mercredi 13 février 2013

Essai de déconstruction du mythe de « choc des civilisations » (1)

Hier soir, en surfant sur les différents sites internet que j’ai l’habitude de consulter, je me suis attardé plus que d’habitude sur « dédefensa.org » où les articles d’une certaine Badia Benjelloune sont un véritable délice. Un véritable délice dans le sens où son écriture est tellement fluide et aérée qu’elle pénètre aisément dans l’esprit et incite à la réflexion. Cette femme (si c’est vraiment une femme) dont le nom rappelle celui d’un écrivain franco marocain, Tahar Benjelloun, est d’une clairvoyance telle que je n’ai pas manqué de lui laisser un petit commentaire pour la remercier du travail qu’elle accomplit presque quotidiennement sur ce site. Rien n’échappe à sa sagacité et à son érudition. Sa culture est certainement assez vaste pour lui permettre d’aller puiser des anecdotes même dans le passé glorieux de notre civilisation arabo-musulmane que d’aucuns veulent ressusciter en s’adonnant à un « djihadisme » qui, tout compte fait, fait beaucoup plus de mal au monde musulman que toutes les armées du monde occidental réunies.
Et, en lisant ces écrits, je n’ai pu m’empêcher de penser que le monde musulman, pour qu’il retrouve sa gloire d’antan et pour qu’il sorte de la nuit et des ténèbres dans lesquelles il végète depuis des siècles maintenant, a plutôt besoin de gens de la trempe de cette dame que de djihadistes tels le sieur Mokhtar Belmokhtar. Cette dame, par ses écrits, contribue, d’une manière ou d’une autre, à la déconstruction du mythe, apparu il ya quelques années d’abord aux Etats-Unis puis il s’est vite répandu en Europe, qui veut qu’en ce début du troisième millénaire, nous allions inévitablement vers un « choc des civilisations ». En ce qui nous concerne, et disons que nous sommes de simples citoyens c’est-à-dire n’ayant aucune autorité en matière d’analyse géopolitique, nous réfutons cette thèse. Et cela pour deux raisons principales.
Primo, les guerres qui sont menées un peu partout dans les pays musulmans par des armées de l’Occident ont-elles vraiment le caractère des croisades selon le sens classique de ce terme ? Personnellement, j’en doute. Sinon, comment expliquer ceci : on a vu, par exemple, qu’en Irak, en 2003, la coalition qui a mis fin au régime irakien de Saddam Hussein, était constituée même de certains pays musulmans (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar…). Par ailleurs, dans toutes ces guerres[1] , il faut bien admettre que la géopolitique et l’économie en sont le moteur essentiel. Ce sont elles qui priment sur les considérations religieuses.
On a beau dire qu’à la suite de la chute du mur de Berlin, en 1989, suivie de la dislocation de l’URSS, l’Histoire a pris fin, mais non. Celle-ci a peut-être connu un petit moment de flottement où le seul bloc hégémonique qui continuait à gérer les affaires du monde était représenté par la puissance militaire et économique que sont les Etats-Unis. Elle a eu un moment de bégaiement mais elle a tout de suite repris son cours normal et, finalement, le deuxième bloc qu’est la Russie s’est reconstitué à la faveur de sa courte guerre qui l’a opposé à la Géorgie voisine. A partir de ce moment-là, il est permis de dire que l’ours a repris du poil de la bête pour user d’une métaphore assez connue s’agissant de l’ancienne URSS.. La Russie de Poutine II (on l’appellera ainsi parce qu’après un intermède de cinq ans où la présidence de cet Etat, amputé d’une bonne partie de son territoire de naguère, était assurée par Medvedev, il est revenu au pouvoir) n’a plus l’intention de laisser faire, de rester à l’écart des affaires du monde. Une mention particulière doit être faite, ici, à cet égard. Et c’est le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Alexie Pouchkov, qui le dit : « La Russie est en train de mettre un terme à sa dépendance de la superpuissance mondiale »2. Autrement dit, la Russie d’aujourd’hui a les moyens tant militaires qu’économiques de reprendre la place qui était la sienne avant la prise du pouvoir par Michail Gorbatchev qui, avec sa politique de Glasnost et de perestroïka ne put qu’entrainer son pays à l’effondrement. Cette période fut d’ailleurs caractérisée par des troubles (manifestations et grèves) et de révolutions colorées, certainement commanditées de l’étranger, dans la plupart des confédérations de l’ex URSS qui se trouvent actuellement autonomes et même, pour certaines d’entre-elles, dans le giron de l’Europe de l’Ouest.
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Pourquoi ai-je fait une petite parenthèse en parlant de la Russie d’aujourd’hui ? C’est pour la simple raison que lorsqu’on parle de « choc de civilisations », il ne faut pas perdre de vue que l’auteur de ce brûlot qu’est Samuel Huntington, avait eu l’idée de proposer cette théorie, dénuée de tout fondement à notre sens, après l’effondrement du bloc soviétique. Il s’en était servi comme modèle pour expliquer les nouvelles relations internationales. Il « s'appuie sur une description géopolitique du monde fondée non plus sur des clivages idéologiques « politiques », mais sur des oppositions culturelles plus floues, qu'il appelle « civilisationnelles », dans lesquelles le substrat religieux tient une place centrale, et sur leurs relations souvent conflictuelles »2. Pour Samuel Huntington sans doute, la disparition du bloc de l’Est, qui a, pendant une soixante d’années, vécu sous le régime de l’idéologie communiste, équivaut à la fin de l’Histoire. En réalité, cette prophétie est de Francis FUKUYAMA. Huntington l’a reprise ensuite à son compte et l’a largement développée. Or, il nous semble, qu’au vu des évènements politiques et historiques actuels qui mettent le monde sens dessus-dessous, que rien n’est moins faux. Ne peut-on pas penser qu’il y avait certainement confusion dans l’esprit de cet auteur en assimilant l’idéologie à l’Histoire ? Une simple supposition de ma part qui, j’en suis conscient, peut être tout à fait farfelue. Mais, essayons quand même d’analyser le problème sous cet angle. Le jeu en vaut la chandelle. La fin d’une idéologie quelle qu’elle soit signifie-t-elle la fin de l’Histoire ? Certes, les idéologies peuvent avoir une fin, mais ce n’est pas du tout le cas de l’Histoire qui, elle, ne finira qu’avec l’extinction de l’espèce humaine puisque c’est l’Homme qui fait l’Histoire et non l’inverse. Le temps et les guerres qui ont eu lieu ces dernières années, malheureusement toujours dans la sphère arabo-musulmane, ne sont-ils pas entrain de contredire de façon éclatante cette théorie ? Car, même si l’ennemi, contre lequel on oppose toute une armada et des armes sophistiquées, est musulman, force est de reconnaître qu’il ne s’agit pas du tout de guerres opposant des civilisations différentes, l’Occident et le monde musulman. D’ailleurs cet Occident qui intervient ici et là, du Maghreb au Moyen-Orient et même plus loin, ne le fait pas de façon cohérente. Si la première guerre de ce siècle débutant a commencé en Afghanistan sous la conduite de la première puissance mondiale, les Etats-Unis, a été motivée par une idée noble en soi, la lutte contre le terrorisme islamiste, il est aisé de remarquer, qu’ailleurs, ce même Occident encourage si ce n’est qu’il appuie ces mêmes islamistes à s’emparer du pouvoir. Pourquoi dans ce cas cette politique de deux poids de mesures ? La réponse est simple. Là où les islamistes font le jeu de l’Occident et ne s’opposent pas à ses intérêts économiques, ils sont considérés comme modérés et donc aptes à composer avec lui, c’est-à-dire avec l’Occident d’une façon générale, et là où les islamistes se manifestent de façon bruyante contre ses intérêts, ils sont tout de suite taxés d’extrémistes, de terroristes qu’il faut combattre par tous les moyens. L’islamisme politique est une calamité, une catastrophe d’abord pour les musulmans eux-mêmes. Ces premières victimes furent d’abord en Algérie, au début des années 90 lorsque le FIS a été, ayons quand même le courage de le dire, spolié de sa victoire électorale par le pouvoir algérien de l’époque. Mais, à cette époque-là, les puissances occidentales ont laissé faire, elles ne sont pas intervenues pour aider le peuple algérien estimant probablement que le problème ne les concernait pas du tout. Plus que ça, nous avions même eu droit à une injonction de la part d’un certain François Mitterrand sous la forme de « il faut que ». En fait, si à cette époque ni les américains ni aucun autre pays du bloc occidental n’est intervenu en Algérie, c’est parce la nouvelle doctrine du « siècle américain » n’était pas encore née. Elle était, certes, dans les tiroirs des Think tank américains mais son application sur le terrain n’a commencé qu’avec l’arrivée au pouvoir de W. Bush, particulièrement depuis l’attentat, par la nébuleuse islamiste El Qaîda, qui a détruit les twin tawors. Du jour au lendemain, l’on vit alors fleurir des qualificatifs tels « Etats voyous » à propos d’un certain nombre de pays (Soudan, Irak, Libye…) et « axe du mal » (Irak-Iran). Tout cela pour dire que l’Irak de Saddam Hussein était déjà dans l’œil du cyclone et il devait, un jour ou l’autre rendre des comptes avec ou sans ADM (arme de destruction massive). Cette doctrine appelée « Doctrine Powell » consiste à donner les moyens militaires aux Etats-Unis pour qu’ils puissent intervenir partout dans le monde et défendre ainsi leurs intérêts.
à suivre.

