mercredi 26 septembre 2018

Le scorpion et le choléra.



L’alitement forcé et prolongé pour cause de sciatique, m’a éloigné quelque peu de la chose politique. Aujourd’hui que je me sens plus ou moins en forme, plus ou moins d’aplomb, je reprends mon clavier - quoique cette position assise soit déconseillée par les neurologues et les neurochirurgiens- pour donner mon point de vue sur un certain nombre de points.


En fait, le peu de choses que j’ai lu ça et là dans les différents titres de la presse nationale ou sur des sites électroniques ne m’incite guère à la réflexion.
Mais commençons d’abord par cette histoire de choléra et son cortège de commentaires et de réactions des « autorités compétentes » frisant parfois le ridicule. Heureusement que le ridicule ne tue pas, dit le dicton. Deux hauts responsables en particulier ont provoqué l’ire de la blogosphère et des réseaux sociaux. Il s’agit en l’occurrence de l’ex wali de Blida qui a été filmé alors qu’il implorait un infirmier de ne pas ouvrir « la cage » dans laquelle étaient enfermés les malades du choléra. Sa panique n’avait d’égale que son cynisme envers ces citoyens qu’il était pourtant censé servir. Il avait peur d’être contaminé alors que le commun des mortels sait que la contamination du cholera est due plutôt à l’ingestion d’aliments ou d’eau souillés par le vibrio cholerea. Le wali n’ayant probablement aucune notion de médecine, on retient ce fait comme étant un élément à sa décharge. Nous ne pouvons qu’être compréhensifs et indulgents à son égard. Mais, l’image des malades enfermés dans une cage comme des bêtes féroces est là ; elle est gravée à jamais dans la mémoire de tous ceux qui l’ont vue. Ce fait n’est pas banal. Ce fait n’a aucune circonstance atténuante. De ce fait, ce wali mérite amplement son limogeage.
Le deuxième personnage de l’État qui a été haut en couleur, qui a brillé comme un astre haut dans le ciel, par ses déclarations parfois contradictoires, n’est autre que le Ministre de la santé. Ce qui rend ses déclarations incompréhensibles, face à ce fléau des temps anciens, ce qu’il annonce le matin est vite remis en cause le soir même par l’apparition d’autres cas de choléra dans d’autres régions. Et même la source de cette contamination s’était avérée fausse et sans fondement. Pendant plusieurs jours, on a pataugé dans les marres nauséabondes de Sidi El Kébir et d’ailleurs. Par ailleurs l’incrimination de certains fruits, la pastèque en particulier, dans l’apparition de cette infection gastro intestinale, sans fondement ni preuve bactériologique sérieuse, a ruiné les commerçants des fruits. Vont-ils être indemnisés, les pauvres ? Pas que je sache. Comme un malheur ne vient jamais seul, quelques jours après la soi-disant éradication du choléra, une jeune enseignante universitaire est morte, à Ouargla, à la suite d’une piqure de scorpion. Ce fait divers a encore enflammé la Toile. En guise de réponse à la plèbe qui commençait à se mettre en colère et qui risquait même de se soulever, notre ministre n’avait pas trouvé mieux que d’étaler ses « connaissances en matières de zoologie et d’écologie » pour dire, in fine, que la faute incombait à la défunte qui, par son comportement irrationnel, a dû provoquer « l’animal ». Des propos indignes d’un Ministre qui plus est professeur en médecine.
Voilà ce qu’on peut dire de l’actualité de ces derniers jours. Mais cela ne fait que commencer. La rentrée sociale risque d’être très chaude et très perturbée d’autant plus que les partis au pouvoir (FLN, RND et d’autres micro partis) sont déjà entrés dans une sorte de campagne électorale avant l’heure en faveur du président Bouteflika et que, de l’autre partie, le mouvement « Mouwatana » appelle à des marches à Constantine pour contrer cette initiative.

mardi 7 août 2018

Vivons de pain rassis et de prêches.

A la question « c’est grave docteur », j’essaie presque toujours de répondre par la négative et cela bien entendu dans le but de rassurer les gens, de ne pas infliger plus d’inquiétude à des proches qui attendent le pronostic de leur malade. « Non, ce n’est pas grave », dis-je le plus souvent et j’ajoute ensuite la fameuse formule que tout le monde connaît : « En fait, c’est beaucoup plus de peur que de mal », même si la situation paraît de prime abord désespérée.

