jeudi 23 mai 2019

Pourquoi ne pas faire confiance "aux trois mousquetaires" ?

Trois personnalités politiques viennent d’adresser un appel  aux tenants du pouvoir actuel pour les exhorter d’annuler l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. Il s’agit de Mrs Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et du Général en retraite Benyalles. Cette initiative, très attendue par le mouvement citoyen, est louable à plus d’un titre. Elle permettra, si vraiment AGS et donc l’état major en tiendra compte et lui donnera une suite favorable dans les plus brefs délais, de faire aboutir les revendications populaires exprimées d’une manière continue, chaque vendredi, depuis le 22 février dernier. Ces revendications, tout à fait légitimes, consistent, bien entendu, à faire table rase de tout le passé, en fait de toute la période de règne de l’ex Président A.Bouteflika, caractérisée par une gabegie sur tous les plans,  et à entamer la construction d’une nouvelle République.  
Ces « trois mousquetaires », pour reprendre l’expression de certaines mauvaise langues qui voient en cette initiative une remise en cause de leurs privilèges, sont tous âgés et ne pourront donc pas prétendre à des hautes fonctions au sein de la prochaine République. De ce point de vue, nous ne pouvons qu’être rassurés. Il n y a aucun risque qu’on nous sortira la fameuse « h’na yamout Kaci » ou si vous préférez ‘j’y suis, je reste ».
Ceci d’une part.
D’autre part, nous pensons honnêtement que ce trio est très bien équilibré et est représentatif de toutes les franges de la société algérienne.
-          Ahmed Taleb Ibrahimi, qui n’est plus à présenter, puisque dans son passé, il avait occupé plusieurs postes ministériels  (du temps de H. Boumediene et de Chadli Bendjedid). Il représente le courant islamiste qui, que l’on veuille ou pas, est une réalité dans notre société.
-          Ali Yahia Abdenour, lui, en tant qu’ancien militant des droits de l’homme, représente tous les démocrates, laïcs, socialistes, communistes (s’il se trouve que ce courant idéologique existe encore dans notre pays).
-          Quant au Général Benyelles, rien qu’à l’évocation de son grade l’on comprend bien qu’il est le représentant de la grande muette, celle qui, par les temps qui courent, occupe beaucoup plus la scène politique que les politiques eux-mêmes.
Une chose est sûre, l’Algérie est dans une situation politique telle, que toutes les initiatives de sortie de la crise sont les bienvenues. Qu’elles émanent de jeunes ou de vieux, nous n’avons pas le droit de faire la fine bouche et de ne pas les prendre au sérieux. D’autant plus que, en ce qui concerne par exemple ces trois personnalités, elles ne seront là que durant une période déterminée : période de transition politique. 

Par GHEDIA Aziz, membre fondateur de Jil jadid.

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