Notes.

[1] Guerre dont le motif avoué est la lutte contre le terrorisme islamiste et particulièrement « El Q aida » tenue, jusqu’à présent, pour responsable de l’attentat du 11 septembre qui a détruit les tours jumelles de New York. Rappelons-nous que cet attentat a mis le monde entier en émoi à tel point que le slogan du jour qui fut inventé était « nous sommes tous américains »)
2 Voir le site dédefensa.org : http://www.dedefensa.org/article-le... ;

mardi 29 janvier 2013

A Mali(n), malin et demi

L’intervention de la France au Malin porte le nom d’ « opération serval ». Le serval est un félin de la faune locale malienne dont la caractéristique principale est, semble-t-il, d’uriner plusieurs fois par jour pour marquer son territoire. Ne faudrait-il pas, dans ce cas, comprendre ainsi les motivations essentielles mais non avouées de l’empressement de la France à intervenir ? La France a mis tout le monde devant le fait accompli en lançant, le 11 janvier, ses premières frappes « chirurgicales » sur un convoi de djihadistes (Ansar Eddine ou autres) en route pour Bamako.
La guerre est ruse, dit-on.
A malin, malin et demi.
Et, nul doute que, dans cette affaire-là, la France a été plus maline que le reste de la « communauté internationale » qui attendait patiemment le feu vert de l’ONU pour se lancer dans une nouvelle guerre aux conséquences imprévisibles.
Il est évident que la France n’agit pas dans cette région du monde qu’est le Sahel uniquement pour venir en aide à un régime malien déliquescent et incapable d’assurer l’intégrité territorial de son pays et la sécurité de ses citoyens. A vrai dire, la France ne fait que défendre ses intérêts dans ce qui est convenu de dire son « pré carré ». C’est de bonne guerre, me diriez-vous. Et, j’en conviens.
La France, quel que soit le régime ou le parti politique (de gauche ou de droite) qui s’empare (de façon démocratique, il est vrai) du pouvoir, a toujours la même attitude et les mêmes visées géostratégiques face à ses anciennes colonies. En un mot, ne faudrait-il pas plutôt dire qu’elle agit dans le cadre de la « françafrique » que d’aucuns parmi les têtes pensantes d’outre-mer veulent nous faire croire qu’elle a disparue ? N’est-on pas en droit de se poser des questions et de penser même que la « françafrique » n’a pas disparue et qu’elle est toujours active ? Ne serait-ce pas plutôt son mode opératoire qui aurait changé de telle sorte à pouvoir s’adapter aux nouveaux concepts tel droit d’ingérence, le droit de porter secours à peuple en danger…etc. ?
Dans les années 60, soit immédiatement après les indépendances des pays africains et jusqu’à une date relativement récente, c’était par des putschs militaires (qu’elle encourageait de façon active même) que la France plaçait des hommes qui lui étaient soumis et favorables à la tête de ces Etats. Aujourd’hui, le monde a changé. Le monde appartient à ceux qui agissent vite. A ceux qui dégainent vite. C’est ce qui explique sans doute la célérité de la France à, non pas marquer, puisque de toute les façons l’on sait que son « pré carré » s’étend sur de vastes zones du continent africain, mais surtout à mettre en garde certaines puissances émergentes telle la Chine qui tentent depuis un certain temps déjà, sous divers motifs, de s’approcher du Sahel. Cette idée sera développée un peu plus loin.
Contre les terroristes qui se sont emparé du site gazier d’In Amenas, l’Algérie a aussi agi vite. Espérons qu’elle a bien assimilé la leçon stratégique venue d’outre-mer (le monde appartient à ceux qui agissent vite) et que, chaque fois qu’elle sera confrontée à une crise de ce genre-là, elle ne tergiversera pas ni ne s’encombrera de considérations futiles telles celles émanant de certaines capitales occidentales du genre « l’Algérie aurait dû nous consulter avant de donner l’assaut ».
Dès le début de cette histoire de prise d’otages par un groupe de terroristes affilié à Aqmi, nous avions, en tant que membres d’un parti politique algérien, émis le vœu que les autorités algériennes tant civiles que militaires ne cèdent pas aux pressions de pays dont des citoyens étaient pris en otages dans ce complexe gazier d’In Amenas, au même titre d’ailleurs que leurs collègues algériens. Nous avions émis le vœu que les autorités algériennes ne négocient pas avec les terroristes et qu’elles agissent le plus vite possible pour dénouer cette affaire qui commençait à faire la « Une » de tous les médias du monde, et ce, quel qu’en soit le prix. Pour la bonne raison qu’il s’agissait d’une affaire qui relevait directement de la souveraineté nationale et de la compétence de nos services de sécurité. Ceci d’une part. D’autre part, il faut bien admettre que ce site gazier est d’une importance stratégique vitale pour le pays. En effet 10 pour cent de la production algérienne en hydrocarbures proviennent de ce site. Le risque que les terroristes y mettraient le feu était bien réel. Car n’oublions pas qu’on avait affaire à des « fous de Dieu » qui ne reculent devant rien. Ils sont prêts à tout. Pas seulement à tuer mais aussi à se faire tuer au milieu d’un enchevêtrement de tubes métalliques et de flammes jaillissant jusqu’au ciel. On n’avait pas affaire à des enfants de chœur mais à des djihadistes convaincus, aguerris, bien armés et rêvant par-dessus le marché à des Houris qui les attendraient au paradis.
Trêve de romantisme.
L’heure n’est pas au romantisme et exige de nous que nous revenions à la dure réalité. Et cette réalité, l’Algérie est bien placée pour la connaître, elle qui lutte contre le terrorisme depuis plus de vingt ans maintenant. A chaque chose, malheur est bon, est-on tenté de dire. Car, ce malheur a fait qu’aujourd’hui, les services de sécurité algériens (tous corps confondus) ont acquis une expérience et une expertise, en matière de lutte contre le terrorisme, qui n’existent nulle part ailleurs. Voilà pourquoi, les algériens et les algériennes étaient si optimistes quant à un dénouement sans beaucoup de casse de cette affaire si elle devait être gérée uniquement par l’armée algérienne c’est-à-dire sans l’intervention concomitante de qui que ce soit. Et, effectivement, comme il fallait s’y attendre, le dénouement de cette affaire a été à la hauteur de nos GIS (groupe d’intervention spéciale). Certes, quelques morts sont à déplorer aussi bien parmi les otages algériens qu’étrangers ce qui fait vraiment de la peine, mais quel autre pays aurait mieux fait ? En fait, si dans cette prise d’otages, s’il y a eu mort d’hommes ce n’est nullement une bavure des services de sécurité qui ont agi de façon brutale, à « la russe » pour reprendre l’une des comparaisons dont on a usé et abusé dans certains médias occidentaux mais parce qu’il est évident que certains otages ont été exécutés par leurs ravisseurs lorsque ces derniers avaient compris que la partie était terminée pour eux.