Etre médecin, c’est d’abord être humain et aimer son prochain tel que le préconisent la Bible… et le Coran. Voilà, en disant cela, je viens de couper l’herbe sous les pieds des intégristes de tout bord qui pensent peut être que celui qui ose encore, de nos jours, s’exprimer dans la langue de Molière est soit un laïc soit, au pire, un athée.
Cette précision étant faite, continuons maintenant notre discussion.
Je disais donc que quand il s’agit de la santé d’une personne, on essaie toujours de n’être pas alarmiste, de présenter la situation de manière à ce que les proches de cette personne ne soient pas désemparés. Et continuent à faire confiance au médecin traitant de leur patient. Ce ne sont là que des principes simples de la médecine que tout médecin qui se respecte doit appliquer dans sa pratique quotidienne.
Mais là ?
Devant la situation politique du pays et surtout devant les derniers évènements d’ordre sociétal qui ont eu lieu dans certaines villes du pays aussi bien du Sud que du Nord, que devrais-je dire ? Que tout va bien Madame la Marquise ? Non, loin s’en faut. Je ne dirai pas cela ; sinon ça serait une politique de l’autruche. En tant que citoyen qui ne veut que du bien à son pays et à son peuple, je n’ai pas le droit de tricher. Je n’ai pas le droit de fermer les yeux, de faire comme s’il n’en était rien. La chose est trop grave pour ne pas la condamner. La chose est, de mon point de vue, tellement grave pour ne pas dénoncer ceux qui poussent vers le dérapage, vers le retour aux « années de braise ». Ceux-là sont bien connus. Ils ne sont manipulés ni par la main étrangère ni par le Mossad. Ils sont bien le résultat de notre système éducatif. Car on le voit bien sur les vidéos postées sur Facebook, par exemple, qu’ils sont majoritairement jeunes, moins de la trentaine même.
En fait, je dirai même que le ou les manipulateur sont connus. Il n y a qu’à chercher à qui profite le crime. Ceux qui n’ont pas pu obtenir ce qu’ils veulent par la voie politique, ceux qui ne savent pas encore s’ils doivent faire de l’opposition vraie ou se contenter de simples strapontins dans les différentes institutions de l’État sont, à coup sûr, les instigateurs de ces manifestations ostentatoires.
Comme si les gens ne devaient pas avoir d’autres droits, d’autres besoins, des préoccupations autres que celle d’adorer Dieu et le Prophète. Si on suivait leur raisonnement, on dirait que les gens n’ont besoin que de pain rassis et de… prêches. L’amour et l’eau fraîche ? Tu parles !

Force est d’admettre que ces événements (qui ont eu lieu à Ouargla, à Sidi Bel-Abbès et ailleurs), à savoir l’annulation pure et simple de concerts de musique raï ou autre, et cela sous la pression de certaines franges des populations locales fanatisées par le discours islamiste, ont créé le buzz sur les réseaux sociaux en Algérie. Sauf que la réaction des uns et des autres dépasse parfois le cadre de la bienséance et de la discussion entre gens soi-disant civilisés. On verse facilement dans l’insulte et la bassesse, parfois à coups de versets coraniques comme arguments à opposer à son interlocuteur.

En tout cas, cela donne froid dans le dos et dénote, encore une fois, de l’échec total de l’école algérienne qui n’a, jusqu’ici, pas su produire un type d’Algérien nouveau, à l’esprit cartésien et ouvert sur l’universalité. C’est dommage de le souligner ici.

Il y a plus d’une vingtaine d’années maintenant, le sociologue algérien Houari Addi avait parlé de « la régression féconde » ; c’était alors l’âge d’or des « frérots » algériens avec comme corollaire la décennie noire qui a marqué les Algériens à jamais. Les naïfs d’entre nous l’avaient cru et avaient pris pour argent comptant sa fameuse théorie. Nous pensions qu’effectivement, cette régression, ce retour à la barbarie allaient nous donner quelque chose de nouveau, une nouvelle société plus instruite et plus tolérante. Nous avons attendu, vainement. L’on constate aujourd’hui, avec ce retour – j’allais dire triomphal des intégristes – que, finalement, la régression n’est point féconde et que, bien au contraire, de son ventre, elle n’a engendré que régression.
A. G.

vendredi 9 mars 2018

8 mars : une flagrante injustice.

Hier, nous étions le 8 mars. Et, comme chaque année, le 8 mars, les femmes du monde entier (du monde dit civilisé ou de celui encore à la traîne) ont droit à une demi-journée de… fête. Du moins, les femmes qui travaillent, celles qui occupent des fonctions rémunérées. Les femmes de la campagne et celles dites au foyer ne connaissent pas de répit, et donc pas de fête. Pour celles-ci, tous les jours se ressemblent et il n’y a ni fête de la femme ni autre.

