et cette réalité, l’Algérie est bien placée pour la connaître, elle qui lutte contre le terrorisme depuis plus de vingt ans maintenant. A chaque chose, malheur est bon, est-on tenté de dire. Car, ce malheur a fait qu’aujourd’hui, les services de sécurité algériens (tous corps confondus) ont acquis une expérience et une expertise, en matière de lutte contre le terrorisme, qui n’existent nulle part ailleurs. Voilà pourquoi, les algériens et les algériennes étaient si optimistes quant à un dénouement sans beaucoup de casse de cette affaire si elle devait être gérée uniquement par l’armée algérienne c’est-à-dire sans l’intervention concomitante de qui que ce soit. Et, effectivement, comme il fallait s’y attendre, le dénouement de cette affaire a été à la hauteur de nos GIS (groupe d’intervention spéciale). Certes, quelques morts sont à déplorer aussi bien parmi les otages algériens qu’étrangers ce qui fait vraiment de la peine, mais quel autre pays aurait mieux fait ? En fait, si dans cette prise d’otages, s’il y a eu mort d’hommes ce n’est nullement une bavure des services de sécurité qui ont agi de façon brutale, à « la russe » pour reprendre l’une des comparaisons dont on a usé et abusé dans certains médias occidentaux mais parce qu’il est évident que certains otages ont été exécutés par leurs ravisseurs lorsque ces derniers avaient compris que la partie était terminée pour eux.

mardi 6 mars 2012

Rôle de l’information (et de la communication) dans un parti politique.





Mesdames et messieurs de la presse nationale venus couvrir cet évènement politique, mesdames et messieurs les invités d’honneur, mesdames et messieurs les membres adhérents de notre parti Jil Jadid, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour notre congrès constitutif.
Je me permets de vous donner mon opinion sur le rôle de l’information en général.
Informer quelqu’un, c’est le mettre au courant de quelque chose.
En fait, ce travail d’information, nous l’avions entamé à Jil Jadid, bien avant la création du parti et il n’est pas du tout exagéré de dire, aujourd’hui, que la naissance de Jil Jadid est l’aboutissement logique et heureux de ce travail de communication qui s’est étalé sur pratiquement trois ans. En effet, c’est grâce au site Internet Forum démocratique, dans lequel j’intervenais personnellement de temps à autre, que notre idée, qui n’était au départ qu’un rêve, s’est concrétisée sur le terrain un certain 11 mars 2011. C’est ce jour-là que nous avions posé la première pierre de cet édifice politique qu’il nous faut maintenant consolider et orner d’une réelle démocratie et non pas d’une façade démocratique.
Mais quel est donc le rôle de l’information ?
Tout être humain normalement constitué est doué de cinq sens qui lui permettent d’être tout le temps informé du danger qui peut résulter ou non de son environnement immédiat. L’homme tire donc des informations de ses sens pour son confort, son bien être et parfois même sa survie.
Une société humaine est composée d’un ensemble d’individus qu’une Histoire millénaire, une langue, une culture, un désir de vivre ensemble, en un mot que des intérêts communs réunissent. De ce fait, elle est tout à fait comparable à l’individu. Elle a besoin d’être informée tout le temps du moindre péril qui la guette, elle a besoin de savoir d’où elle vient et où elle va. Et pour cela, elle a forcément recours aux moyens d’information dont elle dispose. Ceux-ci sont nombreux.
· Le bouche à oreille ou ce qu’on appelle communément téléphone arabe, une expression qui sied bien à notre société arabo musulmane de tradition orale. L’inconvénient avec ce moyen d’information (aussi vieux que le monde) est que le sens originel du message à transmettre peut subir des déformations ou être amplifié de façon démesurée.
· La presse écrite qui, pour être vraiment efficace dans la transmission de l’information doit être d’abord plurielle c’est-à-dire représentant les différents courants de pensées de la société.
« Un des rôles fondamentaux des médias c’est donc, comme je le disais, l’information. Mais dans un Etat de droit, auquel aspire Jil Jadid, le rôle des médias c’est également celui de contre pouvoir voire même de garde-fou contre les dérives des dirigeants. Dans certains pays on parle même de quatrième pouvoir après le législatif, l’exécutif et le judiciaire, c’est dire l’importance de l’information
Les médias audio visuels
Le téléphone (fixe ou mobile) qui a connu un essor extraordinaire ces derniers temps en Algérie.
Remarque : le pouvoir algérien, qui redoute une abstention massive lors des élections législatives prochaines, vient de saisir l’importance de ce moyen d’information et commence à l’utiliser à outrance : il envoie des SMS pour inciter les gens à voter le 10 mai prochain.
· Enfin, le cinquième moyen d’information dans lequel nous venons d’entrer de plain-pied c’est celui de l’Internet. La maîtrise de cet outil moderne de l’information et de la communication doit donc être notre objectif prioritaire. Notre parti politique étant encore jeune, il ne peut, du moins à court terme, investir ni dans la presse écrite ni dans l’audio-visuel. C’est donc vers les TIC qu’il faut s’orienter pour prêcher la bonne parole et propager nos idées qui sont des idées nobles et qui, j’en suis certain, trouveront des oreilles attentives parmi nos concitoyens. Preuve en est, depuis le lancement de notre site Jil Jadid, il y’a à peine quelques mois, le nombre d’internautes qui s’y connectent et en progression régulière. Nous en sommes actuellement à plus de 320 000 visiteurs. Et, l’aventure ne fait que commencer ! Le bilan de notre cyber activisme est donc largement positif. C’est encourageant ! De nos jours, le micro ordinateur et les accessoires qui vont avec pour une connexion à la Toile, font partie du décor de presque chaque foyer algérien, du moins dans les villes et les grandes agglomérations urbaines. C’est donc résolument vers une société de l’information que nous nous dirigeons. De ce fait, je ne peux que préconiser à Jil Jadid de continuer sur cette voie pour avoir toujours une longueur d’avance sur les autres partis politiques algériens.
Conclusion.
Il n’y a pas de meilleure conclusion pour terminer que de citer ce vieil adage « qui détient l’information, détient le pouvoir ».

Ma rencontre avec Albert Camus (suite)

  Par ailleurs, au niveau de certains stands, on organisait des séances de dédicaces avec les auteurs concernés. Aussi bien Algériens qu’étr...