mardi 6 mars 2012

Rôle de l’information (et de la communication) dans un parti politique.





Mesdames et messieurs de la presse nationale venus couvrir cet évènement politique, mesdames et messieurs les invités d’honneur, mesdames et messieurs les membres adhérents de notre parti Jil Jadid, nous sommes très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour notre congrès constitutif.
Je me permets de vous donner mon opinion sur le rôle de l’information en général.
Informer quelqu’un, c’est le mettre au courant de quelque chose.
En fait, ce travail d’information, nous l’avions entamé à Jil Jadid, bien avant la création du parti et il n’est pas du tout exagéré de dire, aujourd’hui, que la naissance de Jil Jadid est l’aboutissement logique et heureux de ce travail de communication qui s’est étalé sur pratiquement trois ans. En effet, c’est grâce au site Internet Forum démocratique, dans lequel j’intervenais personnellement de temps à autre, que notre idée, qui n’était au départ qu’un rêve, s’est concrétisée sur le terrain un certain 11 mars 2011. C’est ce jour-là que nous avions posé la première pierre de cet édifice politique qu’il nous faut maintenant consolider et orner d’une réelle démocratie et non pas d’une façade démocratique.
Mais quel est donc le rôle de l’information ?
Tout être humain normalement constitué est doué de cinq sens qui lui permettent d’être tout le temps informé du danger qui peut résulter ou non de son environnement immédiat. L’homme tire donc des informations de ses sens pour son confort, son bien être et parfois même sa survie.
Une société humaine est composée d’un ensemble d’individus qu’une Histoire millénaire, une langue, une culture, un désir de vivre ensemble, en un mot que des intérêts communs réunissent. De ce fait, elle est tout à fait comparable à l’individu. Elle a besoin d’être informée tout le temps du moindre péril qui la guette, elle a besoin de savoir d’où elle vient et où elle va. Et pour cela, elle a forcément recours aux moyens d’information dont elle dispose. Ceux-ci sont nombreux.
· Le bouche à oreille ou ce qu’on appelle communément téléphone arabe, une expression qui sied bien à notre société arabo musulmane de tradition orale. L’inconvénient avec ce moyen d’information (aussi vieux que le monde) est que le sens originel du message à transmettre peut subir des déformations ou être amplifié de façon démesurée.
· La presse écrite qui, pour être vraiment efficace dans la transmission de l’information doit être d’abord plurielle c’est-à-dire représentant les différents courants de pensées de la société.
« Un des rôles fondamentaux des médias c’est donc, comme je le disais, l’information. Mais dans un Etat de droit, auquel aspire Jil Jadid, le rôle des médias c’est également celui de contre pouvoir voire même de garde-fou contre les dérives des dirigeants. Dans certains pays on parle même de quatrième pouvoir après le législatif, l’exécutif et le judiciaire, c’est dire l’importance de l’information
Les médias audio visuels
Le téléphone (fixe ou mobile) qui a connu un essor extraordinaire ces derniers temps en Algérie.
Remarque : le pouvoir algérien, qui redoute une abstention massive lors des élections législatives prochaines, vient de saisir l’importance de ce moyen d’information et commence à l’utiliser à outrance : il envoie des SMS pour inciter les gens à voter le 10 mai prochain.
· Enfin, le cinquième moyen d’information dans lequel nous venons d’entrer de plain-pied c’est celui de l’Internet. La maîtrise de cet outil moderne de l’information et de la communication doit donc être notre objectif prioritaire. Notre parti politique étant encore jeune, il ne peut, du moins à court terme, investir ni dans la presse écrite ni dans l’audio-visuel. C’est donc vers les TIC qu’il faut s’orienter pour prêcher la bonne parole et propager nos idées qui sont des idées nobles et qui, j’en suis certain, trouveront des oreilles attentives parmi nos concitoyens. Preuve en est, depuis le lancement de notre site Jil Jadid, il y’a à peine quelques mois, le nombre d’internautes qui s’y connectent et en progression régulière. Nous en sommes actuellement à plus de 320 000 visiteurs. Et, l’aventure ne fait que commencer ! Le bilan de notre cyber activisme est donc largement positif. C’est encourageant ! De nos jours, le micro ordinateur et les accessoires qui vont avec pour une connexion à la Toile, font partie du décor de presque chaque foyer algérien, du moins dans les villes et les grandes agglomérations urbaines. C’est donc résolument vers une société de l’information que nous nous dirigeons. De ce fait, je ne peux que préconiser à Jil Jadid de continuer sur cette voie pour avoir toujours une longueur d’avance sur les autres partis politiques algériens.
Conclusion.
Il n’y a pas de meilleure conclusion pour terminer que de citer ce vieil adage « qui détient l’information, détient le pouvoir ».

samedi 11 février 2012

Rencontre avec le Dr GHEDIA


Entretien avec le Docteur Abdelaziz Ghédia, membre fondateur du parti, mais aussi en charge de la commission information, ce Jadidien de Bordj Bou Arreridj nous livre ses motivations.