Les hommes sont égoïstes. Pas tous les hommes mais ceux qui ont décrété que la femme ne mérite qu’une demi-journée de fête. Ceux qui ont décrété que la moitié de l’homme ne peut être l’égale de l’homme : par cette demi-journée, on lui fait bien comprendre, une fois pour toutes, qu’elle ne vaut véritablement que la moitié de l’homme ! Mais qui a décidé que ça soit ainsi ? La Cour de la Haye ou ce «machin» des Nations unies ? Je ne connais pas l’histoire de cette demi-journée. Y a-t-il quelqu’un qui puisse éclairer ma lanterne ? C’est pour l’expliquer à ma secrétaire, elle qui n’attend avec impatience, pour le fêter dans le faste, que le… 30 février. Elle sera peut-être ravie d’avoir encore une… demi-journée. Ne comprenez pas de travers ! Je ne nargue ni ma secrétaire ni les femmes en général.
Mais il y a une question qui me hante et qui me brûle les lèvres, et je ne peux me retenir de la poser : comment se fait-il que les femmes, qui se sont pourtant imposées dans tous les domaines de la vie quotidienne, ferment les yeux sur une aussi flagrante injustice ? Pourtant, à travers le monde, il y a des femmes qui occupent de hautes fonctions, que ce soit dans leurs pays respectifs ou dans les institutions internationales. Elles peuvent donc imposer leurs points de vue aux hommes. Elles peuvent taper du poing sur la table et dire : «Bon, ça suffit, on en a assez, donnez-nous notre journée maintenant !» Et elles auront, sûrement, facilement gain de cause. Toutes les femmes seront fières d’elles.
Alors, pourquoi ne le font-elles pas ? N’ont-elles pas encore compris qu’un droit, tout comme la liberté, ça s’arrache ? N’ont-elles pas encore compris que la liberté est au bout du fusil ? Ah ! J’aimerais bien assister à une guerre, disons la cinquième guerre mondiale (puisqu’on en est à la quatrième actuellement) mais qui opposerait les femmes aux… hommes ; une guerre de sexe dans laquelle, personnellement, je ne serais qu’un simple observateur. Ou bien alors, en ma qualité de chirurgien, je m’occuperais des blessures des unes (les femmes d’abord !) et des autres (les hommes). Les morts à la morgue !
Sur ce, je tiens à souhaiter une bonne fête à toutes les femmes du monde sans distinction aucune.

lundi 5 février 2018

De la Mecque des révolutionnaires au pays de m... ?



Il y a quelques jours,  quand le président américain Donald Trump avait qualifié certains pays africains de « pays de merde », nous nous sommes offusqués. Beaucoup d’algériens  avaient mal pris la chose et mal digéré cet abject qualificatif tout en croyant ou du moins en espérant au fond d’eux-mêmes que notre pays ne soit pas, dans l’esprit de Donald Trump, dans le même panier que ces pays-là. C’est le moins qu’on puisse dire. Pour une fois, les africains, certes pas dans leur ensemble mais au moins une partie de la classe intellectuelle africaine, ont pris leur courage à deux mains et ont répondu de la plus belle manière au président américain. 
« L'activiste kényan Boniface Mwangi a, par exemple, appelé sur Twitter à « ne pas confondre les dirigeants de merde que nous les Africains élisons, avec notre beau continent ». « Notre continent est le plus béni de tous, mais il a été violé par des impérialistes en collaboration avec nos dirigeants merdiques pendant des générations. »
 Ainsi, pensions-nous, l’honneur des enfants du continent africain est sain et sauf… Sauf qu’en ce qui nous concerne,  il est tout à fait possible que, au vu de ce qui se trame dans les coulisses pour imposer le 5ème mandat,  Donald Trump, avant de lancer ces insanités, avait certainement bel et bien à l’esprit le plus grand pays d’Afrique, l’Algérie en l’occurrence.  Les questions qu’il faut se poser maintenant sont : est-ce qu’un pays comme l’Algérie, un pays qui a connu l’une des plus belles révolutions du monde, mérite cela, c’est-à-dire le fait d’être traité, même de façon allusive, de pays de merde ? Comment en est-on arrivé là ? Où est la Karama, la dignité, des algériens ?  
Un 5ème mandat pour un président gravement malade, grabataire même, en fin de cycle biologique pour rester dans le politiquement correct, est-ce vraiment utile pour l’Algérie ? Nous pensons que non. Ce serait une grave erreur de ne s’en tenir qu’à cette solution. L’Algérie ne manque pas d’hommes très sérieux et très patriotes et qui pensent à l’intérêt général. Pourquoi ne pas prospecter de ce côté-là ? Pourquoi ne pas tenir compte, par exemple, de la dernière proposition faite par Jil jadid et désigner un candidat de consensus qui gérera une période de transition, limitée dans le temps, en attendant de régler de façon définitive et démocratique cette question de  gouvernance par l’organisation d’élections libres et transparentes ?
GHEDIA Aziz, membre fondateur de Jil jadid.    