Chirurgien de profession, il occupe une partie de son temps libre à disséquer l’actualité algérienne au travers d’articles publiés à la fois sur Forum Démocratique, le site Jil Jadid mais aussi sur Agora vox. Très attentif à ce qui se passe, il n’hésite pas à provoquer la réflexion et le débat chez les autres.

Kahina Bordji : Qu’est ce qui a motivé votre engagement au sein de Jil Jadid ?
Abdelaziz Ghédia : Avant de répondre à cette question, je suis obligé de faire un petit rappel historique. Soufiane, le coordinateur de notre parti, et moi avions fait le lycée ensemble. C’était au milieu des années 70 à Hussein Dey, au Lycée Thaalibiya. En 1977, nous avions eu notre Bac, il a fait vétérinaire et moi médecine. Ainsi donc nos routes se sont séparées et je l’avais perdu de vue. Ce n’est que bien plus tard, lorsque le pouvoir algérien, mis à mal par les évènements d’octobre 1988, avait, disons, ouvert le champ politique en instituant le multipartisme, que j’ai appris que Soufiane faisait partie d’un parti politique, le PRA. Il en était même secrétaire général. Mais à cette époque-là, je ne m’intéressais pas du tout à la politique. La chirurgie me prenait tout mon temps. Et puis, disons le sans ambages, c’est que dans la décennie 90 l’Algérie a connu des évènements terribles, et il fallait donc se faire tout petit pour pouvoir survivre. Pendant cette période, je pense que beaucoup d’Algériens se sont éloignés, ont pris leur distance vis-à-vis de la politique.
Puis, dans les années 2000, il y a eu Internet. Une bouffée d’oxygène pour tout le monde. J’ai commencé alors à me connecter. A voir ce qui se passait ailleurs, dans le monde. Et, à partir du moment où j’ai senti que je pouvais faire quelque chose, je me suis mis à écrire, d’abord dans un blog. En 2007, je suis passé à un stade supérieur avec mon premier article sur Agoravox, un article qui a fait l’objet de beaucoup de commentaires. Alors là, ça m’a encouragé à aller de l’avant. Je me suis dit « tiens, mes écrits, qui sont pourtant très simples dans leur style littéraire, font réagir les gens, alors pourquoi ne pas continuer ». Et, c’est ainsi que j’ai pu rédiger plus de soixante articles sur Agoravox aussi bien des articles de politiques que de littérature. Par ailleurs, je lis la presse aussi bien algérienne que française. Et, un beau jour, je suis tombé sur un article de Soufiane, sur le journal « El watan », article dans lequel je pensais qu’il essayait d’expliquer que « le désarroi des algériens » n’était pas justifié et qu’il ne devaient, en quelque sorte, pas se plaindre. Bien sûr que je n’étais pas d’accord avec cette analyse de l’état d’esprit des algériens qui sont, malheureusement, encore psychologiquement désemparés et économiquement démunis dans leur ensemble. Mais comme je n’avais aucun contact avec l’auteur de cet article, Soufiane en l’occurrence, j’ai fait une critique en bonne et due forme à cet article et je l’ai posté sur Agoravox. L’article a été tout de suite publié. Quelques jours après, Soufiane a réfuté mon interprétation, clarifié son analyse, publié même son article *« Désarroi » dans agoravox et m’a écrit un mot pour me demander qui j’étais. Il y avait eu incompréhension mais c’est comme cela qu’on a renoué nos liens d’amitié. Il m’a alors proposé d’écrire de temps en temps sur le « Forum démocratique », j’y tenais la rubrique « chronique ».
Dès le départ, dès qu’on a commencé à écrire sur le « Forum démocratique », Soufiane m’avait clairement expliqué ses intentions. Le Forum démocratique n’était, en fait, qu’un moyen parmi tant d’autres d’attirer les gens de bonne volonté pour un objectif précis, une finalité simple : la création d’un parti politique. Aujourd’hui c’est chose faite et je suis tout à fait ravi et content de faire partie de ce parti politique qui a pour ambition, dans un proche avenir incha Allah, l’instauration d’un état de droit, d’un Etat véritablement démocratique en Algérie.

KB : Vous écrivez de nombreux articles sur différents sites entre autre Agoravox, média citoyen, pensez-vous que pour les Algériens internet reste le meilleur lieu voire le seul pour se faire une opinion sur la réalité du pays ?
AG : Evidemment, en Algérie, nous sommes encore en retard, en ce qui concerne les technologies de la communication et de l’information, par rapport à nos voisins Maghrébins, par exemple. La pénétration de l’Internet est encore faible dans les foyers algériens et les cybercafés sont souvent bondés de jeunes mais qui s’y connectent pour d’autres motifs. Rares sont les jeunes qui se connectent pour s’informer de ce qui se fait dans le pays en matière de politique, de développement économique, d’avancées ou de recul sur le plan social…etc. Nos jeunes ne sont pas du tout politisés. En fait, pas seulement les jeunes. Il m’arrive, par exemple de discuter avec des amis, médecins, et chaque fois qu’on aborde un sujet politique donné, ils font tout pour fuir la discussion. « Ah, non, moi, la politique ce n’est pas ma tasse de café ! », me dit-on souvent. Il n’ya pas encore de conscience politique chez cette frange de la société algérienne qui représente pourtant l’élite du pays. Tout ce qui intéresse les médecins c’est « l’accumulation du capital » pour reprendre Marx. Un médecin n’a pas trouvé mieux que de me dire que, ce que je viens d’avancer- là, n’est qu’une « demie vérité ». A-t-il raison ou tort ?
Pour répondre plus précisément à votre question : je crois qu’on n’a pas vraiment besoin de l’internet pour « se faire une idée sur la réalité du pays ». Celle-ci s’étale au grand jour et elle n’est pas belle à voir. Nous avons pratiquement atteint le fond et il nous est difficile de nous en sortir si nous ne prenons pas les choses sérieusement en main, dès à présent. C’est la déliquescence totale, la déchéance totale et ceci dans tous les domaines. Prenons l’exemple de la justice. Pourquoi la justice ? Parce que ce domaine est très sensible et on ne peut parler « d’Etat de droit » sans évoquer, ne serait-ce que sommairement, la justice. On a coutume de dire que les verdicts de la justice, par exemple, ne se commentent pas. Très juste. Je suis tout à fait d’accord avec ça. Mais, ce principe s’applique à une justice indépendante, je veux dire une justice qui n’est pas subordonnée au pouvoir politique. Or, à ma connaissance, en Algérie, ce n’est pas encore le cas. La justice, dans certains cas, quand elle a à juger de grosses affaires de corruption par, exemple, telle que l’affaire Khalifa il y a quelques années, obéit aux ordres qui viennent d’en haut. J’ai cité comme exemple l’affaire Khalifa parce que, on s’en souvient, cette affaire a fait couler beaucoup d’encre et beaucoup de salive. Tout le monde en parlait. La justice est du côté du plus fort, du plus nanti, de celui qui a des épaules larges comme on dit. Cinquante ans après l’indépendance, force est d’admettre que les algériens ne sont pas encore égaux en droits et en devoirs.
La santé aussi va mal. C’est mon domaine et je peux en parler à l’aise. Les hôpitaux du secteur public sont devenus des mouroirs à cause des pénuries chroniques de médicaments, de la démission morale des professionnels de la santé qui sont mal considérés. Et pour corser le tout, les mouvements de grève répétés qui touchent ce corps ainsi que celui des enseignants, du primaire et du secondaire. Cette réalité est visible à l’œil nu. Et, il n y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

KB : Vous êtes responsable de la commission information, quel est le rôle de cette commission ?
AG : Selon ma conception des choses, cela doit être un travail collectif qui, s’il est mené à bien et dans les règles de l’art, permettra au parti d’être compétitif. N’oublions pas que nous sommes à la veille d’élections législatives. Le temps presse. Trois mois seulement nous séparent de ce rendez-vous important avec l’Histoire. L’apport et la contribution de tout un chacun sont donc d’une importance cruciale, vitale.
Ayons donc toujours à l’esprit que l’information est un élément clé pour la réussite de notre projet et, éventuellement…. la conquête du pouvoir. Ne dit-on pas d’ailleurs « qui détient l’information, détient le pouvoir » ? C’est donc un honneur et un privilège de faire partie de cette « commission d’information » et nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour que ce pouvoir soit entre les mains de notre parti politique. Le Travail d’information qui se fera essentiellement avec les moyens modernes de la communication qui sont à notre disposition tel que notre site internet et les réseaux sociaux (facebook, notamment). Donc, grosso modo, c’est ça le rôle de la commission d’information. Il y a quelques années, on disait que la presse, écrite en autre, représentait le 4ème pouvoir. Or, actuellement, tout le monde s’accorde à dire que l’Internet a supplanté la presse sous son support papier, sauf peut-être le philosophe français Alain Finkielkraut qui s’entête encore à traiter cette merveilleuse invention de poubelle. Internet et les réseaux sociaux ont montré leur efficacité, quand ils sont utilisés de façon intelligente, pour faire tomber des régimes corrompus et tyranniques. Notre but à nous n’est pas de faire tomber qui que ce soit mais de faire connaître notre parti politique. L’Algérie a déjà fait son « printemps arabe » en 1988. Donc ne tombons pas dans le piège de ceux qui veulent nous voir s’entretuer. Nous sommes un parti politique pacifique et nous le resterons. Nous nous sommes engagés en politique pour essayer de redresser la barre de ce bateau ivre qu’est l’Algérie. Nous nous sommes engagés en politique pour essayer d’apporter un plus à l’Algérie. C’est ma conviction intime. Et, je le dis sans fioriture et sans ambages.
Un Hadith dont j’ai oublié la formulation exacte en arabe dit, en substance, ceci : que celui qui voit le mal doit intervenir pour le changer, ne serait-ce que par la parole. Or, l’Algérie va mal. C’est notre « devoir d’agir ».

KB : Quel regard portez-vous sur l’Algérie d’aujourd’hui ?
AG : Un regard ambivalent. Triste et mélancolique avec, cependant, une lueur d’espoir qui perce de temps en temps. Triste et mélancolique parce que je pense, comme la majorité de mes compatriotes d’ailleurs, que l’Algérie aurait pu mieux faire sur tous les plans. Malheureusement, sous l’euphorie de l’indépendance, après une guerre dévastatrice qui a duré plus de sept ans, nous nous sommes crus un peuple de « moadjizate », un peuple capable de miracles et nous nous sommes endormis sur les lauriers. Le réveil a été brutal et violent en même temps. En octobre 1988, lorsque sous l’effet conjugué de la mal gouvernance du pays par le FLN et la crise économique des deux ou trois années qui ont précédé cette date (chute du prix du baril de pétrole), le pays s’était trouvé presque en faillite (comme c’est le cas actuellement en Grèce, par exemple). Je passe volontairement sur ce qui s’est passé par la suite. C’était tellement dramatique qu’il vaut mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de prendre conscience du fait que les miracles ne tombent pas du ciel. Il n y a que le travail qui paye et qui engendre les miracles. De toutes sortes. Il faut donc penser sérieusement à remettre les Algériens au travail et le plus vite possible. L’atout que l’on a aujourd’hui, c’est que la situation s’est nettement améliorée sur le plan sécuritaire, les caisses de l’Etat sont bien pleines et il faut donc savoir utiliser de façon rationnelle cette manne et, troisièmement ,il y a apparemment un début d’ ouverture politique conséquemment au « printemps arabe ». Donc, si je devais résumer ce que je viens de dire là, je dirais que l’espoir commence à pointer à l’horizon. En tous les cas, il faut espérer. Car l’espoir fait vivre.

KB : Pour finir, quelques mots sur le feu vert du Ministère de l’Intérieur pour la tenue du congrès ?
AG : Comme tous nos membres fondateurs et nos adhérents, je suis très content que nous ayons pu avoir le sésame pour faire de la politique en toute légalité en si peu de temps. Bon, c’est vrai qu’on n’a pas encore l’agrément définitif et qu’il ne faut, par conséquent, pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais c’est un grand pas vers la légalité qu’on vient de faire. Je tiens donc à remercier le Ministre de l’intérieur DOK comme l’appelle la presse nationale de nous avoir autorisés à organiser notre congrès constitutif. Après, on verra.

• « Désarroi », Soufiane Djilali, Agoravox : http://www.agoravox.fr/actualites/i...

lundi 5 décembre 2011

L’analphabète et l’Internet.

Notre génération, celle qui a fréquenté l'école juste après l'indépendance, celle qui n'a pas fait l'école buissonnière, se souvient certainement de ceci : « je me souviens, comme si cela datait d'hier de mon entrée à l'école ». Oui, bien sûr, vous l'avez deviné sans peine. C'était dans le livre, le fils du pauvre, de Mouloud Feraoun. Comme vous le savez aussi, Mouloud Feraoun a écrit ce livre à une époque où les algériens, qui étaient considérés comme indigènes par la France coloniale d'alors, étaient, dans leur majorité, analphabètes. A l'exception de quelques enfants de Caïds et de Bachaghas, le nombre de ceux qui fréquentaient l'école publique et laïque pouvait peut-être se compter sur les doigts d'une seule main dans un village comme Ain Benian de nos jours, par exemple. La France n'avait aucun intérêt à instruire et à éduquer les petits enfants arabes. Elles les voulaient, ces enfants qui deviendraient, plus tard, des citoyens de seconde zone,  incultes pour être taillables et corvéables à merci. Elles les voulaient ignorants et sans conscience ni maturité politiques pour ne pas pouvoir remettre en cause l'ordre établi et pour servir éventuellement de chair à canon sur les différents fronts où elle risquait de s'embourber. Mais, comme le dit le bon sens populaire « à trop tirer sur la corde, elle finit par se casser », et le peuple algérien, ayant pris conscience de sa misérable condition humaine, s'était, enfin, soulevé comme un seul homme un certain premier novembre. La suite de l'histoire est connue de tout un chacun : le divorce entre la France coloniale et ses colonisés ne s'est pas fait à l'amiable mais dans le fracas des armes, l'effusion de sang et le versement des larmes.

Ceci en guise d'introduction au sujet.