mardi 12 décembre 2017

La déception d'une génération

La visite en Algérie du président français, Emmanuel Macron, est diversement appréciée et commentée. Selon que l’on soit en Algérie ou en France. Selon que l’on soit de gauche ou de droite, en France. En Algérie, politiquement parlant, il n’y a ni gauche ni droite mais une cohorte de partis politiques qui n’ont aucune influence sur le réel puisque c’est le FLN, l’ennemi juré de la France, qui, au nom d’une certaine légitimité, continue à mener le pays. Vers où ? Là est la question.

Toujours est-il que depuis quelques jours, on parle de cette visite et on la prépare comme s’il s’agissait de la venue du roi Jupiter lui-même sur terre. Sauf que ma génération, celle qui est née durant la guerre d’Algérie ou même juste après l’indépendance, est largement déçue.
Je m’en fais volontairement le porte-parole.
déception
Elle est déçue non pas parce qu’elle ne veut pas de cette visite, non pas parce qu’elle a une dent contre Emmanuel Macron (que je trouve personnellement plutôt sympathique) ou contre la France en tant qu’ancien pays colonisateur, mais parce qu’elle se sent, aujourd’hui plus que jamais, flouée par une classe politique algérienne qui ne veut pas abdiquer.
Lorsque le président Macron sera reçu par son homologue Abdelaziz IV, le contraste sera certainement frappant, saisissant et n’échappera à aucun regard, à aucun œil averti ou non. Et nous serons, encore une fois, humiliés, moqués par le monde entier de ne pas avoir osé forcer le destin de l’histoire pour un véritable changement en Algérie.
A. G.

lundi 27 novembre 2017

Le syndrome algérien

A la question « connaissez-vous le syndrome algérien ? », je n’ai pratiquement pas eu de réponse. En effet, si personne ne semble connaître ce diagnostic, c’est parce qu’il n’existe tout simplement pas. Mais, au point où on en est, en Algérie, sur le plan politique évidemment, il est temps d’y songer sérieusement. Alors, sans plus tarder, faisons une petite digression à propos de ce syndrome qui reste, du moins pour l’instant, une simple vue de l’esprit… d’un esprit probablement dérangé comme on pourrait peut-être me le faire remarquer.
La définition que j’en donne est simple : c’est le fait de s’obstiner, de s’entêter à reconduire la même personne au même poste (politique ou autre) alors que l’on sait que cette personne, du fait de sa maladie au long cours et de sa morbidité, est incapable d’assumer une telle fonction.
En tant que médecin, j’ai longuement réfléchi à cette question et j’ai fini par trouver cette définition qui devrait normalement faire consensus au sein de la communauté médicale nationale.
De ce fait, j’invite tous les confrères algériens et en particulier les psychiatres et les psychologues de se pencher sérieusement sur cette question et d’essayer de classer ce diagnostic dans un cadre nosologique précis. 
Mais, n’oubliez pas que la paternité de ce néologisme, de ce diagnostic qui reste à décrire de façon beaucoup plus approfondie, me revient de droit. Je compte d’ailleurs saisir l’ONDA à cet égard.
En fait, tout ce préambule n’est qu’une forme de plaisanterie. Une plaisanterie qui va peut-être provoquer le sourire de certains, ceux qui ont le sens de l’humour, et l’ire d’autres, l’ire de ceux qui ont largement contribué, par leur comportement irréfléchi, à la possibilité qu’un tel syndrome puisse devenir dans un proche avenir une réalité.
Entrons donc dans le vif du sujet.
Savez-vous qu’en Algérie, il y a pratiquement une soixantaine de partis politiques. Ils activent de façon régulière pour les plus grosses pointures (FLN, RND, FFS, RCD, PT, Jil jadid, partis islamistes) et occasionnellement, à l’approche d’échéances électorales, pour les autres, ceux qu’on appelle les petits partis. Théoriquement donc il y a autant de candidats qui sont présidentiables. Or, quand il s’agit d’évoquer le prochain mandat présidentiel qui aura lieu en 2019, tous les regards se tournent vers celui qui occupe actuellement la « chaise » d’El Mouradia. Même les partis qui sont pourtant censés être dans l’opposition trouvent la chose normale. Ou alors, ceux-ci préfèrent pour l’instant garder le silence pour ne pas s’attirer les foudres de guerre des « faiseurs de rois ». Comme si en dehors de cet homme très largement diminué d’ailleurs sur le plan physique et cognitif depuis qu’un AVC l’a fixé sur sa chaise, il n y a point de candidat pouvant assumer la charge présidentielle. On l’a déjà reconduit à cette fonction malgré son handicap. C’était le 4ème mandat pour lequel, nous, en tant que parti politique (Jil jadid), nous avions émis plus que des réserves… Et on compte le reconduire encore et encore pour peu qu’il reste encre en vie. Même végétative.
C’est cette forme d’empathie à un homme qui, du fait de sa longue absence de la scène politique algérienne, n’exerce plus à proprement parler sa fonction présidentielle (admettons cela) qu’on pourrait qualifier de « syndrome algérien ».
C’est cette forme d’aliénation mentale qui semble toucher tous les hommes politiques et tous les partis politiques (à l’exception de quelques uns) que je qualifierai volontiers, personnellement, de « syndrome algérien » même si ce concept n’a pour l’instant aucune existence en tant qu’entité clinique à part entière.