Le sujet d'aujourd'hui est d'importance capitale et me tient vraiment a cœur, d'autant plus qu'avec un ami, il y a moins d'une semaine, nous avions abordé la question sans vraiment aller au fond du problème. Il porte sur l'analphabétisme. 

Ce sujet doit donc être traité avec sérieux. Le prendre à la légère me fait courir le risque d'être pris moi-même pour analphabète. J'en suis conscient. Alors, pour une fois, je laisse de côté ma propension à vouloir faire dans la dérision et le non politiquement correct et, quitte à passer des heures et des heures en face de mon écran d'ordinateur, je vais voir ce que le Net pourrait m'apprendre à ce sujet. Un clic sur Google et voilà que Wikipedia me donne la définition : « l'analphabétisme est l'incapacité de lire et d'écrire ». Simple comme définition. Vous ne trouvez pas ? Mais, je vous avoue que c'est cette définition que j'avais en tête. Mais, « cette notion a évolué au cours du temps », ne manque pas de préciser encore Wikipedia. C'est ce que je pensais aussi. Ouf ! Ça me rassure ! Je sais lire, je sais écrire et taper sur le clavier et j'ai pratiquement les mêmes définitions que ce que donne Wikipedia de ce mot, «analphabétisme ». Autrement dit, je viens de découvrir une facette de ma personnalité en usant du fameux énoncé de Socrate qui dit « connais-toi par toi-même » ! Il est vrai que ce n'est pas la « loi de la gravitation » que je viens de découvrir, ce n'est pas non plus le fil à couper le beurre ni l'eau tiède qui figurent parmi mes découvertes sensationnelles mais si j'exulte et jubile à ce point-là, c'est parce qu'il s'agit d'une facette de ma personnalité. Et la personnalité, ça a de l'importance, messieurs ! Trêve de plaisanterie.

Revenons aux choses sérieuses.

En Algérie, sommes- nous encore analphabètes ? Unilingue ou bilingue ? Il n'est peut-être pas facile de répondre, en quelques lignes, à ces questions-là mais cela vaut la peine quand même d'essayer. Alors, commençons par le début. 

Dès l'indépendance de l'Algérie, le pays a ouvert les portes de ses écoles à tous les enfants algériens. Sans distinction de sexe ni de condition socio économiques. La race, je n'en parle pas car que nous appartenons tous à la même espèce : l'espèce humaine ou si vous préférez l'Homo sapiens, l'Homme qui détient le savoir. L'école pour tous et tous à l'école aurait dû être inscrit au fronton de chaque institution scolaire, de chaque lycée et de chaque université comme l'a été, pendant longtemps, le slogan creux et vide de sens de « par le peuple et pour le peuple ».

Prodiguer l'enseignement à de milliers d'enfants n'était pas une simple sinécure. Le personnel enseignant et d'encadrement d'origine algérienne manquait cruellement. On fit alors appel aux pays frères, ceux qui nous avaient bien soutenus durant notre guerre de libération. C'est ainsi qu'on vît débarquer d'Egypte ou de certains autres pays du Moyen-Orient des enseignants ne disposant, pour la plupart d'entre-eux, d'aucun diplôme sérieux en matière d'enseignement de la langue arabe. Les mauvaises langues diraient même qu'on nous avait refilé des cordonniers et des apprentis coiffeurs. D'où, d'ailleurs, l'expression populaire d' « apprendre la coiffure sur la tête des orphelins » qui était très en vogue à l'époque Quant à l'enseignants du français et des matières scientifiques, il était assuré par QUELQUES algériens ou par des français, le plus souvent volontaires et n'ayant probablement rien à voir, ni de près ni de loin, avec ce qui s'est passé durant la guerre d'Algérie, ou par ceux qui venaient dans le cadre de leur … service militaire. On les appelait les coopérants techniques. Ils étaient reconnaissables au fameux CT sur les plaques d'immatriculation de leur 4RL ou de leur 2cv. Mais, malgré tout, le niveau scolaire était appréciable et les élèves qui arrivaient au secondaire pouvaient se targuer de bien maîtriser la langue de Molière et de jongler avec les équations à trois inconnues ou les fonctions trigonométriques. Quant à la poésie d'Al Mutanabbi ou d'Abou Nouas, rares étaient les élèves qui lui accordaient vraiment de l'importance. En Algérie, de toute façon, cette forme de littérature n'a jamais nourri son homme. Point barre. Je n'ai pas à m'étendre là-dessus.

Je n'ai pas encore répondu à la question de départ. Nous autres algériens, sommes-nous instruits, cultivés, lettrés ou analphabètes ? N'a-t-on pas l'habitude d'entendre les gens, non satisfaits du rendement de leurs enfants à l'école, dire que l'école algérienne est entrain de former des analphabètes bilingues ? Et cette notion « d'analphabète bilingue » est récente. Elle date, en fait, du début des années 70, années au cours desquelles les pouvoirs publics avaient abandonné « le butin de guerre » qui était la langue française pour se lancer dans une arabisation à outrance de pratiquement tous les paliers du système éducatif. Résultats catastrophiques et tant décriés actuellement : nos élèves ne maîtrisent ni l'arabe ni le français. Et ce handicap majeur les poursuit, fatalement, même à l'université. Du moins, il poursuit ceux qui ont la chance de décrocher leur bac à la fin du cycle secondaire.

En ne tenant compte que de la première définition de l'analphabétisme, il est clair que dans un pays o ù, chaque matin, des cohortes d'enfants et de jeunes prennent le chemin de l'école, l'analphabétisme est une denrée rare chez nous. Apparemment tout le monde sait lire et écrire. Mais est-ce suffisant ? Nous avons vu tout à l'heure que la notion d'analphabétisme évolue au cours du temps. Toujours selon Wikipedia, la définition qu'en donne l'UNESCO en 1958 n'est plus la même que celle de 1978, par exemple. Dans cette dernière définition, il n'est plus question que du simple fait de ne pas savoir lire et écrire. « Une personne est analphabète du point de vue fonctionnel si elle ne peut se livrer à toutes les activités qui requièrent l'alphabétisme aux fins d'un fonctionnement efficace de son groupe ou de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer d'utiliser la lecture, l'écriture et le calcul pour son propre développement et celui de la communauté. »

Or, avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication, la ligne de démarcation de l'analphabétisme a dû certainement bouger. Dans ces conditions,  est-il exagéré de dire que toute personne qui ne maîtrise pas suffisamment l'outil informatique est analphabète ? De notre point de vue non. Ce n'est pas du tout exagéré. Et nous espérons que le temps nous donnera raison. Les NTIC s'imposent de plus en plus dans la vie de tous les jours. Du retrait d'un chèque bancaire ou de la location d'un véhicule jusqu'à la e-Révolution qui s'est produite dans le monde arabe. A quand la prochaine réunion de l'UNESCO qui se penchera sur ce problème ? Mon ami m'a même suggéré de réfléchir sérieusement à la question et de proposer un néologisme pour désigner l'analphabète du XXIIème siècle.
A coup sûr, ce néologisme, qui n'a peut-être pas encore été inventé, sera constitué pour une grande part à partir de mots comme numérique, cybernétique ou autre Google, des mots qui sont connus par tous ceux qui se connectent quotidiennement sur la toile. En y ajoutant bien sûr le préfixe « a » au début du mot en question, de préférence sous forme d'arobase (@), de telle sorte que le résultat soit ainsi : @numérique ou @cybernétique par exemple ! Décidemment votre serviteur est incorrigible ! J'avais promis au début de cet article de faire dans le politiquement correct et de prendre les choses au sérieux et voilà que je commence à me prendre pour un académicien, un immortel de la langue de Voltaire. Chassez le naturel, il revient au galop, dit l'adage.


 

Mon premier blog sur Internet remonte au début de 2005. Il s'intitulait « Le scalpel et la plume ».  


 


 

mardi 22 novembre 2011

Charia vs laïcité, dites ?

Après la mort de Kadhafi et donc la libération des libyens de 42 ans de despotisme et de « tyrannie », le CNT, par la bouche de son président Mustapha Abdeljalil, s'est empressé d'annoncer que « En tant que pays islamique nous avons adopté la charia comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue ». Cette annonce a provoqué l'effet d'une douche froide au sein des milieux politiques en Europe et aux États-Unis. Mais, les premiers à avoir réagi à cette déclaration ce sont évidemment les français dont l'engagement sur le terrain, en Libye, a été décisif. Le «tout ça pour ça » revenait dans toutes les discussions, aussi bien dans les bistrots des petits villages de la France profonde que dans les salons huppés de la région parisienne.

En fait, cela est une supposition de ma part.

Tout ça parce que le mot « charia » fait peur et provoque des craintes, parfois non justifiées, en Occident. Il est mal compris et donc mal interprété. Pour l'Européen moyen, ce mot n'évoque rien de moins que la lapidation de la femme adultère, la polygamie, la soumission totale de la femme à l'homme, l'amputation de la main au voleur, … etc. En somme tout ce qui constitue l'horreur absolue. En un mot, cela évoque tout ce qui est antinomique avec la notion des droits de l'homme telle que stipulée par la charte de 1948 des Nations Unies. En fait, la conception que se fait l'homme occidental de la charia est complètement erronée. Et ceci est sciemment entretenu par les politiques pour une raison bien précise : l'islamophobie.

L'application de la loi islamique n'a pas que des côtés négatifs. Dans le monde de la finance et de l'économie, par exemple, l'on commence à se rendre compte que celle-ci pourrait résoudre pas mal de problèmes notamment par des prêts bancaires à taux bonifiés ou même sans intérêts, l'intérêt étant illicite en Islam. Cette idée commence à faire son chemin même en France d'ailleurs.

La charia n'est pas la loi du Talion : œil pour œil et dent pour dent. Des pays musulmans comme l'Arabie saoudite, par exemple, s'en inspirent depuis longtemps sans que l'Europe ou les Etats-Unis ne s'en offusquent outre mesure. Alors, la question que l'on pourrait se poser est celle-là : pour quoi ce qui est toléré par l'Occident chez les uns ne le serait-il pas chez les autres ? Ou alors l'Occident estime-t-il que le fait d'être intervenu militairement en Libye lui donnerait automatiquement un droit de regard sur le projet de société envisagé par les Libyens libérés ? En tous les cas c'est ce que laissent entendre les mises en gardes de l'Europe, et ce, dès l'annonce de cette nouvelle. Cela n'augure rien de bon pour le peuple libyen. L'on peut même dire, sans risque d'être contredit, qu'il est le dindon de la farce. Il s'est libéré d'une dictature, certes. Mais, on lui fait comprendre qu'il ne peut pas prendre son destin en main. Qu'il doit se soumettre encore qui plus est à ses libérateurs occidentaux.

En homme politique avisé, seul Alain Juppé, le ministre français des affaires étrangères, a tenu un discours raisonnable. Ecoutons-le : « c'est au peuple libyen qu'il appartient de choisir son destin dans des élections libres".  Et plus loin encore, il ajoute ceci : «  qu'il y a place tout autour de la Méditerranée pour un islam qui soit conciliable avec nos valeurs démocratiques".
"C'est à cela que doit contribuer le dialogue interculturel et interreligieux que nous devons développer avec l'islam plutôt que de nous barricader dans nos certitudes occidentales ».

Le mot « charia » fait peur en Occident de la même façon que le mot « laïcité » prononcé dans le monde arabo musulman. Tout cela parce qu'il n'y a pas « de dialogue interculturel et interreligieux» entre les deux rives de la méditerranée. Parfois il est donc préférable de ne pas appeler un chat un chat et de savoir user, de façon subtile, d'autres synonymes pour désigner un même dogme. La pilule, même si elle est amère, est ainsi facilement acceptée et avalée. Il n'y a pas si longtemps, j'en ai fait l'expérience. Au cours de mes discussions avec des amis, j'avais beau essayer de leur expliquer la position de notre nouveau parti politique vis-à-vis de la religion, je ne rencontrais que méfiance et incompréhensions de leur part. Tout cela parce que le mot « laïcité » revenait souvent dans ma bouche. Là où, personnellement, j'entendais « séparation du politique du religieux », tolérance, liberté de conscience, éloignement de l'école de toute idéologie partisane, eux voyaient ni plus ni moins que de l'athéisme dans mes propos.  

Mais, entre nous, j'ai hâte de lire ce que pense de tout cela le philosophe de la guerre, j'ai nommé BHL. Ensemble, faisons une petite halte sur son bloc-notes. Nous ne pouvons pas être déçus. Pour lui, « Charia, d'abord, n'est pas un gros mot ». C'est rassurant tout de même ! Je m'attendais à pire que ça. Je m'attendais à ce qu'il verse son fiel sur la religion de plus d'un milliard de personnes. Mais rien de tout cela. Depuis la fin de la guerre en Libye, BHL semble avoir retrouvé ses esprits. Il s'est assagi ! Il semble avoir troqué son treillis de guérilleros pour un Kamis de Philosophe moderne.

Dans son article
« La France ne peut cautionner ' l'Islamisme modéré' du printemps arabe », Ivan Rioufol du figaro ne pense pas moins que « la charia est inconciliable avec une démocratie laïque ». Mais, pour atténuer un tant soit peu les craintes et les appréhensions des uns et des autres, en France plus particulièrement, disons qu'au Maghreb, l'application de la charia n'est pas pour demain. Et même si elle devait, un jour, être appliquée, elle ne le sera jamais dans son intégralité. Les Maghrébins sont, certes, musulmans mais pas des islamistes purs et durs. L'Islam pratiqué au Maghreb est un Islam cool, light comme diraient certains. A quelques exceptions près, les Maghrébins sont musulmans beaucoup plus par tradition que par conviction. Leur islamité est héritée en quelque sorte de leurs parents mais elle est tout de même considérée plus qu'un patrimoine culturel. La majorité d'entre-nous prône un Islam dont la devise est « bâd El Icha afaâl ma tacha » autrement dit après la prière du soir tout est permis ! Bien sûr ceci n'est qu'une caricature. Car, dans les faits, un bon musulman doit avoir un comportement exemplaire en tout lieu et en tout temps.

Liberté d'expression oblige, terminons par ce commentaire que je laissé à l'intention d'Ivan Rioufol. .