dimanche 15 octobre 2017

Et la parole fut !

Mon dernier message sur Facebook était le suivant : «Quand on n’a rien à dire, le mieux qu’on puisse faire est de se taire.» Certains pensent que le silence en pareille situation vaut de l’or. Car, dans ce post, il est bien évident que l’idée exprimée entre les lignes est en rapport direct avec ce qui se passe actuellement sur la scène politique nationale. Et, le moins qu’on puisse dire, est que la scène politique nationale connaît, ces derniers jours, une certaine effervescence. Il y a comme une sorte de forcing de ceux qui, prenant subitement conscience de la dérive quasi totalitaire du pouvoir qui veut imposer encore le président Abdelaziz Bouteflika en 2019 pour un cinquième mandat, malgré sa condition physique, se mettent à écrire dans les journaux et leurs pages Facebook pour sensibiliser le peuple sur le danger si une telle éventualité venait à se produire.
Le premier homme politique qui s’est jeté dans le bain ou plutôt dans l’arène politique et qui mérite, de ce fait, tous nos respects n’est autre que le chef de file de Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui a appelé à maintes reprises à ce que l’article 102 soit appliqué par le Conseil constitutionnel. Il est suivi ensuite (mais avec un style différent) par un autre homme politique, Noureddine Boukrouh. Ce dernier est connu d’ailleurs pour ses écrits très virulents à l’égard du système et pleins d’anecdotes en même temps. Le hic que certains observateurs ou commentateurs de la scène politique nationale n’ont pas manqué de relever d’emblée, c’est que celui-ci a déjà fait partie du système qu’il condamne aujourd’hui avec force. Sans pitié même. La question que d’aucuns se posent déjà est : «Peut-on lui faire confiance et prendre ses conseils pour de l’argent comptant ? Ne représente-t-il pas la tête pensante d’un autre clan qui veut s’emparer du pouvoir ? Et qui prouve qu’une fois au pouvoir, celui-ci, ce clan, ne se comportera pas comme ceux qu’il essaye, aujourd’hui, de forcer à partir ?»
Ainsi donc, comme on le voit, il y a de nombreuses questions qui triturent les méninges et hantent l’esprit des Algériens et des Algériennes, surtout de ceux et de celles ayant vécu les années noires du terrorisme. On a peur de bouger. On a peur de se révolter contre l’ordre établi… On a toujours à l’esprit qu’une révolte même pacifique peut facilement dégénérer et aboutir à une révolution dont le cours sera difficile à maîtriser. Le pouvoir n’ignore pas cela. En plus, il fait sciemment entretenir la confusion entre peur et stabilité. Il y a stabilité parce que les gens ont peur. Ils sont tétanisés. Ni plus ni moins.
La peur des lendemains incertains fait que les Algériens s’accommodent de ce système même si tout un chacun le condamne en privé. «Le roi est mort, vive le roi» n’est pas dans nos traditions et ne semble pas du tout inquiéter ce système qui a encore de beaux jours devant lui. A moins d’une prise de conscience collective de dernière minute sous les coups de boutoir des Boukrouh, Soufiane Djilali et le trio de vieux routiers de la politique dont la dernière sortie médiatique a été une surprise pour beaucoup d’Algériens.
Ces évènements ont fait que je rompe le silence. Que je dise ce que j’avais à dire. Et la parole fut.
A. G.

Ma rencontre avec Albert Camus (suite)

  Par ailleurs, au niveau de certains stands, on organisait des séances de dédicaces avec les auteurs concernés. Aussi bien Algériens qu’étr...