«  Un adage bien de chez vous dit "qui sème le vent récolte la tempête" ! Eh bien oui, l'Occident (et à sa tête l'OTAN) a voulu semer à coups de canon la démocratie dans le désert libyen, il doit s'attendre maintenant à récolter la "charia". Non. Plus sérieusement. Ce que disent les officiels libyens ne doit pas être pris au premier degré. Ce ne sont que des paroles en l'air TOUT juste bonnes pour la consommation interne. La démocratie finira par triompher partout où les peuples se sont révoltés contre l'ordre établi. Ce n'est qu'une question de temps. Qui aurait parié un seul euro sur la chute de Ben Ali, de Moubarak et de Kadhafi il y'a moins d'une année ? Et pourtant ces tyrans ont fini soit par plier bagages et dégager soit par rendre l'arme à gauche ».

mardi 8 novembre 2011

BHL et la fin dramatique de Kadhafi


En Libye, le 20 octobre sera certainement retenu comme une date historique de grande importance. Et, assurément, il l’est. Il a mis un terme à plus de six mois de guerre civile et de bombardement des villes. Mais, ce jour, censé être un jour de libération, de joie et de fête pour un peuple ayant pendant 42 ans souffert d’un régime despotique incarné par une seule famille pour ne pas dire un seul homme, a été malheureusement entaché par le lynchage de Kadhafi par des insurgés faisant fi d’une règle élémentaire qui dit que, même en temps de guerre, on n’achève pas un blessé désarmé.
Ces imbéciles d’insurgés, en agissant de la sorte, ont, sans le savoir sans doute, rehaussé l’aura et le prestige de l’ex homme fort de Libye. L’Histoire retiendra que celui-ci avait tenu parole jusqu’au bout, qu’il n’a pas pris la poudre d’escampette et fui de son pays et qu’il est mort finalement comme un héro sur sa terre natale. L’Histoire retiendra aussi le comportement inhumain, sauvage, barbare de ces insurgés dont les médias de l’Occident ne tarissaient pourtant pas d’éloge et ce dès le début de cette guerre. On nous a, délibérément, fait croire que ces rebelles du CNT se battaient pour un noble idéal : l’instauration de la démocratie dans leur pays. Or, lyncher un homme blessé et sans arme, fusse-t-il le plus grand tyran du siècle, n’a rien d’un haut fait d’arme ! Tout le mal qu’a pu faire Kadhafi durant son très long règne se trouve ainsi relégué aux oubliettes de l’Histoire devant les images insoutenables prises par des téléphones portables et montrant sa longue agonie entre les mains d’une horde d’insurgés sans pitié, sans foi ni loi. Voila pour l’intro comme dirait un élève de Terminale lorsqu’il est prié par son prof de lire sa dissertation de philo. Sauf que votre serviteur ne se targue pas d’être un philosophe de la trempe de BHL, par exemple.
Maintenant, venons-en au fait !
Comme le laisse sous entendre le titre, cet écrit se propose de faire une petite digression sur la réaction du philosophe BHL à « la mort de Kadhafi ». J’étais sûr que celui qui se prend pour un « monstre » de la philosophie allait marquer l’évènement. Il ne pouvait laisser passer une occasion pareille sans se manifester. Sans réagir. Une occasion qui ne se re présentera pas de sitôt. Peut-être plus jamais. La mort d’un tyran n’est pas une banalité. Une chose courante. Un simple fait divers qui passe souvent inaperçu tant il est relégué au second plan sur les quotidiens. Et même si les tyrans sont légion en Afrique et ailleurs, ils ne finissent pas toujours comme ça. De façon tragique.
Philosophe qu’il est, BHL se devait d’intervenir dans le débat public et donner son point de vue et sa morale de l’Histoire. N’avait-il pas occupé, pendant longtemps, tout au long de cette guerre, l’espace médiatique aussi bien dans les titres de la presse quotidienne d’outre-mer et d’ailleurs que sur la toile ? Et cela évidemment pour une raison qui saute aux yeux : pas seulement parce qu’il excelle en philosophie (on a fait de lui le chouchou des intellectuels français) mais aussi et surtout parce qu’il prône une philosophie de la guerre ! N’était-ce pas lui qui avait, le premier, pris langue avec les premiers éléments de la rébellion et les avait convaincus de créer le CNT ? N’était-ce pas lui qui avait présenté ce CNT au président français Nicolas Sarkozy et avait usé de tout son savoir philosophique pour convaincre ce dernier de déclarer la guerre contre le régime de Kadhafi ?
Je m’attendais donc à ce qu’il nous dresse, sur son bloc-notes, une biographie post-mortem de Kadhafi dans laquelle, je disais dans mon for intérieur, pourraient peut-être se mêler son mea culpa d’avoir été l’élément déclencheur, si l’on peut dire, de cette guerre OTANo-libyenne contre le régime de Kadhafi et sa réjouissance qu’on ait fini par avoir la « tête étrangement et soudainement nue » de « ce criminel pitoyable ». Le mot réjouissance est peut-être trop fort. Car, comme l’a dit Nicolas Sarkozy « on ne se réjouit jamais de la mort d’un homme ». Cette réjouissance, BHL ne la condamne pourtant qu’à demi mots, « car il ya quelque chose, dans ce spectacle, qui me révulse », dit-il. Et d’ajouter juste après « Il y a, dans cette scène de lynchage, une sauvagerie qui me révolte et que rien n'excuse ». Pris peut-être de remords d’avoir largement contribué à cette mise à mort sauvage, à cette peine immorale, BHL a failli verser des larmes de crocodile sur le « cadavre en voie de décomposition » du tyran Kadhafi.
J’étais convaincu, chaque fois que je me connectais au journal « Le point.fr », que j’allais enfin y trouver sa tribune. Mon attente a duré quand même une bonne semaine puisque cette tribune, tant attendue, n'est parue que le 27 de ce mois. Pendant ce temps-là, BHL était ailleurs, préoccupé peut-être, à préparer une autre guerre contre l’un des régimes arabes qui répriment encore de la façon la plus sauvage (Syrie et Yémen) leurs populations. Ou peut-être qu’il ne voulait pas réagir à chaud aux images de Kadhafi au visage ensanglanté qui ont fait le tour de la planète en quelques minutes.

« La nuit porte conseil », dit l’adage. BHL, philosophe des ténèbres, ne s’est pas contenté d’une seule nuit, mais de sept nuits de réflexion et certainement de méditation avant de nous livrer, sous forme de tribune, sa vision des choses concernant « la mort de Kadhafi ». Et, comme tout philosophe qui se respecte, il n’a pas omis de citer deux de ses prédécesseurs : Sartre et Camus.
Et pour terminer, il n’y a pas mieux que ce commentaire d’un lecteur ou d’une lectrice de cette tribune de BHL : « BHL vous avez perdu le pouvoir des lettres. Votre philosophie est armée.
Vous avez perdu le droit à mes yeux de mentionner les noms de Sartre et Camus. Bonne chance aux portes de la Syrie ! »

Ma rencontre avec Albert Camus (suite)

  Par ailleurs, au niveau de certains stands, on organisait des séances de dédicaces avec les auteurs concernés. Aussi bien Algériens qu’étr...